Schiavone: "Comme le bon vin"

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Schiavone: "Comme le bon vin"
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A 30 ans, Francesca Schiavone va disputer la deuxième finale en Grand Chelem de sa carrière, face à la Chinoise Na Li. Tenante du titre à Roland-Garros, l'Italienne, qui a dominé Marion Bartoli 6-3, 6-3, ne cache pas éprouver "une grande émotion" à l'heure de goûter à nouveau à la finale dans ce tournoi toujours "très particulier" à ses yeux.

A 30 ans, Francesca Schiavone va disputer la deuxième finale en Grand Chelem de sa carrière, face à la Chinoise Na Li. Tenante du titre à Roland-Garros, l'Italienne, qui a dominé Marion Bartoli 6-3, 6-3, ne cache pas éprouver "une grande émotion" à l'heure de goûter à nouveau à la finale dans ce tournoi toujours "très particulier" à ses yeux. Francesca, vous revoilà en finale de Roland-Garros pour la deuxième année consécutive. Pouvez-vous nous expliquer comment avez-vous réussi pour y retourner, malgré un début de saison compliqué sur terre battue ? Je crois que c'est une question d'inspiration. Quand j'étais jeune, je rêvais toujours de ce tournoi. Je pense que c'est quelque chose qui vient de très loin en arrière. Quand je viens ici, je sens quelque chose de très particulier, c'est tout. Qu'avez-vous pensé de votre adversaire, Marion Bartoli, qui disputait sa première demi-finale ici ? Je savais que cela allait être difficile car en ce moment, elle joue le meilleur tennis de sa carrière. Depuis l'Open Australie, je trouve qu'elle progresse beaucoup, physiquement et mentalement. Elle n'a plus de hauts et de bas et au contraire, elle reste toujours à un niveau très haut. Et je savais qu'il fallait que je sois vraiment à 90 ou 100 % pour pouvoir bien jouer contre elle. Qu'est-ce vous rend si efficace sur cette surface ? Je pense notamment que c'est parce que les balles rebondissent beaucoup. Et quand il y a du soleil, c'est encore mieux pour moi. A ce moment-là, je peux vraiment jouer long, avec des balles lourdes. Je peux aussi utiliser mon lift, et jouer des balles très différentes. Parfois, j'aime bien jouer haut, et brusquement, une petite balle courte. J'adore tout mélanger en fait ! Je trouve aussi que les courts sont super, il n'y a aucun faux rebond. Et puis, bien sûr, c'est Roland-Garros ! Vous dites souvent que Roland-Garros est très particulier pour vous. Pouvez-nous raconter pourquoi ? La première fois que je suis venue ici, c'était en juniors. J'ai joué les qualifications dans un autre club (au CASG, ndlr), puis ensuite, je suis venue ici. J'ai joué le premier tour, le deuxième, et j'ai perdu en quarts de finale juniors. Et pendant cette semaine-là, il y avait un grand match entre Steffi Graf et Monica Seles. Je me souviens que j'étais allée voir ce match avec un appareil photo. Et chaque année, avant que je vienne ici, je regarde cette photo et je me rappelle que j'étais dans le public du court Suzanne Lenglen, comme tous les autres. Et je me suis dit: "Je veux jouer sur ce court-là, je veux faire comme elle !" Et c'est peut-être ça qui peut faire la différence... "Parfois, on oublie le tennis" 50 italiens ont presque fait plus de bruit que l'ensemble du public du court Philippe Chatrier cet après-midi. Est-ce que cela vous a porté ? Je n'ai pas vraiment eu cette sensation. Au contraire, j'ai trouvé le public fantastique avec Marion, ils l'ont soutenue dès le premier point et jusqu'au bout. Et je peux le comprendre parce que quand je joue à Rome, c'est la même chose. Je trouve ça super. Mais c'est vrai que c'était bien pour moi d'avoir 50 personnes de mon côté ! Je dois remercier ces 50 amis qui sont venus aujourd'hui, pour moi. Et c'est toujours un plaisir de jouer devant ce public et tous ces fans. Vous ne serez pas outsider lors de la finale, contrairement à l'année dernière, puisque vous allez défendre votre titre. Qu'allez-vous ressentir en entrant sur le court cette fois-ci ? Ce sera une finale, et cette finale, bien sûr, n'a rien à voir avec un premier tour. Mais, c'est l'aboutissement d'un grand rêve. Et en tout cas, je dois être très reconnaissante et remercier mon équipe parce qu'arriver en finale, c'est une grande émotion. Et ce qui est bien, c'est de jouer au tennis. Parfois, on oublie le tennis. On commence à se sentir perturbée, à s'analyser... Mais en fait, ce qui compte, c'est de jouer au tennis, tout simplement. Cette finale va mettre aux prises deux joueuses expérimentées puisque Na Li est âgée de 29 ans, alors que vous êtes une jeune trentenaire. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Autrefois, les championnes étaient toujours très jeunes. Hingis, les Williams,... Mais aujourd'hui, ça change. C'est comme le bon vin: plus il est vieux, plus il est bon ! Je suis donc contente d'en être là. Na Li a extrêmement bien joué contre Sharapova aujourd'hui, et aussi contre Azarenka l'autre jour. Il va donc falloir que je joue extrêmement bien, que je sois forte mentalement et physiquement aussi. On ne se ressemble pas dans notre style de jeu, mais on a toutes les deux de fortes personnalités. Moi, je joue des kicks, des slices, des lifts, alors qu'elle, au contraire, elle s'appuie sur sa puissance. On verra celle qui sera la plus régulière, qui attaquera le plus et qui jouera le plus long. Je crois que ce sont des petits détails qui feront la différence.