Sarrazin: "Jouer placé"

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Sarrazin: "Jouer placé"
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Pilote emblématique de la 908, avec qui il cumule les podiums et titres en Endurance aux côtés notamment de Franck Montagny, Stéphane Sarrazin aborde les Six Heures de Silverstone avec énormément d'ambition. Souvent placé mais jamais gagnant au Mans ("chaque année, on se dit que c'est la bonne", confie-t-il), le Gardois assure avoir digéré ce nouvel échec aux 24 Heures et vise le titre ILMC.

Pilote emblématique de la 908, avec qui il cumule les podiums et titres en Endurance aux côtés notamment de Franck Montagny, Stéphane Sarrazin aborde les Six Heures de Silverstone avec énormément d'ambition. Souvent placé mais jamais gagnant au Mans ("chaque année, on se dit que c'est la bonne", confie-t-il), le Gardois assure avoir digéré ce nouvel échec aux 24 Heures et vise le titre ILMC. Stéphane, après deux mois de pause, c'est l'heure de la rentrée en Endurance. Comment vous sentez-vous à quelques heures du début de cette cinquième manche, les Six Heures de Silverstone (voir: Audi-Peugeot, nouveau match en terre anglaise) ? C'est vrai que ça fait plaisir de se retrouver tous ensemble, ici à Silverstone, après cette coupure assez longue. Ceci dit, au niveau du team, on a beaucoup travaillé tout l'été, beaucoup roulé, donc on n'a pas tant coupé que ça. Mais c'est vrai que ça fait du bien de retrouver la compétition. Effectivement, votre directeur technique Bruno Famin affirme que beaucoup de travail a été effectué sur la 908 durant l'été. Personnellement, comment voyez-vous ces évolutions, et sur quels éléments le travail a-t-il porté ? On a travaillé sur plusieurs voies de développement qui étaient planifiées à l'avance. Beaucoup de pilotes ont roulé (ndlr, dont l'ancien pilote de F1 Kimi Räikkönen) en se partageant les séances. On a essayé d'explorer plusieurs voies, que ce soit mécanique ou aérodynamique. Ça s'est plutôt bien passé. On espère progresser rapidement. Le but, c'est clairement de travailler sur la performance pour améliorer vos chronos, après avoir beaucoup axé le travail sur la fiabilité au début du lancement de cette nouvelle 908 ? L'objectif du Mans 2011 était vraiment la fiabilité. On l'a prouvé en ayant toutes les voitures à l'arrivée. Il nous a manqué un petit peu de performance par rapport à nos adversaires, qui ont été très forts ce jour-là, mais effectivement on travaille maintenant sur la performance, en essayant de dénicher des petits dixièmes à droite, à gauche. Ça bosse très dur à tous les niveaux. Quel est le programme fixé pour les premiers roulages ? L'objectif des premières séances d'essais demeure-t-il de bien préparer la voiture pour la course, et non viser la pole position même sur un format de course plus court ? On va essayer de mettre au point l'auto avec le meilleur set-up possible pour Franck Montagny et moi. Le circuit est encore différent de celui d'Imola, donc on va chercher à améliorer la voiture, peaufiner les réglages, pour parvenir à une voiture parfaite pour la course. L'objectif est vraiment de préparer la course, de donner le maximum pour ça. "Encore une grosse bataille face à Audi" Personnellement, il a fallu aussi se préparer physiquement durant cette longue pause avant d'enchaîner deux courses très rapidement, puisque Petit Le Mans arrivera aussi très vite (1er octobre) ? C'est vrai. Je n'ai rien changé à mes habitudes du coup, beaucoup d'entraînement musculaire, de la moto trial et du vélo. Je me connais, je fais ça toute l'année et je trouve vraiment top d'enchaîner avec Petit Le Mans, car c'est une course que j'adore. Avec Montagny, on a gagné deux fois d'affilée là-bas, c'est un circuit à l'ancienne qui me plait vraiment. Au niveau du pilotage c'est fantastique, et l'ambiance aux Etats-Unis est toujours très sympathique. Deux succès consécutifs au Petit Le Mans avec Montagny, mais pas encore cette année puisque les victoires Peugeot ont été réalisées par l'autre équipage jusque-là. Le succès doit donc vous manquer quelque peu ? C'est vrai qu'on n'a fait que des podiums ! On est passé à côté pour très peu de choses à chaque fois, donc on va essayer de gagner ce week-end. Mais attention, ce n'est pas la priorité. Bien sûr j'ai envie de gagner, mais l'important, c'est de marquer un maximum de points pour le championnat avec deux autos, et d'accroître notre avance par rapport à notre adversaire (ndlr, 43 points avant cette manche). Audi, j'imagine, a dû beaucoup travailler depuis Imola (ndlr, la dernière manche ILMC, où Peugeot a surclassé les R18 trois semaines après les 24 Heures) donc ça va être très serré, disputé. Et faire du spectacle, ce qui est quand même une bonne chose pour tout le monde ! L'ILMC récompense la régularité, le travail d'une équipe, et c'est forcément très valorisant... Comment le percevez-vous, est-ce devenu bien mieux qu'un lot de consolation des 24 Heures ? Bien sûr. On a déjà gagné le titre l'an dernier et on veut le conserver. Ça a pris de l'ampleur, l'an prochain ce sera un championnat du monde (ndlr, organisé conjointement par l'ACO, qui gère les 24 Heures ainsi que l'ILMC et la FIA). C'est fabuleux pour l'Endurance, et qu'il y ait un titre de champion du monde au bout lui donnera encore plus d'ampleur. Il y a une grosse bagarre entre nous et Audi, et ça rend le championnat génial. Vous évoquiez Petit Le Mans avec ambition, mais aussi enthousiasme. Quel est votre regard sur Silverstone, un circuit mythique qui a connu quelques évolutions ? J'ai déjà couru dessus l'an dernier, donc j'ai la chance de le connaître. C'est vrai que j'adore la nouvelle partie, qui alterne le très rapide avec le très lent, mais ça change et ça me plait pas mal. La différence cette année est sur les nouveaux stands. C'est très pratique pour bosser. C'est bien, c'est beau, mais nous les pilotes, c'est plus le circuit qui nous attire ! C'est une jolie piste, mais ce n'est pas ma préférée. La 908 y est performante, on avait réalisé le doublé l'an dernier. Il y a des courbes très rapides, et généralement ça nous va bien. Ça devrait encore bien fonctionner ici, mais la course est sur six heures, c'est très long. Le règlement a changé, l'an passé c'était sur 1 000km, donc ça avait duré environ cinq heures. Là, ce sera six obligatoirement. Les conditions peuvent être difficiles en plus, en Angleterre. Donc on verra, l'essentiel étant d'être à l'arrivée sans faire la moindre erreur, pour prendre de gros points. Souvent placé, jamais gagnant aux 24 Heures ? "C'est Le Mans qui décide" Le challenge est de taille, d'autant que cette fois, vous arrivez à armes égales avec Audi. Deux prototypes chacun, avec des équipages de deux pilotes... C'est vrai, donc il va falloir jouer intelligemment, placé, sans prendre de gros risques inutiles, puisqu'on a de l'avance au championnat. Il faut bien avoir ça en tête. Personnellement, je vais évidemment essayer d'attaquer, mais en roulant avec la tête. J'espère qu'on aura une très belle bagarre. Cette lutte, même sur des courses de six heures, sert aussi à préparer Le Mans 2012. Avez-vous déjà les 24 Heures dans le viseur, une course qui reste le gros objectif de Peugeot ? On a tous évidemment envie de gagner Le Mans, c'est ce qui nous fait rêver, la course la plus mythique. Le Mans 2012 a donc commencé le soir du Mans 2011 ! On a une semaine où c'est un peu dur, et ensuite on ne pense qu'à se préparer pour l'année d'après, être le plus fort. On bosse beaucoup, et j'espère qu'on arrivera prêt là-bas. On a vu que ça s'est joué à très peu de choses cette année, 12 secondes je crois (ndlr, 13"854 exactement entre l'Audi victorieuse et la première Peugeot). Quel bilan en avez-vous tiré, en avez-vous parlé entre pilotes ? Avec Montagny notamment, puisqu'on sait que c'est une course qui manque tous les deux à votre palmarès ? Votre équipage arrive chaque année dans la peau du favori, ou parmi les prétendants, mais ça ne veut pas sourire... C'est exactement ça. Chaque année on se dit: "C'est la nôtre", et on passe tout près. J'ai fait deux fois 2e, une fois 3e. Mais c'est surtout l'an dernier où on est passé très près, puisqu'on était en tête avec de l'avance au petit matin. C'est la course, c'est comme ça, il faut être au top le jour J, ne pas lâcher, bosser encore et toujours. Mais ensuite, c'est Le Mans qui décide ! Comment jugez-vous ces deux dernières éditions. Etait-ce plus frustrant cette année ou l'an passé ? Personnellement, c'était clairement plus dur l'an dernier, car on avait fait la course parfaite, aucune erreur en tête, et malheureusement on a cassé le moteur au petit matin. Cette année, on avait eu quelques soucis donc on était assez loin de la tête, on gérait bien la 3e place mais il n'y avait plus qu'à rouler. Le plus dur pour moi reste donc 2010.