Sans Chabal, avec Lakafia

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Sans Chabal, avec Lakafia
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Marc Lièvremont a livré son verdict. Le sélectionneur du XV de France a livré une liste de 32 joueurs présélectionnés pour la Coupe du monde et non 30 en attendant d'en savoir plus sur les convalescences de Barcella, Rougerie et Domingo, blessés. A noter l'absence de Sébastien Chabal, mais aussi de Yannick Jauzion ou encore Clément Poitrenaud, Raphaël Lakafia étant la grande surprise du groupe France.

Marc Lièvremont a livré son verdict. Le sélectionneur du XV de France a livré une liste de 32 joueurs présélectionnés pour la Coupe du monde et non 30 en attendant d'en savoir plus sur les convalescences de Barcella, Rougerie et Domingo, blessés. A noter l'absence de Sébastien Chabal, mais aussi de Yannick Jauzion ou encore Clément Poitrenaud, Raphaël Lakafia étant la grande surprise du groupe France. Il s'est présenté seul, comme il en a pris l'habitude depuis le début de l'année, devant la presse réunie en nombre ce mercredi au siège de la Société Générale à la Défense. Tendu, ému - "la journée d'aujourd'hui est particulièrement difficile", reconnaît-il sans pudeur - Marc Lièvremont a égrené un à un, et de tête, l'identité des joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. S'ils ne seront que 30 du voyage dans l'hémisphère sud, 32 joueurs ont été retenus, deux des six piliers couchés sur cette liste étant invités à quitter le train en route en fonction des convalescences des gauchers Fabien Barcella (tendon d'Achille) et Thomas Domingo (genou). Au-delà de ces deux incertitudes, auxquelles s'ajoute le cas d'Aurélien Rougerie, sélectionné au centre malgré sa grave blessure à une cheville, cette liste recèle, comme prévu, de nombreuses surprises. La première d'entre elles, même si elle était finalement attendue, restera l'absence de Sébastien Chabal, une décision prise uniquement sur des critères sportifs à écouter le sélectionneur. "Il y a quelques mois, pour moi il aurait été de la Coupe du monde. Peut-être ne lui ai-je pas rendu service en l'impliquant dans le dernier Tournoi alors qu'il n'était pas compétitif, s'est-il justifié. Ce n'est pas simple, il a toujours eu un rôle important au sein du groupe, au-delà de son aspect médiatique qui m'importe peu." Icône du rugby français, le troisième-ligne du Racing-Métro 92 aura été sacrifié sur l'autel de ses performances, plus que sur ses déclarations maladroites envers l'arbitrage français, doublé sur la ligne d'arrivée par le Biarrot Raphaël Lakafia, la surprise de ce groupe France, et le Toulousain Louis Picamoles, qui n'avait plus été appelé depuis l'été dernier. "Il me semblait intéressant de miser sur ces deux joueurs un peu plus jeunes dont la progression est constante", a précisé Lièvremont. Deux jeunes joueurs qui accompagneront donc Thierry Dusautoir (Toulouse), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Imanol Harinordoquy (Biarritz) et Julien Bonnaire (Clermont) au sein d'une troisième-ligne alliage de puissance et de vélocité. Jauzion et Poitrenaud, les autres recalés En deuxième-ligne, pas de surprise avec les présences de Lionel Nallet (Racing-Métro 92), Julien Pierre (Clermont), Pascal Papé (Stade Français) et Romain Millo-Chluski (Toulouse). En première ligne, seuls deux talonneurs, Dimitri Szarzewski (Stade Français) et William Servat (Toulouse), ont été retenus, au grand dam de Guilhem Guirado (Perpignan), tandis que les piliers Sylvain Marconnet (Biarritz), Luc Ducalcon (Castres) et Jean-Baptiste Poux (Toulouse) peuvent donc espérer accompagner Nicolas Mas (Perpignan) en fonction des rétablissements de Barcella et Domingo, pour un total de 16 avants. Derrière, ils seront 14. Et ceux qui avaient lu dans les pensées de Marc Lièvremont et du Comité de sélection sont certainement peu nombreux. Si les sélections à la charnière de Morgan Parra (Clermont), Dimitri Yachvili (Biarritz) et François Trinh-Duc (Montpellier) étaient attendues, celle de David Skrela (Toulouse) restait en balance, Jonathan Wisniewski (Racing-Métro 92) poussant à la porte des Bleus. Le sélectionneur a fait le choix de la "maturité et de l'expérience" à ce poste. Que ce soit Yannick Jauzion (73 sélections) au centre ou Clément Poitrenaud (44 sélections) à l'arrière, les deux Toulousains avaient de l'expérience à revendre, ils ont finalement été recalés au profit du Briviste Fabrice Estebanez et d'un autre Toulousain, le revenant Cédric Heymans, qui pourra couvrir le poste d'ailier ou d'arrière, comme Alexis Palisson (Brive) et Maxime Médard (Toulouse), la priorité en n°15 revenant cependant à Damien Traille (Biarritz). Deux hommes qui avaient déjà payé la défaite concédée en Italie, comme Chabal d'ailleurs. "J'ai regretté certains de mes propos à chaud. Mais à aucun moment, on ne peut condamner des joueurs de qualité sur un match", a tenu à préciser Lièvremont. Lequel n'est pas mécontent d'avoir expédié ce rendez-vous toujours délicat. "Chaque fois que j'ai dû donner un groupe, il y a une forme de délivrance, a-t-il reconnu. Maintenant il faut avancer, on est sur la programmation de ces deux mois de préparation. Je mise énormément sur ces deux mois. On aura un groupe compétitif, j'en suis certain." Quant à savoir si cette liste est la bonne, le sélectionneur du XV de France connaît la réponse: "Comment peut-on avoir une certitude ? Seul un titre de champion du monde pourra valider cette liste." Rendez-vous en Nouvelle-Zélande. VIDEO Lakafia ? "Pas une surprise" pour Lièvremont.