Saint-André: "Enormément de fierté"

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Saint-André: "Enormément de fierté"
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Philippe Saint-André a été officiellement intronisé sélectionneur de l'équipe de France ce vendredi à Marcoussis, l'occasion pour le désormais ex-entraîneur de Toulon de dévoiler la composition de son staf. Un staff qu'il veut d'abord resserré avec Yannick Bru pour les avants, Patrice Lagisquet pour les arrières, évolutif par la suite en fonction des besoins des Bleus. Première priorité de "PSA": battre l'Italie le 4 février en ouverture du Tournoi.

Philippe Saint-André a été officiellement intronisé sélectionneur de l'équipe de France ce vendredi à Marcoussis, l'occasion pour le désormais ex-entraîneur de Toulon de dévoiler la composition de son staf. Un staff qu'il veut d'abord resserré avec Yannick Bru pour les avants, Patrice Lagisquet pour les arrières, évolutif par la suite en fonction des besoins des Bleus. Première priorité de "PSA": battre l'Italie le 4 février en ouverture du Tournoi. Philippe Saint-André est donc bien le neuvième sélectionneur du XV de France. Ce vendredi, devant une assistance fournie venue recueillir ses premières impressions dans l'auditorium du centre national du rugby à Marcoussis, celui qui était surnommé «le Goret» lorsqu'il était joueur, costume bleu marine, chemise blanche et cravate noire, a évoqué ses nouvelles fonctions, dévoilé la composition de son staff, confirmant les arrivées de Yannick Bru et de Patrice Lagisquet, parlé de ses premiers objectifs et confirmé que Thierry Dusautoir resterait bien capitaine du XV de France. Au passage, l'intéressé a tenu à adresser un petit mot à son prédécesseur, Marc Lièvremont: "Je voulais remercier et féliciter Marc de son Grand chelem en 2010, de cette Coupe du monde et surtout de son professionnalisme. On a parlé quatre-cinq heures, il m'a donné toutes ses informations, son vécu, ce qu'il aimerait refaire s'il partait pour quatre ans, il y a vraiment eu un passage de témoin entre Marc Lièvremont et moi." Morceaux choisis... Sa nomination: "Enormément de fierté" "C'est avec énormément de fierté et beaucoup d'émotion que je suis intronisé neuvième sélectionneur et manager de l'équipe de France. C'est un honneur fantastique d'être à la tête de l'équipe de France. Je vais essayer d'amener à l'équipe de France toute mon expérience, tout mon vécu en tant qu'ancien joueur et capitaine de l'équipe de France, mais surtout douze saisons en tant qu'entraîneur-manager dans des clubs de haut niveau. Je vais essayer d'amener tout mon professionnalisme, de fédérer les compétences et énergies entre joueurs et staff, et d'être le garant d'un état d'esprit rugby. L'état d'esprit rugby, ça veut dire humilité, travail, combativité, don de soi, discipline, le rugby, ce n'est pas l'égoïsme à outrance. Je serai le garant de ça à l'intérieur du groupe." Son staff : "Resserré et évolutif" "J'ai préféré avoir un encadrement sportif resserré mais évolutif sur les quatre prochaines années. Yannick Bru, du Stade Toulousain, sera entraîneur adjoint en charge des avants, Patrice Lagisquet, de Biarritz, des arrières. On va se partager à trois le travail sur les plans offensif et défensif, la conquête sera assurée par Yannick Bru. Ils seront à temps plein à partir du mois de juin 2012, je n'ai pas voulu qu'ils revivent les mêmes problèmes que ce qui s'est passé avec moi (à Toulon, ndlr), on a trouvé un accord avec leur club pour qu'ils soient disponibles aux rassemblements, aux comités de sélection et au Tournoi des 6 Nations. En même temps, le point positif, c'est qu'ils auront toujours la main dans le cambouis, ils restent près de la réalité, de l'évolution de notre jeu, sachant qu'on est en train d'écrire à trois le système de jeu. Quel système ? J'ai l'habitude d'en parler à mes joueurs avant d'en parler aux médias. On n'est pas des magiciens, on ne va pas révolutionner le rugby et le système de jeu en cinq-six entraînements, il va falloir se servir des points forts de l'équipe de France, une bonne conquête, une bonne défense très agressive, c'est une équipe très disciplinée, il faudra aussi essayer d'avoir une bonne balance au niveau offensif. Pour la préparation physique, on garde Julien Deloire qui a fait un travail exceptionnel lors de la Coupe du monde. On change en revanche le médical qui sera sous la responsabilité de Jean-Baptiste Grisoli, ancien joueur, qui a été médecin à l'Olympique de Marseille et a travaillé avec moi deux ans et demi à Toulon. Plus deux kinés d'expérience: Lillian Barthuel, que j'ai connu à Clermont et qui était à à La Rochelle, et Rémi Biau, qui officiait à Clermont. Pourquoi un staff resserré ? Parce qu'on n'a que très peu de temps pour préparer Italie, ça ne sert à rien d'avoir dix entraîneurs différents, dix voix différentes, il faudra aller à l'essentiel pour ce match contre Italie. Il sera en revanche évolutif car la préparation pour la Coupe du monde exigera par exemple trois préparateurs physiques. Il faudra aussi travailler sur la technique individuelle, le jeu au pied, on prendra des spécialistes pour optimiser le potentiel de chaque joueur. Il y aura aussi un nouveau poste de directeur opérationnel, assuré par Antoine Marin, qui va s'occuper de tout ce qui est extra-sportif". La défense et le jeu au pied : "Ellis et Quesada ne restent pas" "Pour ce qui est de la défense, David (Ellis, qui était chargé de ce secteur avec Marc Lièvremont, ndlr), je le connais très très bien, j'ai travaillé avec lui à Gloucester. Mais depuis cinq ans, que ce soit à Sale ou à Toulon, je m'en occupais, Patrice Lagiquet s'en occupe aussi énormément. D'ailleurs, hier, on a fini de valider l'organisation défensive qu'on veut mettre en place, avec aussi Yannick. Ce sera donc plus Patrice et moi qui se partageront ce poste, peut-être qu'on fera appel plus tard à un spécialiste de la défense, surtout sur la technique de placage pour la Coupe du monde. Il y aura des évolutions sur les règles, il faudra s'adapter, mais ça m'a semblé plus cohérent de commencer avec un petit staff et de voir après où il nous manque des spécialistes plutôt sur le contraire. Quant à Gonzalo Quesada (qui était en charge du jeu au pied, ndlr), je l'ai rencontré, je lui ai proposé de continuer à travailler avec l'équipe de France car il a fait un travail exceptionnel, le jeu au pied a été un des gros points forts de l'équipe de France pendant la Coupe du monde. Mais il avait envie d'entraîner, il a eu une proposition d'être entraîneur adjoint au Racing-Métro Paris, ça aurait été difficile pour lui d'être au Racing-Métro Paris jusqu'au jeudi, puis de partir le vendredi travailler le jeu au pied avec Morgan Parra à Clermont puis le drop avec Trin Duc à Montpellier. Imaginez que son équipe perde ensuite sur un drop de Trinh-Duc ! Donc, c'est un choix cohérent, bon vent à lui." Le comité de sélection : "Rendez-vous le 5 janvier 2012" "J'ai voulu un comité de sélection fort avec Jo Maso, qui en sera le président, Jean Dunyach, qui est président du haut niveau et sera le vice-président, Yannick Bru, Patrice Lagisquet, Fabien Pelous, Philippe Sella, le manager de l'équipe de France des moins de 20 ans, et le DTN Jean-Claude Skrela. En tout, c'est plus de 430 sélections, celui qui a commencé en équipe de France l'a fait en 1968, le dernier, Fabien Pelous, a arrêté en 2007. On a fait un comité informel hier, le vrai premier, ce sera le 5 janvier 2012 avec l'annonce d'un groupe de 30 joueurs pour un stage les 23-24-25 à la FFR, qui correspond à la fenêtre internationale de l'IRB, où on va pouvoir convoquer les joueurs. Il y aura ensuite l'annonce de la liste des 23 joueurs le 26 janvier pour le match face à l'Italie." Le groupe : "Tout le monde est sélectionnable" "Vous manquez de patience, il y aura un comité le 5 janvier. Mais ce qui est exceptionnel, c'est qu'aucun joueur n'a annoncé sa retraite après la Coupe du monde, donc tout le monde est sélectionnable. On a dressé une liste en amont de 60-70 joueurs qui vont être suivis sur tous les matches du Top 14 et de la H-Cup. L'équipe de France n'appartient à personne, si ce n'est au plaisir qu'on peut donner au public français, donc la sélection sera en fonction de la forme du moment. On était une des équipes de France les plus vieilles à la Coupe du monde, 29 ans et 10 mois de moyenne d'âge, mais quand tu vois, Nallet, la Coupe du monde qu'il fait ou le seconde ligne néo-zélandais qui avait 36 ans... On sait quand même qu'il y a des joueurs qui ont 33-34-35 ans et ne seront pas là à la prochaine Coupe du monde, donc il faut avoir une bonne base et ajouter à dose homéopathique des joueurs qui auront le potentiel pour être des grands joueurs de demain. L'équipe de France, c'est la crème, on doit prendre les meilleurs, les joueurs travaillent énormément dans les clubs, à nous d'avoir des contacts avec les clubs pour leur dire où il faut qu'ils travaillent, surtout les jeunes à gros potentiel. Le capitaine ? J'ai dit que ce serait le même capitaine." Les rapports avec la Ligue nationale de rugby et les clubs : "On a besoin d'une équipe de France championne du monde" "Je connais les problématique des clubs de Top 14, il faudra essayer d'être intelligent, de communiquer, de discuter. Lundi et mardi, je vais appeler tous les directeurs de rugby et entraîneurs en chef des clubs de Top 14. Il y aura aussi les assises du rugby début février entre la Fédération, la Ligue, tout le monde du rugby. J'aimerais jouer tous les mois de novembre les meilleures nations du monde, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l'Australie. La France est une grande nation du rugby mais n'a jamais touché la Coupe du monde. Jouer ces trois nations d'affilée en novembre te prépare à enchaîner les matches de haut niveau, donc on va se mettre autour d'une table pour faire évoluer les choses. Je connais les problématiques de la Ligue, mais on sait qu'on a besoin d'une belle vitrine. Ce n'est pas avec un club que tu vas faire 18 millions de téléspectateurs un samedi ou un dimanche matin. On a besoin d'une équipe de France forte et d'une équipe de France championne du monde. On veut que dans les huit-douze prochaines années, l'équipe de France ne pleure plus en finale mais ramène la Coupe du monde au pays. Mais je pense d'abord au 4 février et à tout faire pour gagner l'Italie, c'est logique de vouloir bien commencer ce Tournoi des VI Nations. La Coupe du monde, il y a du temps, c'est d'abord important pour moi de mettre un état d'esprit."