Safin, cette fois c'est fini

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Safin, cette fois c'est fini
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TENNIS - Défait par Juan Martin Del Potro, mercredi à Bercy, Marat Safin a joué le dernier match de sa carrière.

Trois jours après Fabrice Santoro, le Palais Omnisport de Paris-Bercy a été le théâtre d'un autre adieu au circuit, celui de Marat Safin. Battu par l'Argentin Martin Del Potro au deuxième tour, le Russe laisse derrière lui un palmarès riche de deux titres du grand chelem mais aussi un incroyable talent, pas toujours bien utilisé... "C'est un grand joueur. Il va manquer au tennis. C'est l'un des joueurs les plus charismatiques du circuit." De la bouche de Rafael Nadal, cet hommage rend bien compte de l'image que Marat Safin laisse derrière lui. Parfois génial, trop souvent nonchalant, le Russe a joué ce mercredi son dernier match, dans une salle qui lui a si bien réussi durant ses treize années de carrière. Son dernier adversaire, Juan Martin Del Potro, qui l'a dominé en trois manches (6-4, 5-7, 6-4), symbolise la relève du tennis mondial, comme lui lorsqu'il a émergé au plus haut niveau. Mais le caractère de l'Argentin, tout en retenu, n'a rien à voir avec celui du Russe, plus prompt à toutes les facéties sur un court. Et c'est bien cela qu'il faut, aussi, retenir de lui.Ses premières balles, Safin les frappe à l'âge de six ans dans une petite école de tennis de Moscou, sous la houlette de son père Mischa et de sa mère Rausa Islanova, qui sera son entraîneur jusqu'à 13 ans. Elevé ensuite sur la terre battue espagnole, ce talent pur se révèle évidemment sur la surface ocre, c'était en 1998 à Roland-Garros. Inconnu du grand public, le Russe, alors âgé de 18 ans et dont le service claque déjà, écarte de son chemin André Agassi et Gustavo Kuerten, le tenant du titre. Seul Cédric Pioline réussira à stopper cette tempête venue du froid en huitièmes de finale, un match qui restera dans la légende, sous les yeux des footballeurs brésiliens Ronaldo et consorts, à quelques jours du coup d'envoi du Mondial français.Safin: "C'est le bon moment pour prendre ma retraite"C'est en 2000 que Safin explose et balaye tout sur son passage: 7 titres remportés cette année-là, une performance que seul Mats Wilander a réussi au même âge en 1983 (9 titres), et un premier sacre en Grand Chelem à l'US Open en battant le maître des lieux, Pete Sampras, en finale. Mais tous les génies ont leur démon et celui de Safin trotte dans sa tête. Sautes de concentration et d'humeur, raquettes brisées par centaines dans sa carrière, l'ancien n°1 mondial, rang qu'il a atteint pour la première fois en novembre 2000, pète souvent les plombs. Mais ce vent de fraîcheur détonne dans le milieu policé du tennis, un trait de caractère qui va faire de lui l'un des chouchous du public.De nombreux observateurs s'accordent pour dire que le Russe est le joueur le plus talentueux après Roger Federer. Mais c'est peut-être le Suisse, contre lequel il a disputé et remporté une demi-finale épique à l'Open d'Australie en 2005 (année de son 2e titre en Majeur), qui a précipité son déclin. Fabrice Santoro, l'une de ses bêtes noires sur le circuit, livre son explication: "Federer est arrivé, il a placé la barre un peu plus haut et ça l'a peut-être découragé. Il a dû se dire: "Si je veux lutter, il faut que je m'entraîne deux fois plus." On connait sa décision..." A 29 ans, Safin considère qu'il en a assez vu. "C'est le bon moment pour prendre ma retraite, j'ai envie de découvrir d'autres choses", a-t-il récemment déclaré. Titré à trois reprises à Bercy (2000, 2002 et 2004), il s'est vu remettre symboliquement les clés du POPB par les organisateurs. Et une belle brochette de joueurs, dont Gilles Simon, Novak Djokovic et Tommy Robredo, ont tenu à lui rendre hommage en lui faisant la surprise de débarquer sur le court central pour la cérémonie. Le n°1 mondial Roger Federer, avec lequel il s'est entraîné en début de semaine, a quant à lui adressé un message vidéo. Bon vent, Marat !