Roulez, jeunesse !

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Roulez, jeunesse !
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C'est une équipe de France "new look" qui défie l'Ukraine lundi soir dans la magnifique Donbass Arena, Laurent Blanc souhaitant offrir à certains néophytes l'opportunité de montrer ce qu'ils valent au niveau international. Un baptême du feu qui s'annonce délicat face à une formation qui, sous la houlette de son nouveau sélectionneur Oleg Blokhine, veut marquer les esprits, à un an de "son" Euro. Mais l'occasion est belle de marquer des points...

C'est une équipe de France "new look" qui défie l'Ukraine lundi soir dans la magnifique Donbass Arena, Laurent Blanc souhaitant offrir à certains néophytes l'opportunité de montrer ce qu'ils valent au niveau international. Un baptême du feu qui s'annonce délicat face à une formation qui, sous la houlette de son nouveau sélectionneur Oleg Blokhine, veut marquer les esprits, à un an de "son" Euro. Mais l'occasion est belle de marquer des points... Tournée de l'Est, acte II. Trois jours après avoir concédé un nul 1-1 à Minsk face à la Biélorussie en éliminatoires de l'Euro 2012, l'équipe de France défie ce soir l'Ukraine dans le magnifique écrin qu'est la Donbass Arena de Donetsk, stade ultramoderne aux couleurs de l'équipe-phare de la ville minière, le Shakhtar. Pour la sélection tricolore, il s'agira de poursuivre une série d'invincibilité désormais de huit matches (six victoires, deux nuls), mais également de rester invaincue face à l'Ukraine, que l'équipe de France a affrontée à cinq reprises par le passé pour un bilan de deux victoires (au Stade de France) et trois nuls (un à Saint-Denis, deux à Kiev). Cette mission échoira à une équipe profondément remaniée par rapport à celle tenue en échec à Minsk, Laurent Blanc ayant annoncé de nombreux changements dictés par deux impératifs: la fatigue physique et mentale de la plupart de ses internationaux au sortir d'une très longue saison - "Les joueurs sont cuits, lessivés", ne cesse-t-il de répéter -, mais également la nécessité de voir à l'oeuvre des joueurs qui, jusqu'ici ne se sont contentés que de miettes en équipe de France. "L'idée est de voir les joueurs et de leur donner du temps de jeu, il faut savoir ce qu'ils valent au niveau international qui est un étage supplémentaire par rapport à ce qu'ils connaissent d'habitude", a ainsi commenté dimanche le "Président". En outre ce dernier n'a que modérément apprécié la prestation de certains à Minsk - "A part trois-quatre joueurs qui ont été à leur niveau, les autres ont été en dessous de leur niveau" -, et il ne lui déplairait pas de voir les petits nouveaux bousculer la hiérarchie établie tout au long de sa première saison sur le banc des Bleus: "Il y a une émulation nécessaire, j'espère que certains vont tirer leurs performances par le haut et se poser en candidats sérieux pour bousculer les autres, ça serait une bonne chose et ça en réveillerait certains. Il ne faut pas installer un certain confort", a-t-il ainsi commenté, visant sans les nommer les Abidal, Diarra, Diaby, Ribéry et autres Benzema, peu en vue en Biélorussie. Pas plus de cent sélections au coup d'envoi... Même si l'homme aime jouer avec la presse et réserver quelques surprises dans ces compositions d'équipe (la titularisation de Matuidi fin mars face à la Croatie, celle de Malouda à droite vendredi dernier à Minsk...), on peut donc s'attendre à voir débuter ce soir une équipe new look, dont le total de sélections n'excèdera sans doute pas la centaine. Le plus capé devrait être Patrice Evra avec ses 33 sélections, devant Steve Mandanda qui fêtera sa 14e dans les buts tricolores, aucun autre joueur de l'équipe annoncée (sous réserve de surprises de dernière minute) ne dépassant les dix sélections. Charge aux "bizuths" (Kaboul fêtera sa première sélection, Marvin Martin pourrait en faire de même s'il débute ou entre en jeu), et aux autres quasi-débutants (Sakho, Matuidi, Cabaye, Ménez, Gameiro...) de montrer au sélectionneur qu'ils valent mieux que leur actuel statut de réservistes. Reste que la mission ne paraît pas aussi simple que cela, dans la mesure où, sans guide expérimenté pour jouer les grands frères, on peut se demander si Laurent Blanc ne prend pas le risque d'envoyer cette "bleusaille" au casse-pipe, d'autant qu'en face, l'Ukraine n'entend pas lui faire de cadeaux. Même privée de sa "star" sur le déclin, Shevchenko, parti à Londres se faire soigner, la formation dirigée depuis avril par le Ballon d'Or 1975, Oleg Blokhine (de retour après un premier passage sur le banc ukrainien entre 2003 et 2007), est constituée de joueurs expérimentés (Timochtchouk, Nazarenko, Voronin, Milevski, Rotan, Rusol, Gusev...) qui auront à coeur de se faire remarquer de leur nouveau sélectionneur, dont le retour à la tête de la sélection s'est soldé la semaine dernière par une petite victoire sur l'Ouzbékistan (2-0). D'autant que beaucoup savent qu'ils jouent gros dans la perspective pas si lointaine de l'Euro 2012, que l'Ukraine co-organise avec la Pologne, avec l'ambition de sortir de sa poule, donc d'atteindre les quarts de finale. Bref, pour la jeune sélection française, pas sûr que ce soit le meilleur moment d'être lancé dans le grand bain, mais pour Laurent Blanc, peu importe le contexte, ce qui compte, outre la prestation collective, c'est de jauger ce que certains "ont dans le ventre": "Il n'y a jamais de bons moments pour débuter, mais il faut bien débuter un jour. C'est vrai qu'il manquera un peu d'expérience, mais la chose la plus importante pour un joueur, c'est qu'il joue, quel que soit le contexte", a-t-il souligné dimanche, insistant une fois de plus sur le manque de fraîcheur de certains de ses joueurs, d'où la nécessité de faire tourner. Qu'il se rassure, même s'il pense à tort, sans doute mal briefé, que l'Ukraine "est en plein Championnat" (ce dernier s'est terminé le 25 mai), son rival n'est pas forcément dans une meilleure forme physique. Sur ce plan-là, les compteurs sont remis à zéro...