Rougerie: "Jamais assez exigeant"

  • A
  • A
Rougerie: "Jamais assez exigeant"
Partagez sur :

A la différence de son sélectionneur, plus irascible que jamais, Aurélien Rougerie est apparu serein et détendu à la veille de son premier capitanat à la tête de l'équipe de France opposée au Canada, dimanche, à Napier, dans le cadre de la Poule A de la Coupe du monde. Inspiré par l'instinct de tueur des All Blacks, le Clermontois exhorte ses coéquipiers à savoir enfoncer le clou s'ils en ont l'opportunité.

A la différence de son sélectionneur, plus irascible que jamais, Aurélien Rougerie est apparu serein et détendu à la veille de son premier capitanat à la tête de l'équipe de France opposée au Canada, dimanche, à Napier, dans le cadre de la Poule A de la Coupe du monde. Inspiré par l'instinct de tueur des All Blacks, le Clermontois exhorte ses coéquipiers à savoir enfoncer le clou s'ils en ont l'opportunité. Aurélien, la victoire du Canada sur le Tonga a-t-elle constitué une surprise pour vous ? Oui et non. Au vu des matches de préparation du Canada, on savait qu'ils avaient des armes à faire valoir et aussi des qualités, donc ce n'est pas plus surprenant que ça. C'est bien, il va falloir qu'on se prépare correctement ; on a encore toute une journée avec notamment deux entraînements pour peaufiner les détails et essayer de mettre en place ce qu'on souhaite proposer dimanche à des Canadiens costauds et difficile à manoeuvrer, on l'a vu contre les Tonga. L'équipe de France a besoin d'un succès franc et maîtrisé pour chasser la sinistrose ? La sinistrose, c'est un bien grand mot. On avait dix jours, il a fallu gérer le décalage horaire, toujours ces premiers matches de compétition un peu délicats et ces Japonais que l'on n'annonçait peut-être pas comme les meilleurs du monde. Voilà, l'attaque que nous sommes, on est tombés à moitié dans le piège. Il faut maintenant réagir assez rapidement, on est dans la compétition ; il faut se concentrer, les matches vont s'enchaîner les uns après les autres, ils vont être couperets certainement, à nous de bien bosser. Pensez-vous qu'on est trop exigeant avec cette équipe de France ? Non, je crois qu'on n'est jamais assez exigeants. Personne n'est parfait, il y a aura toujours quelque chose à redire, mais on va essayer de donner le meilleur de nous-mêmes pour représenter notre nation. "Même si je suis à l'aile, je suis quand même sur le terrain" Cinq jours seulement accordés aux Canadiens pour préparer ce match face à vous. C'est un net avantage vous concernant ? Que voulez-vous que je vous dise, ce n'est pas moi qui fait les calendriers, mais c'est comme ça. C'est un peu aberrant, les « petits » ne sont pas forcément logés à la même enseigne. Qu'ils aient reconduit leur équipe, c'est leur popote interne, je n'ai pas à juger ça ; simplement, le coach a sans doute jugé qu'il s'agissait de l'équipe la plus judicieuse, donc il a reconduit celle des Tonga. Et à juste titre puisqu'ils ont gagné. Avez-vous regardé le match des All Blacks face au Japon et en avez-vous retiré des enseignements ? Oui, bien sûr, je l'ai regardé. Non pas que ça fasse rêver, une équipe japonaise un peu mixte aussi, tout comme les Néo-Zélandais d'ailleurs. Ils ont très bien joué le coup. On a parlé du caractère un peu latin qui est coutumier du fait de lâcher un peu prise une fois qu'on est devant, on pourrait s'inspirer chez eux de cette capacité. C'est-à-dire qu'une fois qu'on mène, enfoncer le clou jusqu'à ce que le sifflet retentisse. Le Canada, c'est avant tout de l'engagement physique et du combat, un secteur, où il y a eu des manques la semaine dernière face au Japon. Est-ce que c'est un point sur lequel vous allez particulièrement sensibiliser votre équipe ? Oui, certainement, ça va être certainement la base de mon discours. Après, on connaît ces Canadiens, j'en connais un très bien personnellement. Je sais ses qualités et ses défauts Donc je crois qu'il faudra savoir jouer de ça... Comment assumer votre fonction de capitaine sur le terrain tout en évoluant à l'aile, donc en étant un peu coupé de la plupart de vos partenaires ? Même si je suis à l'aile, je suis quand même sur le terrain. Je vais quand même participer, enfin, je vais essayer en tout cas. Simplement, en regardant les mecs, en les encourageant parce que je ne suis pas en première ligne de front, c'est vrai, mais c'est essayer de les encourager sans leur prendre la tête et rester positifs. Ça veut dire quoi: "Je connais leurs qualités et leurs défauts", chez les Canadiens ? On a évoqué leurs qualités, ils sont évidemment très puissants, ils jouent sur le défi physique, mais après ils ont quelques défauts, au niveau du déplacement et de la discipline ; Donc à nous de mettre suffisamment de pression sur eux pour pouvoir bénéficier de ces défauts. Vous connaissez parfaitement, vous le disiez, Jamie Cudmore. Quel est le moyen pour le faire dégoupiller ? Mais notre but n'est pas de le faire dégoupiller, ce n'est pas l'objectif n°1, l'objectif n°1, c'est de gagner ce match certainement avec la manière, donc on va s'atteler à ça et ne pas se concentrer sur un mec pour le faire dégoupiller. Quand je parlais des défauts des Canadiens, je ne parlais pas spécifiquement de Jamie Cudmore. Je parlais d'indiscipline, ils peuvent se mettre à la faute, hors-jeu, si on leur impose suffisamment de pression.