Rolland: "Je suis fier de mon travail"

  • A
  • A
Rolland: "Je suis fier de mon travail"
Partagez sur :

Il aura fallu attendre la 19e étape pour voir un Français s'imposer sur ce Tour 2011. Pierre Rolland, vainqueur en solitaire au sommet de l'Alpe-d'Huez, se félicite d'avoir saisi sa chance après avoir eu carte blanche de la part de son leader, et ancien maillot jaune, Thomas Voeckler. Le nouveau maillot blanc, 10e du classement général, se réjouit de voir que son travail quotidien a été récompensé.

Il aura fallu attendre la 19e étape pour voir un Français s'imposer sur ce Tour 2011. Pierre Rolland, vainqueur en solitaire au sommet de l'Alpe-d'Huez, se félicite d'avoir saisi sa chance après avoir eu carte blanche de la part de son leader, et ancien maillot jaune, Thomas Voeckler. Le nouveau maillot blanc, 10e du classement général, se réjouit de voir que son travail quotidien a été récompensé. Pierre, à quel moment avez-vous envisagé de gagner cette étape ? Dès que Thomas (Voeckler) m'a donné carte blanche. Il m'a dit «vas-y, joues ta carte». Sur le coup, j'ai suivi Evans, Frank Schleck et Cunego puis on est revenu sur le groupe Contador. Quand Contador a réattaqué j'ai réussi à rester assez proche puis j'ai profité de l'aide de Samuel Sanchez pour revenir sur lui. C'est le jeu, Sanchez jouait le général, moi la victoire d'étape. D'autant qu'avec Contador ils sont un peu alliés. Dans le final j'ai été capable de les attaquer mais je ne savais alors pas si j'allais pouvoir les lâcher tous les deux. C'est une montée que je connais par coeur, c'est ici que je suis venu préparer mon Tour de France. Vous êtes le deuxième Français à gagner à l'Alpe-d'Huez après Bernard Hinault. Que ressentez-vous ? Pour l'instant je suis un peu sur un nuage. Je ne réalise pas vraiment. Bernard Hinault avait gagné ici en 1986, c'est l'année de ma naissance. Je n'étais donc pas là pour le voir. Mais je suis fier de moi et de mon travail. Ça n'était que 3h30 de vélo aujourd'hui mais parfois les gens ne se rendent pas compte de tout le travail effectué en amont pour en arriver là. Ce sont des années et des années de travail. "Je me suis inspiré de la préparation des plus grands" Depuis les Pyrénées vous avez calqué votre course sur celle de Thomas Voeckler. Comment avez-vous vécu ces derniers jours ? J'ai toujours été très clair avec ça. J'ai gardé ma ligne de conduite. Je ne jouais pas ma carte personnelle tant que Thomas pouvait défendre son maillot jaune. Là je n'ai pas hésité quand il m'a dit de courir pour aller décrocher le maillot blanc. Il a eu l'honnêteté de dire qu'il ne pouvait plus suivre Evans et les Schleck. C'est encore une preuve que c'est un grand champion. Tout le monde n'aurait pas fait comme lui. Mais là je me suis dit : «il m'a laissé ma chance, maintenant je ne dois pas me louper». C'est peut-être ça qui ma permis de suivre Contador et Sanchez. Mais j'ai aussi compris durant ces étapes de montagne qu'on est meilleur à deux. On peut s'encourager sans arrêt. Je comprends mieux pourquoi les Schleck sont si forts. Quel a été le déclic pour vous sur ce Tour de France ? Et comment envisagez-vous la suite de votre carrière ? Il y a eu un déclic mais j'ai surtout été régulier cette saison. J'accompagnais les meilleurs sur Paris-Nice quand ça devenait dur, idem sur le Critérium du Dauphiné. J'ai travaillé dans ce sens-là. Jean-René (Bernaudeau, le manager de la formation Europcar) m'avait dit de ne me concentrer que sur le Tour cette année. Il me disait que j'étais fait pour cette course. Alors je n'ai pas honte de dire que je me suis inspiré de la préparation des plus grands pour arriver au pic de ma forme en juillet. Sur le Dauphiné j'étais à 80% et j'ai terminé ma préparation là-bas. Mon entraîneur m'a aussi fait travailler pour que je sois en forme sur les deuxième et troisième semaines du Tour. Je suis vraiment content de ce que j'ai accompli. Il y a quelques années on vous avait présenté comme le grand espoir du cyclisme français. Etait-ce difficile à vivre ? En 2008 j'avais réalisé une très bonne saison, en terminant meilleur grimpeur du Dauphiné, et j'ai eu à digérer ces bonnes performances. J'ai une progression constante. J'avais terminé 20e de mon premier Tour de France si l'on enlève les coureurs pris pour dopage. L'an passé ça avait été un échec parce que je m'étais souvent retrouvé à l'avant dans des étapes mais je suis plutôt un coureur fait pour jouer le général. Mais je n'ai jamais dit que j'allais être le nouveau Bernard Hinault. Certains journalistes l'ont dit, pas moi. Aujourd'hui j'ai 24 ans et je pense avoir encore dix belles années devant moi. Je ne veux avoir aucun regret à la fin de ma carrière et essayer d'aller le plus haut possible.