Rives: "La France peut rêver"

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Rives: "La France peut rêver"
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Toujours porteur des valeurs du rugby et surtout d'un certain idéal qu'il prolonge en tant que président des Barbarians, dont les 30 ans seront fêtés ce vendredi, à Grenoble, lors d'un match de gala face aux Tonga, Jean-Pierre Rives avoue se reconnaître dans le rugby actuel et ne cède pas à l'idée d'une dérive de son sport. "Casque d'or" en profite pour clamer sa confiance envers les Bleus capables selon lui d'être champions du monde en 2011.

Toujours porteur des valeurs du rugby et surtout d'un certain idéal qu'il prolonge en tant que président des Barbarians, dont les 30 ans seront fêtés ce vendredi, à Grenoble, lors d'un match de gala face aux Tonga, Jean-Pierre Rives avoue se reconnaître dans le rugby actuel et ne cède pas à l'idée d'une dérive de son sport. "Casque d'or" en profite pour clamer sa confiance envers les Bleus capables selon lui d'être champions du monde en 2011. Jean-Pierre, quel regard portez-vous aujourd'hui sur le rugby français ? Le rugby français est dans un état magnifique. Nous allons partir pour la Coupe du monde prochainement en Nouvelle-Zélande, la France, je crois peut prétendre à un titre de championne du monde. Le rugby va bien et il suffit de voir les matches, le rugby va même très bien. Aujourd'hui, beaucoup de gens s'y intéressent, surtout beaucoup d'enfants, je crois que le présent est assuré et le futur est garanti. D'autant plus que le rugby oblige, il oblige d'une jolie manière au respect, c'est le jeu même qui vous oblige, ce n'est pas tellement le rugby. On parle des fameuses valeurs du rugby, c'est le jeu qui oblige à respecter, parce que si vous ne le respectez pas, vous risquez de prendre une calotte ou même de vous faire expulser. Le rugby continue de donner un sens à une vie, il a donné un sens à la mienne et c'est comme ça que je voudrai que ça se passe également pour mes enfants. Où situez-vous l'équipe de France sur l'échiquier mondial à un an de l'échéance néo-zélandaise ? L'équipe de France se situe toujours dans les cinq meilleures nations mondiales (5e). A ce niveau de compétition, en Coupe du monde, le ballon est ovale, peu importe qui peut gagner... Je donnerai un léger avantage à la Nouvelle-Zélande, qui évoluera chez elle, mais je crois que cette équipe de France peut rêver du pompon ou du cocotier (rires). "On s'en fout de l'argent..." Le rugby et le jeu tel qu'ils se développent aujourd'hui continuent de vous émerveiller ? Bien sûr qu'on s'émerveille de tout, c'est l'idée que l'on se fait des choses qui est importante. Le jeu n'est pas important. Bien sûr, il y a des matches mieux que d'autres, mais je continue de m'émerveiller à voir des gens faire la même chose, partager un sens commun, être ensemble, porter la même cravate (il montre celle des Barbarians), ça m'émerveille de voir des gens, qui sont pourtant très différents, des gens libres, qui n'ont pas la même culture, ni la même provenance, mais il y a cette espère de fraternité du jeu qui est un peu unique parce que le rugby est un sport un peu unique en son genre. Et ça me ravit de voir cette fraternité planétaire, qu'on n'est pas seuls. On nous rabat pourtant les oreilles avec un argent qui n'en finit plus de prendre le pouvoir dans le rugby. Vous n'y voyez pas le risque d'une dérive possible ? (catégorique) On s'en fout de l'argent. Il ne faut pas s'inquiéter de l'état du rugby, le rugby va bien. Peut-être faut-il s'interroger sur la gestion, peut-être faut-il tout changer, je ne sais pas, je ne suis pas un technicien. Moi, je suis plutôt à la poursuite d'un rêve, d'un idéal qui me passionne, celui de voir des enfants courir avec un ballon et leur donner un sens éventuellement à leur vie, un sens commun encore mieux à travers un ballon et la liberté... Et un peu d'humour, ne confondons pas le grave et le sérieux (sourire). Ce n'est pas grave, c'est peut-être sérieux, mais ce n'est pas grave. De ce point de vue, voir aujourd'hui l'IRB reconnaître officiellement aux Barbarians le droit d'organiser un match par an est de nature à vous rassurer ? C'est rassurant de voir des dirigeants, qui sont au fait de problèmes dont vous parliez, qui tout la journée sont le nez dans les comptes, des dirigeants de clubs, pour essayer d'équilibrer des budgets, qui n'en finissent pas d'augmenter, se souvenir d'où ils viennent (*). Il faut savoir d'où on vient parce que lorsqu'on ne sait plus où on va, il faut s'en rappeler... Il est important que ces gens-là se rappellent qu'ils donnent autant d'importance à un esprit et une attitude en plus. Il était important pour vous d'ouvrir la famille des Barbarians (voir par ailleurs) ? Important, oui, parce que c'est un rêve qui continue, que l'on a fait, qui donne quelquefois un sens à une vie et lorsque ce sens en plus est commun, alors c'est merveilleux. Aujourd'hui, dans un monde difficile par moments, de ne pas être seul, de suivre son rêve, c'est formidable et de le partager, c'est encore mieux. (*) (les festivités autour des 30 ans des Barbarians prévoyaient un premier match face aux Pumas, à Charléty, le 6 novembre, finalement annulé faute d'avoir pu obtenir la libération des joueurs argentins pour l'occasion).