Riner: "Il ne me reste que les JO"

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Riner: "Il ne me reste que les JO"
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Teddy Riner a vécu une année 2011 de rêve. Titré pour la cinquième fois champion du monde à Paris, le Francilien a été élu sportif français de l'année par la rédaction de Sports.fr devant Sébastien Loeb et Nikola Karabatic. "Ravi et honoré" par cette distinction, le meilleur judoka revient sur cette année 2011 et évoque ses espoirs olympiques pour 2012.

Teddy Riner a vécu une année 2011 de rêve. Titré pour la cinquième fois champion du monde à Paris, le Francilien a été élu sportif français de l'année par la rédaction de Sports.fr devant Sébastien Loeb et Nikola Karabatic. "Ravi et honoré" par cette distinction, le meilleur judoka revient sur cette année 2011 et évoque ses espoirs olympiques pour 2012. Vous avez été élu sportif français de l'année, devant Sébastien Loeb et Nikola Karabatic, par les journalistes de Sports.fr, qu'est-ce que cela vous inspire ? Ça me fait très plaisir car il y a beaucoup de beaux champions, je me sens honoré et je vous remercie. Ça veut dire que j'ai bien travaillé en 2011, c'est une belle année et j'espère faire aussi bien en 2012. Je vais me donner les moyens d'y parvenir. Que retenez-vous de cette année 2011 ? Quels événements sportifs vous ont marqué ? Les Mondiaux à Paris parce que c'était un grand événement à ne pas louper. Dans les autres sports, cela a été une grosse année avec beaucoup de médailles en natation, athlétisme, handball... Ça a été une grosse année pour le monde sportif français. Ça fait plaisir que la France soit une nation forte du sport. Que retenez-vous des Mondiaux à Paris ? C'était bien, une super ambiance, j'avais rarement vu une équipe de France aussi soudée avant, pendant et après une compétition. C'était juste énorme. Tout le monde a compris et tout le monde a très envie de revenir car il y a les Jeux olympiques et ils ont vu comment ça pouvait se passer lors de ces Mondiaux. "L'envie et la fraîcheur physique, c'est le plus important" Comment avez-vous abordé la première partie de la saison ? On a vu ce qui avait marché et ce qui n'avait pas marché et comment on allait aborder la saison. La première partie de la saison a été réservée au club (Levallois), avec les championnats de France et les championnats d'Europe par équipes, c'était beau, ça faisait quatorze ans qu'un club français n'avait plus gagné. On avait une très belle équipe. Ensuite, je gagne les championnats de France en individuel et par équipes. Il ne me reste plus qu'à gagner les Jeux olympiques et l'Euro par équipes... Comment envisagez-vous cette saison ? Je vais sans doute faire deux ou trois compétitions (les Masters et le Tournoi de Paris au moins, ndlr) et des blocs stages. Je ne veux pas faire de la compétition pour faire de la compétition, ça ne sert à rien. Il faut garder l'envie et la fraîcheur physique, c'est le plus important. Et puis, dans une année olympique, mieux vaut ne pas donner trop de pistes. Les Jeux sont à la fois loin et proches, considérez-vous que c'est encore loin ? Je sens que ça approche, mais je ne veux pas y trop penser car c'est encore tôt dans la saison. L'atmosphère est très particulière, ça va aller en augmentant. Le mardi et le jeudi, c'est avec mon coach de club et mon sparring-partner, ensuite il y a l'INSEP, il ne faut rien lâcher. Vous parliez des stages, est-ce important pour éviter la monotonie et trouver un niveau plus élevé qu'en France ? Ce n'est pas un problème (de rencontrer des Français), car ils me connaissent par coeur et savent comment me prendre. C'est à moi de trouver les solutions, c'est parfois plus dur qu'à l'étranger. Que vous apportent les stages à l'étranger ? Cela me sert pour travailler la diversité technique. Au Japon ou en Corée, ce sont des machines, on peut faire vingt randoris en une séance, on a même été jusqu'à quarante une fois ! Après ce genre de séance, tu restes sur le dos et tu ne bouges plus. C'est plus au Japon. En Corée, c'est huit, dix ou douze randoris. Cela permet de trouver beaucoup de gabarits différents, des droitiers, des gauchers, des puissants... Comment s'est déroulé ce stage en Asie ? C'était un super stage, je suis vraiment content de moi, j'ai bien travaillé. Ça m'a fait beaucoup de bien car j'ai pris beaucoup d'adversaires. On a vécu un stage chargé avec beaucoup d'exercices techniques, j'ai pu affronter de gros adversaires. "Le sol m'apporte de nouvelles solutions" Vous progressez au sol, en quoi est-ce important ? Ça m'apporte de nouvelles solutions et je progresse, je vois des ouvertures et je travaille les étranglements, les clés de bras, les soei komi (immobilisations). Après, j'aime bien travailler debout, mais le sol m'apporte d'autres ressources. C'est un petit peu comme une botte secrète si c'est difficile debout. Ça m'apporte de la confiance, car je me dis que je peux le faire. Pouvez-vous nous glisser un mot sur certains adversaires ? Commençons par El Shehaby... Il est puissant, il a un judo complet. Je l'ai déjà pris en compétition, mais il a beaucoup progressé depuis. A l'avenir, il faudra faire gaffe. Et Bor ou Kim par exemple ? Bor est fort, rapide, ambidextre, il faut faire attention. Quant à Kim, il est puissant, costaud et rapide. Je l'ai battu à Paris car j'étais plus rapide, mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, je pensais que ce serait plus dur et je sais que ce le sera à l'avenir. Pour finir, vous avez choisi de vous inscrire à Sciences Po. Pourquoi avoir fait ce choix ? Cela me permet de voir autre chose et de me construire un avenir. J'ai envie de ça, de côtoyer des hommes d'affaires, de découvrir le monde du commerce, car je ne mettrai pas mes billes n'importe où. Et puis, l'école possède une structure adaptée, la formation me plaît, même s'il faut être très concentré !