Richard: "Un état d'esprit conquérant"

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Richard: "Un état d'esprit conquérant"
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Après un début de saison canon marqué par une 2e place lors du slalom géant d'Alta Badia ou encore une victoire en première manche à Sölden, Cyprien Richard ambitionne de faire encore mieux dès samedi à Adelboden. Avec un capital confiance au plus haut et une sérénité qui lui permet de prendre les risques nécessaires à toute grosse performance, le skieur de Morzine sait qu'il peut rivaliser avec les meilleurs.

Après un début de saison canon marqué par une 2e place lors du slalom géant d'Alta Badia ou encore une victoire en première manche à Sölden, Cyprien Richard ambitionne de faire encore mieux dès samedi à Adelboden. Avec un capital confiance au plus haut et une sérénité qui lui permet de prendre les risques nécessaires à toute grosse performance, le skieur de Morzine sait qu'il peut rivaliser avec les meilleurs. Comment analysez-vous cette première parte de saison ? J'ai bien progressé, j'ai gagné des manches, ce qui est ce que je recherche et j'ai vécu une belle expérience à Alta Badia en partant dernier de la deuxième manche. J'ai envie de continuer à progresser et à gagner. Que retenez-vous de cette 2e place à Alta Badia ? Je me suis préparé à ça depuis quelques années, j'ai de l'expérience et je savais que j'allais être confronté à ça un jour. C'est bien car c'est moi qui ai les clés et c'était une première pour moi en Coupe du monde. Ce qui est bien, c'est d'avoir vécu un bon moment et d'avoir tout donné. J'ai apprécié l'état d'esprit conquérant, de faire un ski sans calcul, c'est très positif. Après, j'ai commis une erreur de concentration, un détail qui a fait la différence. Ça fait partie de la course mais la manière était la bonne. Vous aviez également débuté la saison en remportant la première manche d'un géant finalement annulé à Sölden ! Oui, je m'étais bien préparé avant cette course, j'avais travaillé sur les points importants que ce soit technique et mental. Il y avait de la fraîcheur et de l'envie. Après gagner cette première manche représente aussi une déception, celle de ne pas avoir pu finir le travail. Ça m'est resté en travers de la gorge pendant un moment car il y a eu beaucoup de temps avant le 2e géant. Mais heureusement, Alta Badia m'a permis de terminer ce travail et de repartir avec beaucoup de confiance. Comment expliquez-vous cette montée en puissance ? Je m'entraîne pour ça, je suis compétiteur depuis tout petit. C'est la 3e saison que je suis dans le top 15, il me fallait davantage d'expérience et de maturité. J'ai également un plus gros bagage technique et plus de sérénité ce qui me permet d'être plus efficace sur tous les parcours et tous les types de neige. Avant, ça marchait sur des bouts de course, des portions, avec une palette technique plus large, je peux être plus performant. Est-ce une différence technique ? J'avais un problème de régularité, je passais d'une portion très rapide à un blocage. Je savais qu'en vitesse pure je faisais partie des meilleurs. A Garmich la saison dernière je pars fort en 2e manche et je bloque. Ce sont des détails des petites choses qui apportent de la constance et de la stabilité et par conséquent de la sérénité et plus de vitesse. "Me livrer à 100% sans calculer " Cette saison est également marquée par les performances de Ted Ligety. Qu'est-ce que cela vous inspire ? Lui, c'est le meilleur. Il a remporté 3 courses qui étaient toutes différentes, j'ai beaucoup de respect car remporter 3 slaloms géant de suite, ça s'est rarement vu. Il est le favori mais j'aborde la suite avec beaucoup d'envie et d'ambition. Le but c'est d'être devant lui et devant les autres. On vous a senti déçu sur le podium à Alta Badia, c'est aussi la preuve d'un changement ? C'est normal, la saison dernière, j'étais 3e mais j'étais loin des premiers. Là, j'étais déçu car la victoire n'était pas passée loin et donc j'étais un peu énervé. J'ai fait 3e, 2e il me manque la plus haute marche du podium. Malgré tout, chaque course est différente et ce n'est pas parce qu'on a gagné 3 fois qu'on gagne la 4e. Il faut rester humble, c'est un combat, il faut de l'engagement et de la précision. Je veux conserver cet état d'esprit, je ne suis pas favori mais je dois me livrer à 100% sans calculer. Justement, cela nous mène à Adelboden samedi. Que pensez-vous de cette course ? C'est une super belle piste, un des plus beaux Géants, il y a une grosse attente du public, une ambiance que j'aime. Je m'entraîne pour ce genre de course, pour faire mon ski, m'exprimer pleinement. Considérez-vous cette capacité de lutter pour la gagne, comme une récompense ? Cela procure beaucoup de plaisir de pouvoir skier libéré. Il y a eu un gros travail en amont, une réflexion ce qui me permet d'avoir cette liberté. Aujourd'hui, tout est possible et faisable. C'est comme si j'avais appris ma leçon, il faut tout mettre en place, c'est excitant, c'est un nouveau challenge à chaque départ. Pour finir, pouvez-vous nous glisser un mot sur l'équipe de France ? Il y a une émulation à l'entraînement, ça skie très vite donc on est forcément tiré vers le haut. Après, chacun fait son petit bonhomme de chemin car il s'agit d'un sport individuel. Il faut rester concentré sur sa performance. Quand on fait le max, on regarde les autres mais quand on se plante, ce serait hypocrite de dire qu'on est content pour les autres. Il y a beaucoup de respect et d'amitié entre nous qui vivons ensemble la moitié de l'année, c'est sympa à vivre mais en course, on est seul.