Richard: "Etre à la bagarre partout"

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Richard: "Etre à la bagarre partout"
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Cyprien Richard est l'un des Français qui a particulièrement brillé l'hiver dernier. Vainqueur à Adelboden, deuxième des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen, troisième du classement de la Coupe du monde de Géant, le skieur de Morzine entend confirmer, après plusieurs saisons de galère, et ce dès le Géant d'ouverture sur le glacier de Sölden dimanche. "Priou" l'assure, cet hiver 2012 sans événement d'un jour n'a rien d'une saison de transition.

Cyprien Richard est l'un des Français qui a particulièrement brillé l'hiver dernier. Vainqueur à Adelboden, deuxième des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen, troisième du classement de la Coupe du monde de Géant, le skieur de Morzine entend confirmer, après plusieurs saisons de galère, et ce dès le Géant d'ouverture sur le glacier de Sölden dimanche. "Priou" l'assure, cet hiver 2012 sans événement d'un jour n'a rien d'une saison de transition. "Quand tu vois "Priou" en caleçon, tu as l'impression qu'il a fait la guerre." L'analyse, pleine d'humour, est signée Alexis Pinturault, grand espoir du ski français. Cyprien Richard, "Priou" pour les intimes, a en effet connu les blessures à répétition, les saisons blanches, les difficultés financières aussi. Sans jamais renoncer à son rêve, même quand il a fallu attendre ses 28 ans pour intégrer le groupe France. Il pourrait aujourd'hui, fort d'une superbe saison 2011, relâcher un peu la pression. Lui ne demande qu'à rattraper le temps perdu et travaille encore et encore. "L'été m'a permis d'avancer, avec beaucoup de réflexion, même sur la nutrition. Je connais mes lacunes, il faut continuer car les autres ne vont pas t'attendre et continueront à progresser", explique-t-il. Avec sa petite cellule, il s'est donc remis au travail, mis en place de nouvelles méthodes d'entraînement pour développer un corps meurtri qu'il a appris à façonner: "Techniquement, j'ai beaucoup travaillé sur ma position, ma posture sur les skis mais également travaillé sur la puissance du dos. J'avais des douleurs, un manque d'efficacité. J'ai fait évoluer cet arrondi du dos, je me sens beaucoup plus solide. Pour cela, j'ai arrêté les squats (ndlr, exercice de musculation appelé également flexion sur jambes, ndlr), trop traumatisants." Et trouvé un moyen de substitution développé avec son entraîneur mentale au sein d'une société destinée à proposer des méthodes d'entraînements. "J'ai longtemps réfléchi à ce sujet, comment les remplacer, les diminuer. Finalement, j'ai décidé de les supprimer totalement et de les remplacer par des exercices sur une machine fabriquée spécialement. Je sens une bonne évolution." La densité du géant français ? "Une fois les skis aux pieds, c'est la guerre !" L'hiver arrive et, avec lui, la question de ses objectifs se pose. Pas évident de confirmer après un hiver où il explosé, intégrant le gratin du Géant mondial avec une victoire à Adelboden (ex aequo avec le Norvégien Svindal), l'une des courses mythiques de la discipline, une troisième place au classement de la Coupe du monde de géant mais aussi une belle médaille d'argent aux Mondiaux. Un moment fort, né dans le sillage d'une deuxième manche d'exception à Garmisch-Partenkirchen, qui l'a vu échouer à 8 centièmes de l'Américain Ted Ligety. Ce même adversaire, grand homme de la saison dernière, contre qui il n'a pu disputer le globe de la spécialité jusqu'au bout, la faute à l'annulation de la finale à Lenzerheide en raison de la météo. De quoi envisager déjà les Jeux olympiques de Sotchi en 2014 ? "On ne va pas attendre deux ans", tranche sèchement le Morzinois. "C'est une année pleine avec des belles courses à gagner. Je veux être à la bagarre, partout, sur les neuf manches. Je m'entraine pour ça. Même si, évidemment, certains noms comme Adelboden ou Alta Badia, La Mecque du Géant, sont cochés." Il lui faudra déjà pour cela s'affirmer de nouveau comme le numéro un français, même si lui se refuse à se considérer comme un chef de file au sein d'un groupe d'une densité impressionnante. "On est plusieurs, il y a une somme d'individualités, on a tous envie de gagner. De toute façon, pour moi, une fois les skis aux pieds, c'est la guerre ! Cela n'empêche d'être ouvert d'esprit. Rigoler, discuter à l'hôtel avec eux ne nuit pas à tes performances sur les skis." Dimanche, sur le glacier du Rettenbach, ils seront dix Bleus à lancer leur saison (Gauthier de Tessières, Mathieu Faivre, Thomas Fanara, Thomas Frey, Thomas Mermillod-Blondin, Steve Missillier, Alexis Pinturault, François Place, Cyprien Richard et Adrien Théaux). "Priou" ira pour gagner. Histoire aussi de prendre une revanche sur l'hiver dernier. Après avoir réalisé le meilleur temps lors du premier passage sur la neige tyrolienne, le Morzinois n'avait pu que déplorer l'annulation de la deuxième manche en raison du brouillard. Qu'à cela ne tienne, "Priou" se sent prêt à entamer tambour battant ce nouvel hiver. Avec l'envie et la force du revenant.