Ricco, le peloton à dos

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Ricco, le peloton à dos
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DOPAGE - Le peloton ne digère pas les aveux de Ricco, qui a avoué s'être à nouveau dopé.

"Au revoir Riccardo, tu ne nous manqueras pas", "qu'on le remette sur pied puis qu'on l'envoie sur la Lune". Ces deux avis, signés Manuel Quiniziato (BMC) et Fabian Cancellara (Team Lepoard-Trek), traduisent le sentiment général du peloton, aussi désabusé que soulagé, après la nouvelle affaire Ricco. Onze mois après la fin de sa suspension de deux ans pour dopage à l'EPO Cera, le grimpeur italien, admis mardi en urgence à l'hôpital, a avoué avoir eu recours à de l'autotransfusion. L'agence italienne anti-dopage a annoncé dans la foulée l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre le coureur de Vacansoleil, qui risque désormais une suspension à vie.

Dans leur ensemble, les coureurs présents actuellement sur le Tour du Qatar ne sont pas surpris par cette rechute. "Quand il est revenu après sa suspension, je l'ai trouvé presque plus fort qu'avant, il a gagné tout de suite (sur le Tour du Trentin, d'Autriche et la Coppa Sabatini ndlr)", a expliqué Sandy Casar (FDJeux) au micro d'Europe 1. "Après, on a toujours envie de croire en sa bonne foi mais ce n'est pas une très grosse surprise." Pas surpris les coureurs, mais plutôt remontés, contre Ricco d'abord, mais également contre les dirigeants de l'équipe Vacansoleil qui l'ont engagé l'an dernier. "J'ai l'impression qu'On les incite à continuer à se doper", regrette Yoann Offredo. "Un coureur comme Riccardo Ricco n'aurait jamais dû retrouver une équipe."

"Une tolérance zéro à avoir", estime Yoann Offredo :

A l'instar du coureur de la FDJeux, l'Autrichien Bernhard Eisel (HTC-Highroad)) ignore "ce qui a pu pousser la formation Vacansoleil à recruter Ricco" à l'automne dernier, pour... 800.000 euros de salaire annuel. "Ce qui arrive à Riccardo est un signal pour les coureurs qui seraient encore tentés de jouer avec leur santé mais aussi un signal fort aux directeurs d'équipes qui recrutent des coureurs ayant à l'évidence un problème avec le dopage", note Roger Hammond (Garmin-Cervélo).

Sean Kelly, dont l'équipe An-Post participe actuellement au Tour du Qatar, prend la roue du coureur anglais. "Quand tu connais son histoire, qui a débuté avant qu'il ne devienne professionnel, c'est incompréhensible que l'équipe Vacansoleil l'ait embauché en lui proposant un tel salaire." Ce que les coureurs craignent désormais, ce sont les répercussions sur l'image de leur sport. "Les dommages que Ricco cause au cyclisme sont énormes", a constaté Filippo Pozzato (Katusha). Son coéquipier belge Leif Hoste, lui, espère que "le public fera une différence entre ce cas exceptionnel et la majorité des coureurs qui font leur métier loyalement." Et le monde du cyclisme espère avec lui.