Ribout désemparée

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Ribout désemparée
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Un combat et puis c'est tout. Les Mondiaux de Morgane Ribout, championne du monde 2009 des -57 kg, ont tourné court mercredi à Bercy. La Nordiste avait pourtant travaillé pour remonter la pente et retrouver cette hargne perdue. La bonne préparation effectuée cet été ne lui a pas servi à grand-chose, face à une Britannique Howell qui pratique un judo qui la gêne beaucoup. Ce qui n'explique pas tout.

Un combat et puis c'est tout. Les Mondiaux de Morgane Ribout, championne du monde 2009 des -57 kg, ont tourné court mercredi à Bercy. La Nordiste avait pourtant travaillé pour remonter la pente et retrouver cette hargne perdue. La bonne préparation effectuée cet été ne lui a pas servi à grand-chose, face à une Britannique Howell qui pratique un judo qui la gêne beaucoup. Ce qui n'explique pas tout. Des larmes qui coulent à la sortie du tapis. Morgane Ribout avait sans doute souvent pensé à cette deuxième journée des championnats du monde, mais elle n'avait sans doute pas imaginé une déception aussi énorme. Certes, dès le tirage au sort, elle a compris que ce premier tour serait compliqué. Mais de là à sortir d'entrée, il y avait de la marge. "Elle était très angoissée le matin, avoue Cathy Fleury. Howell la dérange beaucoup, car elle la laisse à distance. On a commencé à travailler de manière intensive, notamment en croisant les manches pour s'approcher." Un travail qui n'a pas suffi. Après une demi-heure pour commencer à digérer, elle est venue expliquer ce qui pouvait l'être. "J'ai manqué de sérénité, de détermination, explique-t-elle d'emblée. Je savais qu'elle avait un profil qui m'embêtait beaucoup car elle attaque vite. Je n'ai pas trouvé de solution, ça fait mal car la préparation s'est super bien passée et je me plante complètement." Un revers qu'elle n'a pas vu venir. Car elle avoue s'être parfaitement sentie à l'échauffement, mais une fois sur le tapis de compétition, elle a perdu une grande partie de ses moyens. "Non, il n'y avait pas trop de pression, je me méfiais de cette fille qui m'avait déjà battue, ajoute la Nordiste, les larmes aux yeux. Ce n'est pas la plus forte de la caté' mais elle me gêne beaucoup, je n'aime pas son judo, elle est tout le temps devant moi, elle m'emm... à la garde.""J'avais retrouvé l'envie" Une nouvelle claque pour la championne du monde en 2009. Depuis ce coup d'éclat, la route a été sinueuse et semée d'embûches. Après avoir mis du temps à digérer ce succès et à prendre la mesure de sa nouvelle stature, elle a pu commencer à se reconstruire et retrouver cette hargne nécessaire à la victoire. "Ces derniers mois, je me sentais beaucoup mieux, j'avais retrouvé l'envie d'aller à la baston, l'envie de les détruire, glisse-t-elle. Il faut que je réfléchisse différemment à l'approche du combat, car j'étais bien avant et plus du tout sur le tapis. Il ne faut plus que ça se reproduise. Il faut voir les choses différemment, peut-être." Une nécessité de rebondir, à seulement un an des Jeux olympiques. Avec tout de même une différence notable, puisqu'une seule athlète tricolore par catégorie ira à Londres. "Il y a une concurrence nationale et internationale", convient-elle. La prochaine saison qui débute risque d'être très longue, avec une lutte attendue face à une Automne Pavia qui a échoué en 8e de finale à Paris. Mais avant de se concentrer sur la concurrence, Ribout va devoir trouver ses propres solutions.