Ribéry présente ses excuses

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Ribéry présente ses excuses
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EQUIPE DE FRANCE - Franck Ribéry est revenu pour la première fois, lundi, sur son année 2010.

Il a surgi derrière un rideau blanc, comme il avait surgi dans le dos du journaliste de L'Equipe, Vincent Duluc, le dimanche 20 juin 2010. Depuis qu'il s'était invité sur le plateau de "Téléfoot" en claquettes et au bord des larmes à quelques heures de la grève de l'entraînement de Knysna, en pleine Coupe du monde, Franck Ribéry ne s'était plus exprimé en français et sur l'équipe de France.

Rappelé par Laurent Blanc pour le match de qualification à l'Euro 2012, vendredi au Luxembourg, et le match amical, mardi 29, contre la Croatie, Franck Ribéry a pris la parole, lundi, dès le premier jour du rassemblement des Bleus. Arrivé avec un sourire nerveux, une veste de survêtement de l'équipe de France sur le dos, "Francky" a d'abord lâché : "il y a beaucoup de monde aujourd'hui".

"On a payé, c'est normal"

Avant d'entamer son intervention, le joueur du Bayern, visiblement "tendu" selon les termes du chef de presse des Bleus Philippe Tournon, avait pris soin d'envoyer un communiqué aux journalistes, qui ressemble à une auto-flagellation en règle. Il en a repris les grandes lignes en préambule. "J'ai blessé des gens qui me sont très chers. Je me suis perdu. Je m'en veux. Je m'en excuse. (...) J'ai besoin qu'on arrête de parler sur le passé. (...) On a mal évalué les choses. On a payé, c'est normal." Comme la lettre lue par Raymond Domenech lors de la grève de l'entraînement, ce communiqué fera date : c'est la première fois qu'un joueur sanctionné pour son implication dans la grève de l'entraînement - Ribéry le fut de trois matches - s'excuse en public, sans qu'il ne dissocie clairement affaire privée et fiasco sportif.

"Avant la coupe du monde, j'ai eu un gros problème d'ordre privé", a ainsi souligné Ribéry. "Lors du Mondial, j'avais l'intention d'oublier ce gros problème. Je n'ai pas été bon sur le terrain, je n'ai pas su dire les choses qu'il fallait." Quant à la "grève du bus" (sic), Ribéry explique n'avoir pas pris cette "décision tout seul". "On a tous souffert de cette situation." Mais ce que le joueur du Bayern ne digère pas, c'est l'attitude des journalistes à son égard. "J'ai senti de la méchanceté, de l'acharnement. Vous avez touché beaucoup de personnes autour de moi, ma femme, mes proches."

Depuis le début de la saison 2010-11, Ribéry refusait la présence de journalistes français aux conférences de presse du Bayern. "Il n'y en a pas beaucoup qui m'ont soutenu", a reconnu Ribéry. "Peut-être qu'on ne m'aime pas. Moi non plus je n'aime pas tout le monde, mais je respecte." Le n°7 du Bayern explique avoir appris de cette année 2010 "horrible". "J'ai beaucoup mûri, j'ai beaucoup changé dans mon comportement, je fais moins confiance aux gens", révèle-t-il.

"Je vais avoir une discussion avec Yoann Gourcuff" :

Interrogé sur son inimitié supposée avec Yoann Gourcuff, Ribéry a expliqué qu'il n'avait "jamais eu de problème avec lui". "Je ne comprends toujours pas", a-t-il souligné. "J'ai discuté avec lui pendant la Coupe du monde. Ca ne me plaisait pas qu'on me fasse jouer le rôle du méchant et lui du malheureux. J'aurais aimé qu'il fasse un démenti. Et je ne vais pas vous le cacher, je vais avoir une discussion avec lui." Tous les problèmes relationnels ne semblent pas réglés en équipe de France. Les questions portant sur le sportif, Il les expédie beaucoup plus rapidement. Son positionnement ? "Jean-Louis Gasset (adjoint de Blanc) m'a dit que je pouvais jouer partout." L'ambiance au sein d'un collectif renouvelé ? "Le groupe est très jeune, il vit super bien."

Ce sur quoi Ribéry préfère insister, c'est sa joie de retrouver le maillot bleu. "C'est l'équipe de France, c'est un rêve, ça a toujours été un bonheur. J'avais oublié cette odeur, cette ambiance, ces terrains." Arrivé dimanche soir pour éviter les caméras, le Munichois avait été invité par Laurent Blanc à dîner puis à regarder OM-PSG avec le reste de l'encadrement. "J'ai pensé à mes débuts en équipe de France. Le château a bougé, mais la table, c'était comme en 2006." 2006, l'année de l'arrivée de Ribéry chez les Bleus, symbole d'une insouciance que l'homme - et le joueur - aimerait visiblement retrouver...