Ribéry-Evra, un bonheur simple

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Ribéry-Evra, un bonheur simple
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Neuf mois après le triste épisode de Kynsna, Franck Ribéry et Patrice Evra ont donc fait leur retour officiel vendredi soir en équipe de France, participant à la laborieuse victoire (2-0) sur le Luxembourg en éliminatoires de l'Euro 2012. A l'arrivée, les deux hommes, s'ils se sont montrés plutôt discrets, ont confié leur bonheur de revêtir la tunique bleue, souhaitant désormais s'installer dans la durée dans le groupe de Laurent Blanc.

Neuf mois après le triste épisode de Kynsna, Franck Ribéry et Patrice Evra ont donc fait leur retour officiel vendredi soir en équipe de France, participant à la laborieuse victoire (2-0) sur le Luxembourg en éliminatoires de l'Euro 2012. A l'arrivée, les deux hommes, s'ils se sont montrés plutôt discrets, ont confié leur bonheur de revêtir la tunique bleue, souhaitant désormais s'installer dans la durée dans le groupe de Laurent Blanc. Il est 20h15 vendredi sur la pelouse du stade Josy-Barthel et pour la première fois depuis le match perdu face à l'Afrique du Sud le 22 juin 2010, Franck Ribéry et Patrice Evra entrent sur un terrain avec le maillot bleu de l'équipe de France sur le dos. Concentrés à l'échauffement, les deux « bannis » de Knysna, rappelés par Laurent Blanc pour le double affrontement face au Luxembourg et à la Croatie, essuient à peine de timides sifflets lorsque le speaker prononce leur nom au moment de l'annonce de la composition des équipes, le contexte plus intimiste de Luxembourg étant à n'en pas douter plus favorable à un tel retour que celui du Stade de France, où ils évolueront (peut-être) mardi. Comme un symbole, c'est côte à côte que les deux joueurs se retrouvent une grosse demi-heure plus tard pour entonner la Marseillaise, à gorge déployée pour Evra, plus timidement pour Ribéry. Symbole toujours, juste avant le coup d'envoi, un joueur se dirige vers le Boulonnais pour lui donner l'accolade, Yoann Gourcuff, le soi-disant ennemi qui, par ce geste volontariste, semble décidé à mettre un terme aux supputations sur leur rivalité. Le coup d'envoi est donné et on sent très vite chez le Munichois, positionné à la droite de l'attaque, et le Mancunien, arrière gauche, une envie de bien faire doublée d'une anxiété palpable, d'où des dribbles ratés pour le premier, des contrôles maladroits pour le second. Stressés ? Après la rencontre, Laurent Blanc en sourira: "Ce n'est pas facile pour un joueur quel qu'il soit, quels que soient son expérience et son âge, après ce qui s'est passé dans la semaine. Il faut se rendre à l'évidence: leur préparation a été un peu plus compliquée que celle des autres." Le reste de la partie ne leur donnera pas vraiment l'occasion de briller, Evra se montrant peu à son aise et moins offensif qu'à l'habitude, ce que regrettera le sélectionneur - "Les latéraux n'ont pas assez dédoublé" - tandis que Ribéry ne brillera finalement qu'une fois passé à gauche, son côté de prédilection, Malouda prenant alors le couloir droit, avec à la clé une passe (presque) décisive pour... Gourcuff sur le deuxième but, celui du break. Un changement visiblement préparé à l'entraînement. "On aurait pu le faire un peu plus tôt, expliquera après coup Malouda. Dans les entraînements dans la semaine, le coach nous avait donné totale liberté. En première période, on n'a pas trop osé, parce qu'on n'était pas bien disposés sur le terrain, en deuxième mi-temps quand les espaces se sont libérés, on a essayé de varier, parce qu'ils nous attendaient bien, ça les a perturbés et ça apporté le deuxième but." Evra: "Je suis un homme heureux" Reste que le bilan global pour les deux intéressés n'est pas spécialement reluisant, à l'image finalement d'une équipe de France qui a eu du mal à s'exprimer face au bloc adverse. Mais le sélectionneur ne leur en tient pas forcément rigueur, globalement content de la façon dont se sont passés ces retours très médiatisés: "Ils ont eu un début un peu timide, à l'image de l'équipe, avec un peu de fébrilité, ça a été beaucoup mieux après. Je suis satisfait dans la mesure où on était dans une dynamique collective qui fait que la question était de savoir si elle n'allait pas être perturbée par ces retours, on peut dire que non. On ne peut pas reprocher le contenu laborieux qu'à la présence de ces deux joueurs. Et je suis content de leur implication cette semaine." Et les intéressés, qu'ont-ils pensé de ce retour ? Que du bien ! Si Franck Ribéry a jugé, à raison, que "ce n'était pas le plus beau match de l'équipe de France, pas un de mes meilleurs matches non plus", il n'a pas boudé son plaisir de renouer avec un maillot bleu qui lui a manqué: "Il y a beaucoup d'émotion, de choses qui se passent à l'intérieur, ça faisait neuf mois que je n'avais pas joué en équipe de France, c'est très long. C'est des moments qu'on n'oublie pas, une carrière, ça va tellement vite, il faut profiter au maximum de ces moments-là." Juste avant lui, Patrice Evra s'était montré beaucoup plus démonstratif au moment d'évoquer son bonheur de sortir de ce long tunnel sans ciel bleu: "Comme je l'ai dit, jouer avec mon club, c'était faire mon métier à 50%, jouer pour mon pays, c'est à 100%. Rechanter cette Marseillaise, revêtir cette tenue, je suis vraiment fier et heureux. J'ai vraiment eu neuf mois très difficiles, le staff, les joueurs m'ont mis dans les meilleures conditions, j'ai vraiment senti que je rentrais dans une famille, à partir de là, je suis un homme heureux." Leurs partenaires auront tous un mot pour eux, de Philippe Mexès expliquant qu'"ils ont démontré qu'ils sont toujours là, au profit de l'équipe nationale" à Adil Rami se réjouissant du retour de "deux joueurs cadres", en passant par Florent Malouda qui aura le mot de la fin: "Je pense qu'ils ont fait un retour réussi, mais il faut maintenant parler de l'avenir, ce sont deux joueurs du groupe France, il ne faut pas faire de distinction entre eux et les autres." Patrice Evra et Franck Ribéry sont redevenus en cette douce soirée luxembourgeoise des joueurs de l'équipe de France, reste à se faire adopter du public français, et là, le verdict tombera, peut-être injuste, des tribunes du Stade de France mardi soir...