Retour discret pour Gasquet

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Retour discret pour Gasquet
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En arrêt depuis plus de trois mois à la suite de son contrôle positif à la cocaïne, Richard Gasquet était de retour sur les courts ce week-end à New Haven. Mais le Français a chuté dimanche dès le deuxième tour des qualifications face au 458e joueur mondial, le Serbe Dusan Vemic. Décidé à participer à l'US Open la semaine prochaine, le Biterrois veut au moins passer un tour à Flushing Meadows.

En arrêt depuis plus de trois mois à la suite de son contrôle positif à la cocaïne, Richard Gasquet était de retour sur les courts ce week-end à New Haven. Mais le Français a chuté dimanche dès le deuxième tour des qualifications face au 458e joueur mondial, le Serbe Dusan Vemic. Décidé à participer à l'US Open, le Biterrois veut au moins passer un tour à Flushing Meadows.Faux départ. Après une coupure de trois mois et demi depuis son dernier match sur le circuit, Richard Gasquet, ancien septième joueur mondial, devait se confronter ce week-end à l'anonymat des qualifications pour espérer se hisser, comme ce sera le cas à l'US Open, dans le grand tableau du tournoi américain de New Haven. Un passage auquel il n'avait plus été obligé depuis mai 2006 et une défaite face à l'obscur Leonardo Azzaro à Portschach. Samedi, après un premier tour pour se dérouiller face au 922e à l'ATP, l'Américain Michael Rubin, face auquel le Français aura malgré tout concédé cinq jeux en une heure et sept minutes (6-2, 6-3), la reprise du Biterrois a fait long feu. Opposé pour son deuxième match au 458e mondial, le Serbe Dusan Vemic, ambidextre et dont le jeu atypique est marqué par un gros service associé à une propension à l'amortie pour le moins déconcertante. Une "cuisine" de toute évidence bien indigeste pour Gasquet surpris sur une erreur d'inattention, une seule, dans le jeu décisif du premier set et piégé pour de bon au bout de 2 h 5' de jeu dans le troisième sur un break fatal à 3 jeux à 2 malgré le gain entre temps de la deuxième manche (7-6, 4-6, 6-3).Gasquet: "Je veux prendre du plaisir"Au terme de ce séjour trop court dans le Connecticut, l'Héraultais, loin de se lamenter sur sa contre-performance, réclamait plutôt de l'indulgence eu égard au contexte et à sa trajectoire si compliquée ces dernières semaines depuis son contrôle positif à la cocaïne en mars dernier. Soucieux de tourner le dos à ce mauvais cauchemar, pourtant toujours d'actualité et qui pourrait le rattraper dans le cas où l'appel interjeté conjointement par la Fédération internationale (ITF) et l'Agence mondiale antidopage (AMA) (*) venait à aggraver la suspension initiale de deux mois et demi prononcée à son encontre (*), Gasquet préférait savourer son retour au jeu: "Cela faisait longtemps que je n'avais pas joué, presque trois mois, souligne-t-il sur le site du tournoi. Cela a changé ma vie. C'est difficile de revenir, mais je suis heureux de jouer. Physiquement, j'étais vraiment fatigué parce que j'ai arrêté de jouer pendant plusieurs mois. Mais je suis content de revenir et de m'entraîner dur pour l'US Open. Mon but est de remporter au moins un match là-bas. J'ai eu des mois difficiles mais désormais je veux prendre du plaisir." Et pour ce faire, le Tricolore, séparé de son entraîneur Guillaume Peyre, a choisi d'utiliser une méthode éprouvée en se tournant de nouveau vers Eric Deblicker sous les conseils duquel il a repris le chemin de l'entraînement du côté d'Aix-en-Provence dès la première quinzaine d'août sur les terres d'Arnaud Clément, sparring-partner privilégié pour l'occasion. Un choix qui a de quoi laisser perplexe quand on apprend que dans le même temps, Yannick Noah, sollicité directement par Arnaud Lagardère, s'était proposé pour épauler le joueur. "Il m'a appelé dernièrement pour me demander de préparer un programme pour le retour de Richard, expliquait récemment l'ancien vainqueur de Roland-Garros dans les colonnes du Journal du dimanche. J'en ai donc préparé un, mais il n'a pas plu à Richard. Pourquoi ? Vous le lui demanderez. Disons que c'était vraiment très précis. Je pensais qu'il y avait des choses radicales à faire. Richard a trouvé que c'était un peu trop radical. Il n'a pas suivi et ça s'est arrêté là." Après le séisme traversé ces derniers mois, Gasquet, plutôt que d'accepter un remède de cheval, a préféré retrouver ses petites habitudes. Même si tout reste à faire, le pari est pour l'instant perdant... (*) Sous la menace d'une aggravation de sa suspension, que pourrait prononcer le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans un délai de quatre mois, Gasquet risquerait alors de voir ses résultats enregistrés d'ici cette décision purement et simplement annulés. Une décision dont la responsabilité reviendra au TAS, qui devra choisir entre tenir pour acquis les résultats du Français, dont les deux mois et demi de suspension, déjà purgés entre le 1er mai et le 15 juillet derniers, seraient alors retranchés à la nouvelle sanction. Ou bien l'annulation de ces résultats, auquel cas, Gasquet perdrait le bénéfice des points ATP, de l'argent et donc des titres, en l'occurrence l'US Open, accumulés au cours de cette période, le début de sa suspension prenant alors effet au 1er mai 2009.