Reports et... amateurisme

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Reports et... amateurisme
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Ce week-end de Coupes d'Europe n'aura évidemment pas échappé aux conséquences de la sévère vague de froid qui a touché le Nord de l'Europe et contraint aux reports de plusieurs rencontres, concernant pas moins de quatre clubs français. Brive et Bayonne en Challenge européen, Toulouse et Castres en H-Cup: l'ERC, si elle a reprogrammé les matches en début de semaine, a aussi brillé par son manque de professionnalisme.

Ce week-end de Coupes d'Europe n'aura évidemment pas échappé aux conséquences de la sévère vague de froid qui a touché le Nord de l'Europe et contraint aux reports de plusieurs rencontres, concernant pas moins de quatre clubs français. Brive et Bayonne en Challenge européen, Toulouse et Castres en H-Cup: l'ERC, si elle a reprogrammé les matches en début de semaine, a aussi brillé par son manque de professionnalisme. Lorsqu'il s'agit de sanctionner, suspendre et infliger les amendes, l'ERC, l'organisateur des Coupes d'Europe, est toujours prompt à réagir. Un zèle dont on aurait aimé la voir faire preuve tout au long de ce week-end, marqué par les intempéries, qui auront fini par perturber le bon déroulement des rencontres tant en H-Cup qu'en Challenge Européen. Si elle n'est pas responsable des chutes de neige, qui se sont abattues sur le Nord de l'Europe, l'ERC, donnant durant deux jours, de report en report, l'impression de naviguer à vue, a fait preuve d'une légèreté coupable... Par exemple en laissant les équipes de Castres ou de Brive s'envoler pour les îles britanniques, où elles étaient censées évoluer ce dimanche, alors que l'épisode neigeux était déjà bien installé et que l'espoir de voir du rugby à Murrayfield (pour les Castrais face à Edimbourg ; le match aura lieu lundi, à 15 heures) ou à Manchester (pour les Brivistes face à Sale ; la date du report n'a pas été fixée) était déjà quasi-nul sur des pelouses gelées et/ou enneigées. Résultat: des reports officialisés à quelques heures, voire quelques minutes seulement des coups d'envoi et une sacrée pagaille... Novès: "Je suis scandalisé pour les 20 000 personnes qui devaient assister à cette rencontre " Pour Bayonne, dont le déplacement en Italie, initialement programmé samedi, pour affronter Prato s'est transformé en impossible chemin de croix, la galère devrait prendre fin lundi, à midi, du côté de... Livourne, où l'équipe transalpine espère trouver une surface de jeu épargnée. Une obligation pour l'équipe qui reçoit, comme le stipule le règlement de l'ERC (voir par ailleurs), nettement moins complet dans les autres cas de figure... Le Stade Toulousain en fait l'ubuesque expérience depuis plus de 48 heures. Il ne neigeait pas sur la Ville Rose, mais les Warriors de Glasgow, censés affronter les Champions d'Europe samedi, à 14 heures, n'avaient pas récupéré à temps leurs armures égarées vendredi au cours de leur voyage via l'aéroport de Londres-Heathrow, très perturbé et même fermé en raison du mauvais temps. Déjà reporté de 24 heures samedi, le match n'a pu avoir lieu et a été repoussé à mardi (19 heures) - à condition qu'arrivent les valises écossaises. "Je suis scandalisé pour les 20 000 personnes qui devaient assister à cette rencontre, s'emporte l'entraîneur des Champions d'Europe dans La Dépêche du Midi. Certaines sont venues de très loin. Je suis très déçu pour les gens qui ne pourront pas voir la rencontre parce qu'ils partent en vacances. Je ne comprends pas alors qu'on se proposait de tout mettre à disposition des Ecossais. Mes joueurs qui portent des semelles ne les mettent pas dans les soutes à bagages..." Protège-dents sur mesure, semelles orthopédiques, lentilles: des équipements indispensables aux yeux des Warriors sans lesquels l'équipe écossaise a refusé d'évoluer. "Je trouve ça un peu léger, lâche encore le président René Bouscatel. Je n'ose croire à ce scénario. Quand on sait qu'il y a une alerte neige et qu'on part avec 40 personnes, on prend ses précautions pour partir avant. Il y a beaucoup de questions comme celle-ci. Est-ce que les joueurs ne peuvent pas prendre leur équipement personnel en bagage à main ? Je demanderai des réponses très précises, prévient le patron toulousain, bien décidé mettre l'ERC devant ses responsabilités, voire même à lui présenter une note qui risque d'être salée entre l'annulation des prestations d'avant-match (3 000 repas), le renvoi des services de sécurité, les problèmes de la billetterie - le match n'étant pas annulé, les tickets n'ont pu être remboursés... Imagine-t-on un tel scénario pouvoir se dérouler en Ligue des Champions de football ? A l'heure où le rugby prétend venir concurrencer le ballon rond, son amateurisme laisse songeur, à travers cet épisode et l'incapacité de ses instances dirigeantes à imposer un règlement contraignant.