Renault, l'ambition malgré tout

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Renault, l'ambition malgré tout
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Apparu en progrès constants en 2010, l'écurie Renault, devenue Lotus Renault durant la trêve, entend poursuivre sur son élan cette saison. Malgré l'accident de Robert Kubica, remplacé dans l'urgence par Nick Heidfeld en février, le team d'Enstone refuse de jouer les faire valoir en 2011. Red Bull et Ferrari, mais aussi et surtout McLaren et Mercedes n'ont qu'à bien se tenir.

Apparu en progrès constants en 2010, l'écurie Renault, devenue Lotus Renault durant la trêve, entend poursuivre sur son élan cette saison. Malgré l'accident de Robert Kubica, remplacé dans l'urgence par Nick Heidfeld en février, le team d'Enstone refuse de jouer les faire valoir en 2011. Red Bull et Ferrari, mais aussi et surtout McLaren et Mercedes n'ont qu'à bien se tenir. "Ce sera une bataille entre Red Bull, McLaren, Mercedes et Ferrari. Il y a une nouvelle règlementation, de nouveaux pneus, mais je ne pense pas qu'il y aura de nouveaux vainqueurs ou d'autres équipes pour créer la surprise." Fernando Alonso se veut formel dans les colonnes du Welt am Sonntag, le carré d'as de la F1 n'est pas menacé à la veille de l'ouverture de la saison 2011. Une posture impérieuse que l'on ne partage évidemment pas chez Lotus Renault. "Je ne suis pas le genre de personne à dire publiquement que je suis confiant. Attendons l'Australie pour juger. Des équipes, comme McLaren ou Mercedes, ont un immense potentiel de ressources. Mais clairement, nous sommes dans une meilleure position qu'il y a un an", jugeait Eric Boullier la semaine passée dans les pages d'Autosport. Dans la foulée, c'est à la troisième place de la hiérarchie mondiale que l'intéressé osait placer son écurie, à travers une interview publiée dans El Pais: "Ce sera difficile de lutter avec Red Bull et Ferrari mais ce seront nos principales rivales. [...] J'ai énormément de respect pour Ross Brawn, Mercedes et McLaren et je sais qu'ils ont de meilleurs budgets mais ce serait pour nous un grand succès si nous parvenions à être devant eux." Exit les complexes nés du crashgate, malgré un héritage parfois lourd, Renault, devenu essentiellement Lotus cet hiver, entend retrouver ses lettres de noblesse au plus vite, dans la lignée du chemin accompli la saison dernière. "Notre ambition pour 2011 est de poursuivre notre marche vers le haut de la grille, saisir la moindre opportunité et faire mieux que l'année dernière, au championnat pilotes comme au championnat constructeurs", dixit Gérard Lopez, le président de Genii Capital, copropriétaire de l'écurie. Heidfeld, "le choix qui s'imposait" Des ambitions réaffirmées d'autant plus louables que le team d'Enstone a dû composer dans l'urgence avec le grave accident de Robert Kubica en février dernier. Victime d'une violente sortie de route lors d'un rallye transalpin, le pilote polonais, dont la carrière demeure aujourd'hui en suspens, a été remplacé au pied levé par Nick Heidfeld. "Le choix qui s'imposait", selon Eric Boullier: "Nous avons rapidement conclu qu'il nous fallait un pilote très expérimenté, rapide et avec suffisamment de caractère pour prendre certaines décisions techniques. Or, quand vous regardez ce profil, le seul qui correspondait était Nick." Très vite à son avantage au volant d'une R31 initialement taillée et développée pour Robert Kubica, l'Allemand de 33 ans a eu la bonne idée de briller dès ses premiers tours de roues à Jerez, forçant ainsi une chance à laquelle il ne croyait probablement plus cette saison. Crédité de 12 podiums en 174 Grands Prix dans sa carrière, le voici désormais associé au Russe Vitaly Petrov pour contenter les appétences de Genii Capital et de Lotus Group. "Nos essais hivernaux se sont bien déroulés, mais nous ne savons pas encore si ce sera assez pour remporter des victoires", prévient toutefois le natif de Moenchengladbach dans l'Express de Cologne. Pour le soutenir dans cette quête encore improbable il y a peu, les ingénieurs d'Enstone n'ont pas hésité à innover en développant un système d'échappement inédit, placé sur l'avant des pontons de la R31. Une audace saluée par Ross Brawn en personne. "Nous savions que nous allions prendre un risque avec l'innovation. Et nous l'avons pris, explique Eric Boullier. Nous avons passé beaucoup de temps à y penser et à en discuter. C'était un risque. C'est l'évolution la plus importante de notre monoplace et ça nous a permis de trouver d'autres manières de travailler." Une innovation majeure dont on va pouvoir mesurer l'efficacité dès ce week-end, en conditions de course, à Melbourne.