Real-Barça, un clasico très politique

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Real-Barça, un clasico très politique
@ REUTERS
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LIGUE DES CHAMPIONS - La politique n’est jamais bien loin d’un clasico Real-Barça.

Le Real Madrid et le Barça se détestent, ce n’est un secret pour personne. A chaque confrontation, les supporters s’interpellent par banderoles interposées. Qu’il soit en Liga, en Coupe du Roi ou en Ligue des champions comme mercredi soir (20h45), chaque match a un enjeu particulier : mettre à terre l’ennemi juré. Les autonomistes contre le pouvoir central.

L’indépendance catalane en arrière-fond

La Catalogne est une communauté autonome d’Espagne mais de nombreux partis réclament l’indépendance depuis plusieurs années. Il suffisait de se balader dans les rues de Barcelone pendant la dernière Coupe du monde de football pour avoir une idée de la haine des Catalans les plus radicaux envers le pouvoir central. Certains "catalanistes" souhaitaient même la déroute de la Roja en Afrique du Sud.

Chaque clasico rouvre des plaies toujours difficiles à cicatriser. "La haine entre les Catalans et les Espagnols remonte à plusieurs siècles", estime Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI), contacté par Europe1.freef. Et de poursuivre : "la Catalogne a toujours mal accepté son intégration dans l’Espagne pour plusieurs raisons historiques. La guerre civile (1936-1939) et le régime de Franco ont laissé des traces indélébiles".

Le foot, un stade pour la politique

Pendant la dictature, les Catalans n’avaient pas le droit de montrer le moindre signe de leur appartenance régionaliste. Le général Franco a également tout fait pour réduire à néant le club des Blaugrana. Il a fait fermer le stade du Barça pendant la guerre civile. Franco n’est plus mais les rivalités persistent.

"Le foot permet d’évacuer certaines tensions politiques et de revendiquer certaines idées", explique Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’IFRI. Comme en huitième de finale de la Ligue des champions, en mars dernier, où des supporters catalans avaient déployé une banderole "Catalonia is not Spain" (la Catalogne n’est pas l’Espagne).

De nombreux socios du Barça profitent souvent des clasicos pour faire passer des messages indépendantistes. L’enceinte sportive se transforme alors en agora politique. "Les deux domaines ne devraient pourtant pas se mélanger", estime Jordi Hereu, le maire de Barcelone, contacté par Europe1.fr. Et de poursuivre : "le sport est une très bonne plateforme sociale mais il ne doit à aucun moment résoudre des problèmes politiques".