Rami-Mexès, pari gagnant

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Rami-Mexès, pari gagnant
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Avec Hugo Lloris, Adil Rami et Philippe Mexès sont les deux seuls joueurs à avoir été toujours titularisés depuis que Laurent Blanc a succédé à Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la reconstruction de la charnière centrale porte ses fruits, les Bleus n'ayant encaissé que quatre buts en neuf matches...

Avec Hugo Lloris, Adil Rami et Philippe Mexès sont les deux seuls joueurs à avoir été toujours titularisés depuis que Laurent Blanc a succédé à Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la reconstruction de la charnière centrale porte ses fruits, les Bleus n'ayant encaissé que quatre buts en neuf matches... "Je trouve que ce sont des joueurs qui peuvent être complémentaires, et dans la construction qui est importante pour moi, ce sont des garçons qui offrent quelques garanties. On part de ça, on va essayer de faire fructifier ces qualités, en espérant que leur solidité et leur performance feront qu'ils donneront de plus en plus une assise défensive performante au groupe". Ainsi parlait Laurent Blanc le 26 août 2010, au moment de dévoiler la liste des joueurs convoqués pour le début de la campagne éliminatoire pour l'Euro 2012, à propos de sa toute nouvelle charnière Adil Rami-Philippe Mexès. Sept mois après cette déclaration d'intention, force est de constater que le pari du sélectionneur de bâtir une nouvelle défense centrale, quitte à laisser sur la touche ceux qui, jusque-là, en étaient les piliers plus ou moins indiscutables (Gallas, Abidal, Squillaci, Escudé, Planus...), est en passe de réussir. Les chiffres sont là pour en témoigner: en neuf rencontres, l'équipe de France «new look» de Laurent Blanc n'a encaissé que quatre buts, dont un seulement lors des sept dernières, inscrit par Peter Crouch à la fin d'un Angleterre-France qui reste à ce jour son match-référence. En enfilant son nouveau costume, Laurent Blanc, qui sait de quoi il parle, lui qui a formé en son temps une des plus solides charnières de l'histoire des Bleus avec Marcel Desailly, s'était fixé une priorité absolue: redonner à la défense tricolore des lettres de noblesse qu'elle avait fini par perdre lors de la fin de règne de son prédécesseur, faute de continuité. Le chantier de la défense centrale n'a en effet jamais été définitivement réglé du temps de Raymond Domenech qui, parfois contraint par les blessures ou suspensions, n'a cessé de redistribuer les cartes dans ce secteur, alignant, entre août 2008 et juin 2010 huit charnières différentes, de Boumsong-Abidal à Gallas-Abidal (la plus usitée) en passant par Squillaci-Escudé, Mexès-Boumsong ou même Ciani-Escudé. A l'arrivée, cette instabilité sera l'un des éléments-clés de la chute de la maison bleue en Afrique du Sud et sans doute le premier enseignement qu'en aura tiré Laurent Blanc au moment de se lancer dans son opération reconstruction. "Une grande équipe se définit et commence par le bloc défensif" D'où son désir affirmé dès sa prise de fonctions d'aligner une défense-type, dans l'axe, mais pas seulement, la stabilité étant aussi importante à ses yeux pour le poste de gardien (Lloris a joué tous les matches de l'ère Laurent Blanc, tout comme Mexès et Rami), mais également pour ceux qu'il appelle ses "arrières d'aile", Sagna à droite, Abidal ou Evra à gauche. Pour l'axe, le «Président» a jeté son dévolu sur un joueur qui a longtemps été présenté comme son successeur en Bleu mais qui aura traversé pas mal de zones de turbulences sous le maillot national, Philippe Mexès, affirmant en août à propos du Romain: "Depuis un certain temps, tout le monde sait que Philippe a les qualités d'un très bon défenseur central. Il le démontre en Italie depuis maintenant six ans. Mais il y a un décalage entre ce qu'il démontre en Serie A et ce qu'il a démontré en équipe de France. Jusqu'à présent, il n'a pas été au niveau qu'il a en Italie. J'espère que dans le futur, ce sera le cas." Cette décision de rappeler Mexès, assez logique au regard de la régularité de l'ancien Auxerrois en Serie A, va s'accompagner d'un choix plus audacieux en la personne d'Adil Rami qui, jusqu'ici, était catalogué comme un solide joueur de Ligue 1, mais pas forcément jugé capable de prétendre au niveau international. Bonne pioche, puisque très vite, le Lillois, comme transformé par son nouveau statut, s'est découvert des affinités sur et en dehors du terrain avec Mexès, l'un se réjouissant de la réussite de l'autre et vice-versa. Mardi soir, au sortir du nul face à la Croatie, le Romain, auteur vendredi dernier au Luxembourg de son tout premier but en sémection, a ainsi commenté, à propos de son partenaire, auteur d'un gros match: "Plus ça va, plus on prend confiance et plus on apprend à avoir des automatismes. C'est très bien parce que ce soir, Adil a démontré qu'il avait vraiment envie de marquer son but en équipe de France. Il a réalisé une très grosse prestation. Cela aurait été magnifique qu'Adil marque son but car il l'aurait vraiment mérité." Complémentaires, solidaires dans les moments difficiles, Mexès et Rami sont parvenus en un espace de temps limité à devenir incontournables aux yeux d'un sélectionneur qui, mardi soir, se réjouissait de voir l'attelage fonctionner et son pari de début de saison payer. "Quand on est en construction et qu'on met une charnière en place avec peu d'expérience, on peut se poser des questions, et vous vous en êtes posées. Il fallait leur donner du temps pour être performants, elle (la charnière) fonctionne de mieux en mieux, elle est efficace. Une grande équipe se définit et commence par le bloc défensif." La France n'est pas encore une grande équipe, mais avec une assise défensive retrouvée, elle peut prétendre à le redevenir...