Rami: "Faire partie des grands"

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Rami: "Faire partie des grands"
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Suspendu contre l'Albanie vendredi, Adil Rami postule de nouveau à une place en défense centrale mardi à l'occasion du déplacement des Bleus en Roumanie, toujours dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2012. Arrivé cet été au FC Valence, l'ancien Lillois espère bien y poursuivre sa progression, lui qui ne cache pas de hautes ambitions personnelles.

Suspendu contre l'Albanie vendredi, Adil Rami postule de nouveau à une place en défense centrale mardi à l'occasion du déplacement des Bleus en Roumanie, toujours dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2012. Arrivé cet été au FC Valence, l'ancien Lillois espère bien y poursuivre sa progression, lui qui ne cache pas de hautes ambitions personnelles. Quand on est suspendu comme cela a été le cas en Albanie, a-t-on peur de perdre sa place ? C'est la loi du footballeur, tout peut arriver. Il y a toujours de l'appréhension, qu'on soit suspendu, blessé ou moins bien, mais quand on est des compétiteurs, on a toujours envie de garder son poste. Je le suis, mais ici, on a une concurrence saine, c'est aussi ce qui nous fait progresser. Maintenant, j'ai été suspendu, j'ai payé, tout ce que je peux vous dire, c'est que je suis à 100%, après, tout dépend du coach. Quand on est en tribunes comme ça, regarde-t-on particulièrement les joueurs qui évoluent à son poste ? Oui, je regarde toujours pour pouvoir m'améliorer. Vous ne souhaitez pas l'erreur, quand même ? Non ! Je le répète, c'est une concurrence saine, j'apprécie tout le monde dans l'équipe. Hier (l'entretien a eu lieu samedi, ndlr) quand j'ai regardé le match, j'ai prié pour qu'on ne prenne pas de but, pour que tout le monde soit fort défensivement, car ce qui prime avant tout pour moi, c'est d'être qualifié pour le Championnat d'Europe. Si on y va, on va tous en tirer profit. Que fallait-il améliorer défensivement face à l'Albanie ? Au niveau de la concentration, je pense, et surtout faire attention aux appuis. Pour un défenseur central, ça reste délicat, le terrain était vraiment difficile à jouer. Pensez-vous rejouer mardi en Roumanie ? Je ne sais pas si je vais rejouer, mais je suis prêt, à 100%. Je ne suis au courant de rien, mais j'espère jouer. Je me prépare parce que c'est mon devoir. Je suis content quand je joue, si je ne joue pas, ce sera le choix du sélectionneur, je serai déçu parce que je suis un compétiteur, mais c'est la loi du footballeur. "On prend du galon" Qu'avez-vous pensé du match à Tirana ? C'était un match difficile avec une ambiance assez particulière, on a connu ça en Bosnie, mais ce qu'on retient, c'est que le plus important a été fait, on a pris les trois points. C'était quand même une équipe difficile à manoeuvrer, avec beaucoup d'envie, une équipe capable de marquer à tout moment, mais à la fin, on retiendra le score et les trois points, peu importe la manière. Ça nous fait du bien mentalement, et continuer à être invincibles (sic), c'est super important pour avoir plus de confiance individuellement et collectivement. Il faut continuer sur notre lancée, nos résultats ne sont pas si mauvais que ça, on n'encaisse que deux buts, on a une seule défaite, un nul et cinq victoires, le plus important comme je vous l'ai dit, c'est de continuer à être invincible, et pour moi, individuellement, ne pas prendre de but. Maintenant, rien n'est fait, on a encore le bleu de chauffe à mettre pour mardi. Le fait d'avoir gagné des matches de prestige, même amicaux, la saison dernière contre l'Angleterre et le Brésil, vous permet-il de prendre davantage de confiance ? Oui, avec le nombre de jeunes qu'il y a dans cette équipe de France, ça nous sert mentalement, au niveau de la confiance, de l'expérience, de la maturité. Même si on a joué le Brésil contre une équipe à dix, plus on a de matches, plus on grandit, inconsciemment, on prend du galon. Samir Nasri est passé à côté de son match vendredi, l'avez-vous senti affecté ? Non, pas du tout. Franchement, ce que j'ai retenu hier après le match, c'est que tout le monde était content d'avoir pris les trois points. Et tout peut arriver sur un match, on a le droit de passer à côté. Samir est conscient de ses qualités, c'est quelqu'un dont on a besoin. Même quand il est moins bien, il est capable de faire la différence, mais non, je n'ai rien vu de tout ça. Laurent Blanc privilégie souvent la notion de groupe dans ces sélections, sentez-vous une vraie vie de groupe dans cette équipe de France ? Oui, maintenant, on se connaît, ça fait un petit moment qu'on est ensemble. C'est important d'avoir un peu l'esprit qu'on a en club, que chacun le transmette individuellement en équipe de France. Le fait de se retrouver quasiment tous à chaque sélection en équipe de France va nous permettre d'arriver à cette ambiance club. "A Valence, on n'a pas le droit à l'erreur" Parlons maintenant de votre arrivée à Valence, avez-vous découvert un autre monde en Espagne ? Je pense que j'ai fait le bon choix, le temps le dira, mais il y a beaucoup de choses différentes par rapport à la France: les entraînements, l'intensité, le groupe, on est 28-29 joueurs. Par exemple, le jour du match, on avait un entraînement le matin, il a fallu que le coach sorte sept joueurs, et pas n'importe qui, il y avait même des internationaux ! Donc, là, on n'a pas le droit à l'erreur, il faut se sentir concerné toute l'année, tous les jours. Et au niveau des supporters, le foot, c'est une religion. Pour le moment, j'apprécie beaucoup. N'était-ce pas risqué d'aller à Valence un an avant l'Euro 2012 ? Tout est risqué. Même si j'étais resté à Lille, en étant champion, Lille aurait pris pas mal de recrues. Le danger est partout, il nous guette, le football est fait de choix et de risques. Il y aura de la concurrence, mais ça va. Sur quoi faites-vous le plus attention dans votre jeu à Valence ? Sur les relances qui sont très importantes pour les Espagnols. On la dégage très rarement, il y a des propositions. Mais j'ai eu la chance d'être avec Rudi Garcia, qui est un Espagnol (d'origine), il nous demandait un peu les mêmes choses au niveau de la relance. C'est quand même un peu différent car les équipes contre qui on joue évoluent différemment. On a joué contre Santander, ils sont arrivés chez nous avec un dispositif en 4-4-2, en France c'est très rare, ça nous a permis de jouer entre les lignes, il y a beaucoup d'espaces. Je pense que je vais m'améliorer, j'espère car aimerais un jour faire partie des grands, et pour ça, j'ai besoin de corriger mes défauts. Aujourd'hui, je travaille pour, je suis bien content d'avoir été à Valence pour corriger ces petits détails. Vous aimez bien monter, avez-vous de la liberté en Espagne ? C'est quartier libre ! Tout le monde peut monter. Un dernier mot sur Lille ? Je les suis, bien sûr, c'est le meilleur début de saison qu'ils ont fait depuis que je suis là-bas (rires). Je crois en eux cette année, ça va être difficile avec des équipes comme Lyon et surtout Paris qui seront au rendez-vous, mais Lille a son mot à dire. Et puis s'il y a moyen qu'on arrête de me comparer à untel ou untel ! Je suis parti, je suis bien là-bas, et les joueurs là-bas sont bien. Chacun a trouvé son petit bonheur !