Räikkönen, un simple rêve ?

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Räikkönen, un simple rêve ?
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Annoncé chez Renault, Kimi Räikkönen ne semble pourtant pas près de rejoindre la firme au losange. Les possibilités de retour du champion du monde 2007 en F1 via l'équipe dirigée par Eric Boullier se heurtent à un écueil de taille: le budget alloué à l'équipe franco-luxembourgeoise face aux émoluments du pilote finlandais, engagé cette saison en WRC. Et la piste Petrov, prêt à prolonger, reprend de l'ampleur...

Annoncé chez Renault, Kimi Räikkönen ne semble pourtant pas près de rejoindre la firme au losange. Les possibilités de retour du champion du monde 2007 en F1 via l'équipe dirigée par Eric Boullier se heurtent à un écueil de taille: le budget alloué à l'équipe franco-luxembourgeoise face aux émoluments du pilote finlandais, engagé cette saison en WRC. Et la piste Petrov, prêt à prolonger, reprend de l'ampleur... Depuis plusieurs semaines, les quatre coins du tumultueux paddock de la F1 s'agitent à l'annonce d'un nom: Kimi Räikkönen. Le pilote finlandais, aux performances inconstantes en rallye, serait prêt à retrouver le baquet d'une F1, quitté fin 2009 après trois saisons chez Ferrari. Encore faut-il trouver un challenge intéressant... Loin d'être évident alors que les mouvements se font rares. Car si dans le passé, Damon Hill (avec Arrows) puis Jacques Villeneuve (avec BAR) ont fait valoir leur statut de champion du monde pour signer un juteux ou amical contrat avec une équipe de fond de grille, "Iceman" semble être suffisamment à l'abri du besoin pour ne pas accepter une place à l'ombre. Le Finlandais demeure ainsi en cette année 2010 le deuxième pilote le mieux rétribué, derrière Fernando Alonso. Et les annonces répétées, parfois relayées par ses agents, au sujet d'un intérêt de Renault ne semblent pas spécialement l'emballer... C'est bien connu, Renault cherche depuis plusieurs semaines un second pilote pour 2011. Les performances très moyennes de Vitaly Petrov, au potentiel difficile à cerner, semblent avoir convaincu l'état major de Renault de chercher ailleurs. Et Räikkönen dispose d'un joli pedigree. Soutenu par Red Bull, dont l'équipe de F1 est motorisée par Renault, l'ancien prodige de Peter Sauber est apprécié pour ses qualités en piste malgré son légendaire mutisme. Problème de taille, le pilote du Junior Team Citroën, engagé ce week-end au rallye d'Alsace, n'apparait pas convaincu par le potentiel de l'équipe française, incapable selon lui de se mêler à la lutte pour le titre mondial. Hors de question de quitter à ce prix un championnat WRC qui l'amuse à défaut d'enrichir son palmarès. Et Petrov ressort du chapeau... Le quotidien finlandais Turun Sanomat, régulièrement présent dans les paddocks, semble d'ailleurs douter de son éventuel retour, confirmant son enthousiasme tout relatif à l'évocation de la marque au losange. Et ce, malgré les récentes déclarations d'Eric Boullier. Le team-manager de Renault F1 s'est en effet livré cette semaine au magazine britannique Autosport: "Forcément, la décision finale se rapproche", reconnaissait t-il au sujet de la nomination du second pilote pour 2011. "Mais nous voulons prendre en considération toutes les options se présentant à nous. J'ai décidé de dire à certains pilotes que nos discussions ne se poursuivraient pas, mais Kimi fait toujours partie des scénarios possibles. J'ai expliqué de nombreuses fois que je voulais le rencontrer avant de faire quoique ce soit. Je veux en savoir plus sur ses motivations concernant cet éventuel come-back." Des motivations qui pourraient surtout se heurter à des problèmes financiers. Genii Capital, à l'origine du rachat de Renault F1 l'hiver dernier, ne dispose pas de fonds illimités. Le salaire imposant du Finlandais pourrait être dès lors un écueil insurmontable. D'autant que Robert Kubica grève déjà sérieusement le budget, nécessitant l'apport de sponsors complémentaires. Une manne qu'apporte un certain Vitaly Petrov, soutenu par des investisseurs russes. Difficile d'ailleurs d'expliquer autrement l'investissement de la marque Lada, présente sur les pontons de la R30. Il sera en plus difficile voire impossible de proposer à l'ancien pilote McLaren et Ferrari un salaire inférieur au Polonais. Ce constat, rédhibitoire, serait d'ailleurs le même pour Timo Glock et Adrian Sutil, également approchés selon la presse allemande. Mais en entretenant la rumeur, Eric Boullier joue une autre carte, celle menant à un certain... Vitaly Petrov. En le mettant en concurrence, l'encadrement s'assure de moindres revendications au moment d'une éventuelle prolongation. Le Russe n'est d'ailleurs pas né de la dernière pluie, conscient de ses atouts. "Je ne suis pas inquiet", affirmait-il à Singapour. "Je ne fais que mon travail propre et je sais ce que je fais. Pourquoi devrais-je m'inquiéter? Les autres devraient être inquiets. Je crois que je vais continuer ici...". Renault, habitué à présenter une paire déséquilibrée ces dernières années, pourrait bien poursuivre dans cette voie. Argent oblige cette fois...