Quitte à disparaître...

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Quitte à disparaître...
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En danger depuis les défaites concédées face à l'AC Milan en Serie A (0-3) puis contre Schalke 04 en quart de finale aller de la Ligue des champions (2-5), Leonardo, l'entraîneur de l'Inter Milan, n'a plus rien à perdre à l'heure de retrouver les Allemands. Quitte à être écarté, autant mourir avec ses idées, et donc jouer le tout pour le tout mercredi à Gelsenkirchen pour réussir l'impossible.

En danger depuis les défaites concédées face à l'AC Milan en Serie A (0-3) puis contre Schalke 04 en quart de finale aller de la Ligue des champions (2-5), Leonardo, l'entraîneur de l'Inter Milan, n'a plus rien à perdre à l'heure de retrouver les Allemands. Quitte à être écarté, autant mourir avec ses idées, et donc jouer le tout pour le tout mercredi à Gelsenkirchen pour réussir l'impossible. Nulles. Voilà comment sont présentées les chances de l'Inter Milan, humiliée la semaine dernière à Giuseppe-Meazza par Schalke 04, de se qualifier pour le dernier carré de la Ligue des champions à la lecture des statistiques. En sept précédents dans les Coupes d'Europe depuis la saison 1970-1971, aucune équipe n'a en effet réussi au retour à se relever d'une défaite sur un tel score (5-2) enregistrée à domicile. Pour la presse italienne, les chances de Leonardo de rester sur le banc du club intériste à l'issue de la saison sont tout aussi nulles, le Brésilien étant considéré comme le premier responsable de cet échec du club champion d'Europe en titre. Si Massimo Moratti, le président de l'Inter, avait beau déclarer au lendemain de ce revers que pour lui "rien n'a changé" concernant l'avenir de son entraîneur, sous contrat jusqu'à l'issue de la saison prochaine, les gazettes transalpines n'ont, elles, pas tardé, comme souvent, à avancer les noms des possibles successeurs de l'ancien Parisien (1996-1997), d'André Villas-Boas, sacré champion du Portugal avec le FC Porto, à Josep Guardiola, l'entraîneur du Barça, en passant par... José Mourinho, qui a quitté l'Inter l'été dernier pour le Real Madrid. La fascination pour l'impossible Autant de techniciens réputés et reconnus pour en remplacer un qui n'en est pas vraiment un, seulement considéré comme un "motivateur" par le Corriere della Sera. "Leonardo a provoqué un désastre. Pas même le présomptueux Johan Cruyff n'aurait laissé une défense si découverte", signait de son côté Il Giornale, quotidien généraliste appartenant à la famille Berlusconi, quand Tuttosport stigmatisait un homme "incapable de concilier ses idées du foot avec le côté concret dont a besoin un entraîneur, incapable de lire un match et de tenter de remédier aux problèmes". Leonardo, un ancien milieu de terrain capable de se transformer en défenseur mais sans cesse mû par la volonté de jouer, hier en tant que joueur comme aujourd'hui depuis qu'il est devenu entraîneur. Un état d'esprit qui a permis à l'Inter de tourner plus rapidement la page Benitez, fort d'une série de 12 victoires lors de ses 15 premiers matches, mais qui depuis se heurte à la réalité parfois froide du football de haut niveau dont José Mourinho, pour ne citer que lui, avait compris toutes les subtilités jusqu'à réussir la performance d'éliminer le Barça sur la route du titre européen. La défaite concédée face à l'AC Milan (0-3), dans un match qui pouvait permettre à l'Inter de revenir sur le rival lombard, était un premier avertissement. Pour l'avoir ignoré, le Brésilien a vu son équipe sombrer mardi dernier contre Schalke 04 malgré l'ouverture du score rapide de Stankovic. Leonardo s'en relèvera-t-il ? La réponse appartient en grande partie à son président. Peut-il encore faire machine arrière ? Non. L'entraîneur nerazzurro n'y aurait aucun intérêt, lui qui doit maintenant trouver la clé pour permettre à son équipe de réussir l'impossible, à savoir renverser trois buts d'écart. Un miracle qui, finalement, n'a de chance de se réaliser qu'en suivant la philosophie ultra-joueuse de Leonardo, bien décidé à mourir avec ses idées et peut-être aidé par le retour annoncé de Walter Samuel en défense central. "Il s'agit de rester concentrés pour réussir ce qui semble impossible. Et c'est justement ce côté impossible qui rend ce match si intriguant", déclare le président Moratti à propos de ce rendez-vous. Autant que l'avenir de Leonardo en Lombardie...