Quesada: "Tout peut arriver"

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Quesada: "Tout peut arriver"
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Après avoir disputé deux Coupes du monde (1999 et 2003) sous le maillot des Pumas argentins, Gonzalo Quesada s'apprête à vivre la prochaine en Nouvelle-Zélande dans le staff technique de l'équipe de France. Spécialiste des buteurs et du jeu au pied, l'ancien demi d'ouverture, âgé de 37 ans, est persuadé que les Bleus peuvent aller loin et redoute un quart entre la France et l'Argentine.

Après avoir disputé deux Coupes du monde (1999 et 2003) sous le maillot des Pumas argentins, Gonzalo Quesada s'apprête à vivre la prochaine en Nouvelle-Zélande dans le staff technique de l'équipe de France. Spécialiste des buteurs et du jeu au pied, l'ancien demi d'ouverture, âgé de 37 ans, est persuadé que les Bleus peuvent aller loin et redoute un quart entre la France et l'Argentine. Gonzalo, quel est aujourd'hui votre rôle dans l'encadrement de l'équipe de France ? Ça a évolué. J'ai commencé comme entraîneur des buteurs en 2008. Après, j'ai continué à être entraîneur des buteurs, mais je suis passé responsable du jeu au pied directement dans le staff du XV de France, et donc à plein temps avec l'équipe. Dernièrement, je suis toujours responsable du jeu au pied, je m'occupe des buteurs, mais je collabore aussi dans le jeu, dans les entraînements, surtout avec les trois-quarts et Emile Ntamack. Qui sont les buteurs dont vous vous occupez durant ce stage de préparation ? Il y a surtout Morgan Parra, Dimitri Yachvili, David Skrela, François Trinh-Duc et Alexis Palisson. Ce sont les cinq joueurs prioritaires pour ce rôle. Il y en a encore un ou deux qui pourraient buter, mais ce sont eux cinq qui seront en charge du boulot de buteur. Les trois premiers sont titulaires et sont les premiers choix. Y a-t-il des choix par rapport aux distances, si ce sont des pénalités longues ou courtes distances ? Oui, il y a aussi des mecs comme Damien Traille ou Cédric Heymans qui peuvent se charger des pénalités de loin. Mais bon, l'idée, c'est qu'on travaille avec les cinq et que les entraîneurs aient le plus de choix possibles pour ne pas faire jouer l'un ou l'autre juste pour avoir un buteur. On vous sent de plus en plus intégré et impliqué au sein de ce staff de l'équipe de France ? Oui, on échange beaucoup depuis trois ans, et ça se fait naturellement désormais. On se voit tous les jours pour parler du pourquoi, du comment. Forcément, à partir du moment où mon truc, c'est le jeu au pied et les buteurs, c'est sur ces aspects-là que l'on me demande mon avis. Et si on ne me le demande pas... je le donne quand même ! (rires)"Si c'est l'Argentine, ça va être ultra-dur !" A deux mois du coup d'envoi de la compétition, comment sentez-vous cette Coupe du monde pour les Bleus ? Je crois que ça va beaucoup dépendre de ces deux mois de préparation. On a une équipe qui a un beau potentiel. On n'a pas d'énormes noms, de grosses stars comme dans les autres équipes, ou dans les anciennes équipes de France. Mais on a un très bel état d'esprit, les joueurs sont super bosseurs. Je crois que si on garde cet état d'esprit, cette envie de s'entraîner, de partager des émotions dans cette aventure, tout peut arriver. On a une poule dans laquelle on peut vraiment finir premier ou deuxième et se qualifier pour les quarts. Si on fait les choses comme il faut, on peut arriver avec une belle équipe en quarts et battre n'importe qui. Et si cette équipe s'avère être l'Argentine, comme l'appréhenderez-vous personnellement ? Si c'est l'Argentine, ça va être ultra-dur ! J'espère que non. Quand j'ai vu le tirage au sort, que nos deux poules se croisaient, franchement, ça m'a fait quelque chose. Bon, je me suis habitué, on les joue souvent, j'ai les choses qui sont très claires dans ma tête et dans mon coeur. Là, je suis ultra-engagé avec ce staff et cette équipe. Mais, espérons que ça n'arrive pas... Pour finir, quel est votre plus beau souvenir en Coupe du monde ? C'était en 1999. C'était une Coupe du monde qui démarre très bizarrement pour nous. On a eu plein de conflits en Argentine. Notre entraîneur avait démissionné à trois semaines du départ. On s'est retrouvé avec Alex Wyllie, qui était juste consultant, comme entraîneur. Mais on a eu tellement la trouille d'être ridicules que le groupe, au lieu d'éclater, s'est resserré et les bonnes valeurs sont ressorties. On a vécu une aventure énorme. On a failli battre les Gallois chez eux au Millennium en match d'ouverture, on a ensuite gagné tous nos matches de poules, et ensuite, on a battu l'Irlande dans un espèce de huitième de finale. On s'est retrouvés en quarts contre la France, mais on était défoncés car on avait fait la fête les jours précédents donc ça s'est arrêté là. J'ai eu l'énorme plaisir d'être meilleur buteur de la compétition, donc c'est vraiment un grand souvenir. Tout ce qu'il s'est passé dans cette aventure a été énorme.