Quand Blanc s'agace...

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Quand Blanc s'agace...
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Au lendemain de la victoire de l'équipe de France en Albanie, Laurent Blanc est revenu samedi devant la presse sur la prestation des Bleus. S'il n'a pas tari d'éloges sur Benzema, Lloris ou M'Vila, meilleurs Tricolores sur la pelouse du Qemal Stafa Stadium, le sélectionneur s'est ensuite agacé lorsqu'il a été interrogé, directement ou indirectement, sur le cas Samir Nasri...

Au lendemain de la victoire de l'équipe de France en Albanie, Laurent Blanc est revenu samedi devant la presse sur la prestation des Bleus. S'il n'a pas tari d'éloges sur Benzema, Lloris ou M'Vila, meilleurs Tricolores sur la pelouse du Qemal Stafa Stadium, le sélectionneur s'est ensuite agacé lorsqu'il a été interrogé, directement ou indirectement, sur le cas Samir Nasri... Le jeu du chat et de la souris. Après avoir regardé un résumé de la rencontre Albanie-France concocté pour l'émission Téléfoot de dimanche, Laurent Blanc s'est présenté samedi devant une assistance garnie venue l'entendre dans un salon de l'hôtel Sheraton de Tirana sur son analyse a posteriori de la prestation de ses joueurs. "L'analyse est la même, a-t-il attaqué. Même si on a été ballottés en milieu de seconde période, la victoire est méritée, mais ça a été très très compliqué. Les Albanais ont repris de l'oxygène en deuxième mi-temps, mais on les a bien aidés. Ce résumé m'a permis de voir certaines choses qu'on ne voit pas en match, et j'ai vu des erreurs individuelles importantes qui ont permis aux Albanais de reprendre confiance, mais le score est le même..." Très vite, les questions ont ensuite porté sur les prestations individuelles, particulièrement sur celle de Samir Nasri, transparent vendredi, donnant un dialogue de plus en plus tendu entre le sélectionneur et ses interlocuteurs. Question: "Vous espériez que certains joueurs reproduisent en sélection ce qu'ils font en club, est-ce le cas ?" Réponse: 'Pour certains, oui, pour d'autres un peu moins." Relance: "Pour qui ?" Blanc: "Ça, c'est à vous de le dire... Vous le savez puisque vous m'avez déjà posé la question hier..."(Rires dans l'assistance) Je ne plaisante pas. Je vous donne ma réponse: je ne parlerai plus individuellement des joueurs, voilà ce que vous avez gagné, je parlerai de secteurs de jeu, mais plus de commentaires particuliers." Nouvelle relance: "Pourquoi, ça a créé des problèmes dans le groupe ?" Réponse du sélectionneur: "Oui, ça crée surtout des problèmes là où il n'y en a pas. On n'a pas besoin de ça, on a suffisamment de choses à régler, alors s'inventer des problèmes par rapport aux commentaires individuels, je vais m'en passer pour quelque temps. Ça ne fait pas avancer les choses, d'autant qu'il n'y a pas de problèmes.""On a gagné, rassurez-moi !" Curieusement, quelques questions plus tard, le «Président» acceptera de se pencher sur les performances individuelles des meilleurs hommes du match: Hugo Lloris, Yann M'Vila - "Il a fait un très très bon match. Dans le domaine de la passe, de l'assurance technique, il offre certaines garanties. Je ne sais pas s'il va devenir indispensable, mais on a besoin de lui" -, et surtout Karim Benzema: "Je l'ai toujours trouvé très fort, encore fallait-il qu'il le confirme sur le terrain. Il l'avait fait à Lyon, vous étiez tous unanimes à juste titre pour dire que c'était un joueur à potentiel fantastique. Là, il est en train de le reconfirmer à Madrid, ce qui lui fait prendre une dimension supplémentaire." Et l'intéressé de se féliciter au passage de la justesse des analyses du Madrilène à qui il conseille en sus de s'ouvrir. "Il faut qu'il sourie". Relance immédiate: "Samir Nasri lui, ne sourit pas beaucoup..." Et Blanc de s'agacer: "Par tous les détours, vous voulez me ramener à lui, on parle de Karim et tout d'un coup par un détour extraordinaire, on reparle de Samir !" Cette fois, le message est compris, le sujet du néo-Mancunien ne sera quasiment plus évoqué, ou à mots très couverts, parlons alors de ce qui a le plus désolé le sélectionneur sur le but encaissé en début de seconde période. Réponse « présidentielle »: "On parle de «désolé», mais on a gagné, rassurez-moi ! Je vais vous dire ce que je pense: il y a une analyse à faire du match, vous avez raison de la faire. Moi, je veux bien parler de Hugo Lloris qui a été bon, je reconnais que les Albanais nous ont posé des problèmes, mais il ne faudrait pas que l'analyse soit toujours - et malheureusement, c'est ce que je constate - dans le domaine du négatif. C'est vrai que ça vous intéresse, ça m'intéresse aussi, parce que c'st l'occasion d'améliorer les choses, c'est mon travail, OK. Mais à un moment donné, il y a d'autres choses, il n'y a pas des motifs de satisfaction hier ?" Parmi lesquels, pour Laurent Blanc, l'animation offensive, à ses yeux en nets progrès. "Dans le mouvement offensif, même s'il n'a pas été extraordinaire, il y a du progrès. On mène 2-0 au bout de vingt minutes, on se crée quelques occasions, on a trois poteaux, ça n'a pas toujours été le cas." Et le sélectionneur d'ajouter, à propos de certaines critiques: "Si vous trouvez offensivement qu'on a été moyens ou pas bons, contre la Biélorussie, on avait quoi ? Au niveau offensif, il n'y avait rien, peu de mouvements, peu de débordements sur les côtés, pas d'occases ou très peu, c'est pour ça que je vous dis qu'on avance. Je ne vais pas sauter au plafond, mais on progresse. On est en phase de construction, vous l'oubliez parfois, et j'estime, c'est le plus important, qu'on avance." Le débat sur Nasri, lui, n'aura pas avancé...