Pyeongchang préférée à Annecy

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Pyeongchang préférée à Annecy
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Donnée favorite depuis plusieurs semaines, Pyeongchang sera la ville hôte des Jeux olympiques d'hiver en 2018. Candidate pour la troisième fois, la cité coréenne a été préférée à Munich et Annecy, une décision prise dès le premier tour de votes ce mercredi à Durban par le Comité international olympique (CIO). Pour Annecy, il n'y a pas eu de miracle...

Donnée favorite depuis plusieurs semaines, Pyeongchang sera la ville hôte des Jeux olympiques d'hiver en 2018. Candidate pour la troisième fois, la cité coréenne a été préférée à Munich et Annecy, une décision prise dès le premier tour de votes ce mercredi à Durban par le Comité international olympique (CIO). Pour Annecy, il n'y a pas eu de miracle... L'abnégation a fini par payer. Recalée en 2010 et 2014 au profit respectivement de Vancouver et de Sotchi, Pyeongchang sera la ville hôte des Jeux Olympiques d'hiver en 2018. Une décision prise mercredi à Durban, en Afrique du Sud, à la majorité (63 des 95 membres votants) par le Comité international olympique (CIO) à la surprise de son Jacques Rogge. "Je suis surpris par l'écart aussi", a-t-il avoué. Donnée favorite depuis plusieurs semaines, une position d'autant plus vraie que le CIO a pris pour usage d'offrir l'organisation des Jeux alternativement aux continents, la cité sud-coréenne a donc su convaincre les membres du CIO de voter utile d'entrée, condamnant les chances de Munich et Annecy, les deux autres villes candidates à l'organisation des ces JO d'hiver. Ce cadeau offert à la Corée du Sud, organisatrice des JO d'été en 1988 à Séoul, valide le développement des infrastructures engagées par Pyeongchang depuis son premier acte de candidature. "Nous l'avons attendu depuis longtemps", a convenu le chef de la candidature sud-coréenne, Cho Yang-ho. Le CIO y a vu la formidable occasion d'ouvrir un nouveau marché de sports d'hiver. Face à cette réalité économique, Munich (23 voix) et surtout Annecy (7 voix), deux villes qui se sont fait concurrence entre elles, n'ont pas existé. Un fiasco annoncé pour la candidature haut-savoyarde qui cumulait les handicaps : manque de mobilisation de la population locale, retard à l'allumage (le comité de candidature a changé plusieurs fois d'organisation et de têtes d'affiche), faiblesse de son budget (deux à trois fois moins que ceux de ses concurrentes) ou encore déficit de sa stratégie de lobbying. Cap sur Paris 2024 ? L'absence de Nicolas Sarkozy en Afrique du Sud, quand ses homologues allemand et sud-coréen avaient fait le déplacement, ne trompait pas, le président de la République ne voulant pas être associé à une très probable débâcle (il a préféré envoyer son Premier ministre, François Fillon, au casse-pipe...). Pas plus que l'optimisme de façade de Charles Beigbeder, le président du Groupement d'intérêt public d'Annecy, ou de la ministre des Sports, Chantal Jouanno. Pour autant, le camp français, qui espérait convaincre le CIO de l'authenticité de sa candidature (sites naturels, qualité des aménagements, respect de l'environnement...), ne s'attendait pas à une telle claque. "C'est sévère", a reconnu Denis Masseglia, le président du CNOSF sur France Télévisions. "C'est la douche froide, la douche glacée, on connaissait la difficulté de la tâche, mais on a fait une bonne présentation, chacun a donné le maximum de lui-même. Mais sept voix...", a renchéri Guy Drut, membre français du CIO, suivi par Chantal Jouanno: "C'est dur à encaisser pour le sport français. Mais on va apprendre de cette défaite, peut-être n'a-t-on pas assez appris de nos défaites précédentes, on va donc débriefer et analyser tout ce qu'il faut améliorer." Drut a son idée: "Ce qui nous manque est de choisir le bon moment pour présenter une candidature, de se présenter quand on a de plus grandes chances de gagner, là on partait avec un handicap à cause des jeux de Sotchi, les gens du CIO le considère en Europe donc avec l'alternance des continents c'était impossible de gagner." "Nous sommes désormais tournés vers l'avenir", a tenté de Gwendal Peizerat, le champion olympique 2002 de danse sur glace. Et l'avenir, ce sera peut-être les Jeux Olympiques 2024 à Paris, 100 ans après... "C'est beaucoup trop tôt pour parler d'une nouvelle candidature en 2024, il ne faut pas lancer cela sur un coin de table", a freiné Jouanno. "La décision appartient au président de la République et au CIO français", a botté en touche Drut. Pourtant, s'il y a bien une leçon à retenir de Durban, c'est la persévérance enfin récompensée de Pyeongchang. Une source d'inspiration pour Paris qui reste sur deux échecs (2008 et 2012) ?