Puel parle enfin

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Puel parle enfin
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Bien peu habitué aux déclarations fracassantes, Claude Puel a amorcé un début de confidence dans les colonnes du mensuel rhodanien Lyon Capitale. Si l'entraîneur lyonnais admet que sa méthode a pu paraître "abrupte", il n'hésite pas non plus à remettre en cause la stratégie de ses dirigeants, notamment au niveau de la communication. Ces propos prêteront-ils à conséquence ?

Bien peu habitué aux déclarations fracassantes, Claude Puel a amorcé un début de confidence dans les colonnes du mensuel rhodanien Lyon Capitale. Si l'entraîneur lyonnais admet que sa méthode a pu paraître "abrupte", il n'hésite pas non plus à remettre en cause la stratégie de ses dirigeants, notamment au niveau de la communication. Ces propos prêteront-ils à conséquence ? Claude Puel qui parle, ça existe. Entendons par là un Claude Puel qui s'épanche, se livre à peu près à coeur ouvert. Nos confrères de Lyon Capitale ont eu ce privilège, et le résultat n'est pas dénué d'intérêt. L'entraîneur lyonnais a passé en revue l'ensemble de son parcours jusqu'ici sur le banc des Gones, et les tensions qui l'ont accompagné, notamment en cette première partie de saison. Et en premier lieu, Puel n'hésite pas à égratigner quasiment de front ses dirigeants: "Quand il y a deux, trois mauvais résultats qui se suivent, automatiquement, on a tendance à monter les gens les uns contre les autres. Surtout dans des périodes qui mériteraient d'avoir plus de calme. C'est un petit peu les progrès qu'on doit faire à Lyon. D'être en capacité de passer les mauvais moments en étant plus posés. De faire preuve en interne de plus de sérénité." Le message est lancé, reste à voir de quelle façon Jean-Michel Aulas l'interprétera. Le président lyonnais n'a pas vraiment pour habitude de se faire conseiller par ses entraîneurs, et cette sortie médiatique de Puel intervient à un moment a priori peu propice, puisque le climat est redevenu plutôt serein à l'OL. En dépit de l'élimination la semaine passée en Coupe de France à Nice (0-1 a.p.), les Rhodaniens sont qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions qui les verra affronter le Real Madrid, et restent totalement en course pour le titre de champion de France, revenus à quatre points du leader lillois et actuellement sur une série de 13 matches sans défaite en Ligue 1. "Après le Barça en 2009, une vraie dépression" Pour se permettre de telles déclarations, soit Puel en a parlé avec son président avant, soit l'entraîneur lyonnais sait que son avenir s'inscrit toujours en pointillés du côté de Gerland. La deuxième hypothèse semble la plus probable, à la lecture de ses dires: "En l'état actuel, je ne pense pas que mon contrat sera prolongé (rires). Donc, je ne me pose même pas la question. Simplement, j'ai un contrat que j'honorerai (...) Mon cas personnel est secondaire. Je n'y pense pas. Un entraîneur vit dans la précarité. Son action est toujours dans le moyen terme, dans la construction. Même si j'ai conscience que tout peut s'arrêter à tout moment." Malgré tout, cette nouvelle attitude face à la presse, plus ouverte, ne doit pas forcément déplaire à Jean-Michel Aulas, qui l'avait réclamé. Surtout que Claude Puel n'a pas non plus rechigné à faire son autocritique. Toujours dans la nuance, mais une autocritique quand même, à propos de son fonctionnement un peu dur dans le management. "Je l'ai peut-être fait de manière trop abrupte. Malgré les titres acquis, le groupe avait perdu un peu de rigueur, de discipline. Il fallait remettre tout ça en place (...) Lorsqu'on n'établit pas de règles internes, il y a des abus. Chacun fait ce qu'il veut et ça ne va pas. On peut me reprocher d'avoir été strict. Mais si vous allez à Barcelone, il y a des règles bien plus sévères que ce que j'ai pu mettre en place à l'Olympique lyonnais." Si la comparaison avec le Barça est elle aussi un peu abrupte, l'ancien Lillois a au moins le mérite d'argumenter sa façon de gérer un groupe, aussi talentueux qu'il soit sur le papier. "Après l'élimination contre Barcelone en C1 en 2009, la saison était terminée. C'était une vraie dépression. Plus rien ne les intéressait, ils ne voulaient plus s'entraîner, jouer..." Maintenant, l'OL va mieux et Claude Puel aussi. Pour combien de temps, c'est une autre question.