PSG, une vente en question

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PSG, une vente en question
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Si le mystère plane encore sur l'identité du nouvel actionnaire principal du Paris Saint-Germain, Sébastien Bazin ayant refusé de divulguer mardi en conférence de presse l'identité de ce dernier et le montant de la transaction, l'arrivée de cet investisseur qatari va entraîner de profonds bouleversements au sein du club de la capitale. Tour d'horizon de ce qui pourrait changer du côté du PSG dès la saison prochaine.

Si le mystère plane encore sur l'identité du nouvel actionnaire principal du Paris Saint-Germain, Sébastien Bazin ayant refusé de divulguer mardi en conférence de presse l'identité de ce dernier et le montant de la transaction, l'arrivée de cet investisseur qatari va entraîner de profonds bouleversements au sein du club de la capitale. Tour d'horizon de ce qui pourrait changer du côté du PSG dès la saison prochaine. Colony Capital se désengage-t-il du club ? Actionnaire du Paris Saint-Germain depuis 2006, Colony Capital n'a jamais caché, par le biais de son responsable Europe, Sébastien Bazin, que sa mission au sein du club de la capitale serait de courte durée, le but étant à termes de réaliser une juteuse opération immobilière en récupérant la concession du bail emphytéotique du Parc des Princes (bail immobilier de 99 ans) détenu jusque-là par la Mairie de Paris. Mais, après avoir consenti beaucoup d'efforts sur le plan financier pour présenter une équipe compétitive, le fonds d'investissement américain avait besoin d'un partenaire financier solide pour mener à bien son projet. Selon L'Equipe, il s'agirait de Qatar Sports Investments (QSI), une filiale de Qatar Investment Authority (QIA), fonds d'investissement de l'Etat du Qatar. Colony Capital conserve tout de même 30% des parts du club. "La route n'est pas finie. Nous avons fait 60% du chemin. Cette saison, il y a une grande confirmation du talent sur le terrain et de l'équipe dirigeante. Nous voulons aller jusqu'au bout. Je n'ai pas pour habitude de partir d'un investissement quand cela marche bien. Notre priorité a toujours été donnée aux valeurs et à l'image du club, aux supporters, au palmarès. L'objectif dans un second temps de réaliser un très beau projet immobilier et optimiser les recettes pour consolider le PSG. J'espère que notre grand frère qatari va nous permettre d'atteindre les 100%", a ainsi confié Sébastien Bazin mardi en conférence de presse. Robin Leproux et Antoine Kombouaré vont-ils conserver leur place ? C'est le souhait de Sébastien Bazin, satisfait du travail du président, qui a notamment réussi à pacifier les tribunes du Parc des Princes, et des résultats de l'équipe, malgré la déception ne pas avoir réussi à décrocher la troisième place synonyme de qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des champions. Mais ce dernier a également précisé que le nouvel actionnaire "aura la mainmise sur toutes les grandes décisions". S'il n'a pas encore rencontré les représentants du groupe qatari, le président Robin Leproux se félicite de cette arrivée et se montre déterminé à vouloir poursuivre sa mission: "C'est un moment historique pour le club, c'est un actionnaire plein de promesses. Nous sommes très enthousiastes. Je considère cela comme une chance, au même titre que l'ensemble de l'équipe et nous sommes encore plus motivés". Même son de cloche pour Antoine Kombouaré, qui préfère toutefois rester prudent dans les colonnes du Parisien: "Est-ce qu'il va nous faire confiance ? Je l'espère, mais je n'en sais rien, confie-t-il, pragmatique. S'il veut continuer avec nous, tant mieux. Si c'est sans nous, son arrivée est de toute façon une très bonne nouvelle pour le PSG. Il va y avoir des moyens nouveaux et importants". A priori, tout le monde est d'accord pour que l'équipe dirigeante actuelle reste en place, mais est-ce l'avis du nouveau propriétaire du PSG ? Le PSG va-t-il bénéficier d'un budget plus important pour recruter ? Si aucun chiffre n'a été divulgué, le budget du club et notamment l'enveloppe consacrée au marché des transferts devrait a priori augmenter, même si Sébastien Bazin a joué la prudence. "Nous avons bâti ensemble le budget de l'an prochain. Il a été déposé à la DNCG. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a une vraie volonté de la part du nouvel investisseur de développer et de participer activement au mercato. On leur a présenté le budget et ils ont adhéré. Il sera sensiblement le même que celui de cette année. Mais je n'ai pas de raisons de croire que le budget alloué la saison prochaine soit inférieur au précédent. Ce que je peux vous dire c'est que cet investisseur vient pour que ce club soit au premier niveau français et européen". Le club devrait ainsi avoir les moyens pour tenter d'attirer les joueurs ciblés par Antoine Kombouaré: Nicolas Douchez, Alou Diarra, Dimitri Payet, Kévin Gameiro, Nenad Kovacevic. Quel est le but recherché par l'investisseur qatari ? Bénéficiant de moyens colossaux, les fonds qataris, soutenus par l'Etat, investissent de plus en plus dans le monde du sport. Un membre de la famille princière du Qatar, le Cheikh Abdallah Ben Nasser Al-Thani, a ainsi racheté le club espagnol de Malaga l'an dernier, alors que la société suisse de vêtements de sport Burrda Sport, propriété d'un fonds d'investissement qatari, inonde peu à peu le marché européen. En France, la marque sera ainsi l'équipementier de l'OGC Nice dès la saison prochaine. De son côté, la chaîne Al-Jazeera Sport a acquis la semaine dernière les droits de la Ligue 1. Soucieux de son image et désireux de s'investir de plus en plus dans le sport, le Qatar avait ainsi besoin d'une vitrine pour s'ouvrir au marché européen. La valorisation des clubs français étant encore plutôt basse comparée aux clubs anglais, espagnols ou italiens, le Paris Saint-Germain faisait donc figure de cible idéale. "Je pense qu'ils devraient être là pour un long moment. Le but est de développer le PSG mais aussi l'image du Qatar au sein de la ville de Paris. Un projet qui s'inscrit dans un horizon très lointain", a expliqué Sébastien Bazin. Organisateur de la Coupe du monde 2022, dont l'attribution suscite la polémique, le Qatar, outre l'aspect financier, a besoin de convaincre les acteurs du ballon rond de son sérieux et de son intérêt sincère pour le football.