Prime au jeu sur l'enjeu ?

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Prime au jeu sur l'enjeu ?
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A deux journées du couperet final, sept équipes se tiennent encore en trois points pour éviter d'accompagner Lens et Arles-Avignon à l'étage inférieur l'an prochain. Une destinée qui passe par des stratégies de jeux très différentes selon les menacés, entre volonté de ne pas renier ses valeurs offensives pour certains (Caen, Valenciennes) et retour aux fondamentaux pour d'autres (Monaco, Nice). Qui aura raison ?

A deux journées du couperet final, sept équipes se tiennent encore en trois points pour éviter d'accompagner Lens et Arles-Avignon à l'étage inférieur l'an prochain. Une destinée qui passe par des stratégies de jeux très différentes selon les menacés, entre volonté de ne pas renier ses valeurs offensives pour certains (Caen, Valenciennes) et retour aux fondamentaux pour d'autres (Monaco, Nice). Qui aura raison ? Monaco, 18e (41 points) L'égalisation aussi belle qu'inutile de Raphaël Varane, dimanche face à Monaco (1-1), a forcément donné des regrets aux Lensois, mais pas uniquement. Elle a également précipité la chute de l'ASM dans la zone rouge. Alors que l'on pensait les Asémistes sortis de la panade, au prix d'une rigueur défensive retrouvée sous l'arrivée de Laurent Banide, ce match nul, le troisième en quatre rencontres, en fait un candidat sérieux à la descente. Les joueurs de la Principauté, loin du football champagne, ont bien compris que la fin de saison n'était pas un concours de beauté mais bel et bien un combat de longue haleine. Mais leur indigence offensive - Monaco a marqué 0,97 but par match, ce qui égale sa plus mauvaise saison en attaque dans l'élite - ne leur permet pas d'avancer à un rythme grandiloquent. Vont-ils s'en sortir comme des princes ? Calendrier: Va à Montpellier, reçoit LyonNancy, 17e (42 points) L'instinct de survie. Le match le plus important de la dernière décennie, selon le président nancéien Jacques Rousselot, s'est transformé en démonstration collective face à Nice (3-0). Si ce large succès est à nuancer, eu égard à la désunion des Azuréens après l'expulsion de Renato Civelli, le retour en forme de joueurs comme le buteur Youssouf Hadji arrive au meilleur moment pour des Lorrains qui restaient sur une série de sept matches de rang sans victoire. Nancy, assez limité techniquement (ratio de passes ratées le plus élevé du championnat (106/match), ne sera jamais une équipe au football total mais l'efficacité retrouvée de son attaquant marocain tout comme la grinta de son milieu de terrain sont des baromètres à la bonne tenue du groupe de Pablo Correa. Suffisant pour le maintien ? Calendrier: Va à Rennes, reçoit LensNice, 16e (43 points) Corrigé à Nancy (3-0), quinze jours après une autre fessée sur sa pelouse face à Caen (0-4), Nice a perdu une nouvelle occasion de boucler son maintien tout en relançant deux concurrents directs. Avec deux points de marge sur le premier relégable, les Azuréens n'ont plus vraiment le droit à l'erreur, d'autant qu'ils affichent la pire différence de buts (-16) des équipes luttant encore pour ne pas descendre. Une hérésie pour un groupe longtemps solide défensivement mais qui a encaissé la bagatelle de 18 buts lors des huit dernières journées. Pourtant, cette soudaine perméabilité n'est pas due à un putsch offensif mais à une rigueur moindre dans chaque secteur de jeu. Un fléchissement dont David Ospina, responsable sur plusieurs buts concédés, est le symbole. "La force d'un joueur, c'est de se relever" ne cesse de clamer l'entraîneur Eric Roy. Ses joueurs y parviendront-ils ? Calendrier: Reçoit Lorient, va à ValenciennesBrest, 15e (43 points) Après une première partie de saison très réussie, le Stade Brestois s'est écroulé progressivement et se retrouve désormais dans une situation très inconfortable. Et encore, Mario Licka, en égalisant d'une belle reprise contre Lyon lundi (1-1), a empêché une fin d'exercice encore plus pénible. Car depuis janvier, les protégés d'Alex Dupont n'ont remporté que trois matches pour cinq nuls et huit revers, soit le pire bilan de la phase retour, exception faite d'Arles-Avignon. La longue indisponibilité du buteur Nolan Roux, six réalisations cette saison, pèse forcément dans la balance mais c'est surtout le manque d'agressivité dans les duels et la naïveté d'un onze encore trop tendre qui a fait dire à son entraîneur à divers reprises que Brest "n'a rien à faire en Ligue 1 !" Au vu des séquences entrevues jusqu'à l'hiver dernier, ses joueurs ont bien l'intention de lui montrer le contraire. Calendrier: Va à Auxerre, reçoit ToulouseCaen, 14e (44 points) A en croire tous les amoureux de beau jeu, les esthètes du football, les Normands mériteraient de rester une année supplémentaire dans l'élite. Même dos au mur, Caen, 7e attaque de L1 et 18e défense, n'a jamais renié sa philosophie mais ne s'attendait pas à ce que la barre salvatrice synonyme de maintien soit placée si haut. "Si on nous avait dit qu'il faudrait 50 points pour se maintenir"... riait jaune Romain Inez dans les couloirs d'Ornano dimanche soir, après un succès flatteur face à Montpellier (2-0). Son calendrier démentiel - un déplacement à Lyon et la réception de l'OM - ainsi que sa faible marge de manoeuvre laissent envisager le pire pour les hommes de Franck Dumas, qui restent néanmoins soudés dans la difficulté: "On est là, et on va aller à Lyon pour se lâcher, on donnera tout jusqu'au bout", résumait Romain Hamouma mardi en conférence de presse. Une méthode Coué qui leur portera chance ? Calendrier: Va à Lyon, reçoit MarseilleToulouse, 13e (44 points) A force de jouer avec le feu, Toulouse est en train de se brûler les ailes. Si le revers enregistré dimanche à Arles-Avignon (1-0), lanterne rouge déjà condamnée, n'a rien de déshonorant, il marque cependant l'impossibilité garonnaise de se mettre à l'abri d'une éventuelle descente. Alain Casanova est forcément inquiet alors que son équipe n'a que trois points d'avance sur le premier relégable: "Je ne sais pas si on a pris conscience qu'on n'est pas encore sauvés. On n'arrête pas de dire que ça suffira mais il faut continuer à cravacher." Peut-être que le TFC devrait enfin aller de l'avant pour arracher ces points ? Car la formation de la Ville Rose est l'une des deux équipes à moins de dix tirs par match en moyenne. Son jeu stéréotypé - Toulouse commet le plus de fautes en Ligue 1 et est troisième au niveau des formations à abuser du jeu long - en fait un adversaire prévisible et inoffensif. Son avenir est aujourd'hui en péril. Calendrier: Reçoit Bordeaux, va à BrestValenciennes, 12e (44 points) Valenciennes, qui n'a jamais été relégable cette saison, n'a vraiment pas le profil pour descendre. Mais l'incapacité des Nordistes à gagner des matches, en témoignent leurs six nuls lors des neuf dernières journées, les a laissés à portée de fusil des autres concurrents pour le maintien. A l'image de Caen, les joueurs de l'Artois ne se sont jamais reniés et ont continué à produire du jeu malgré les coups durs et les désillusions, avec notamment un nombre de points perdus incroyable en fin de match. Seule certitude pour VA, celle d'avoir son destin au bout de ses crampons avec notamment un joker au Vélodrome samedi avant de recevoir Nice lors de la dernière journée. Une rencontre qui pourrait compter pour du beurre si les autres équipes restaient à quai. Un scénario que Philippe Montanier, fidèle à ses valeurs, ne veut pas imaginer : "On ne veut compter que sur nous". C'est tout à son honneur. Calendrier: Va à Marseille, reçoit Nice