Président démâte, Foncia s'arrête

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Président démâte, Foncia s'arrête
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Jusqu'ici préservée des soucis techniques, la Barcelona World Race a vécu deux premiers coups de théâtre en ce début de semaine: lundi soir, Jean Le Cam et Bruno Garcia ont annoncé le démâtage de Président, tandis que mardi matin, Michel Desjoyeaux et François Gabart ont fait part de leur décision de s'arrêter au Brésil pour remplacer la crash-box de Foncia. Quant à Alex Thomson, il a reporté son retour sur la course, son bébé étant malade.

Jusqu'ici préservée des soucis techniques, la Barcelona World Race a vécu deux premiers coups de théâtre en ce début de semaine: lundi soir, Jean Le Cam et Bruno Garcia ont annoncé le démâtage de Président, tandis que mardi matin, Michel Desjoyeaux et François Gabart ont fait part de leur décision de s'arrêter au Brésil pour remplacer la crash-box de Foncia. Quant à Alex Thomson, il a reporté son retour sur la course, son bébé étant malade. Frappée lors de sa première édition par de nombreux abandons pour cause de démâtage, la Barcelona World Race a renoué lundi soir avec cette funeste histoire lorsque Jean Le Cam et Bruno Garcia ont prévenu la direction de course que Président venait de démâter. Joint mardi matin pour une vacation spéciale, Jean Le Cam est revenu sur les circonstances de l'avarie: "Le démâtage s'est passé vers 19h00 TU (20h, heure française), juste avant la tombée de la nuit. Il y avait 20-25 noeuds de vent. Nous étions sous gennaker et grand-voile haute. Nous avons planté dans un train de vagues d'alizés assez courtes. Cela n'avait rien d'exceptionnel. Le pourquoi du comment, je n'en sais rien. J'étais à la barre à ce moment-là alors que Bruno se trouvait à la table à carte. Ce n'était même pas un enfournement, c'était un petit planté comme cela nous est arrivé une vingtaine de fois. Au niveau du mât, nous avons planté, nous avons entendu «crac» et le fagot était par terre. Le temps que tu lèves la tête et il n'y a plus de mât ! Difficile donc de savoir ce qui s'est passé. Le mât s'est cassé, il n'est pas parti sur l'avant. Le mât a dû se casser en plusieurs morceaux. Mais je ne peux pas dire en combien. Tout est tombé à l'eau." Dans ce genre de cas de figure, un marin aussi aguerri que Jean Le Cam, qui n'en est malheureusement pas à son premier démâtage (il avait connu pareille fortune de mer sur son ancien Bonduelle lors d'une Calais Round Britain Race), sait vite quels réflexes avoir: "Le souci, qui est toujours le même, est d'éviter d'abîmer la coque. Le mât était sur le côté, il a donc fallu tout larguer le plus rapidement possible pour éviter d'endommager le bateau. Nous avons coupé les drisses et les écoutes jusqu'à ce que le bateau se sépare du gréement complet. Après vérification, nous avons mis le moteur immédiatement pour nous diriger vers le port le plus proche." En l'occurrence l'archipel du Cap Vert, que Jean Le Cam et son co-skipper espagnol Bruno Garcia devraient rallier mardi en fin de journée ou mercredi matin, le but étant d'arriver de jour. Ce démâtage, le deuxième sur ce bateau lors d'un tour du monde, puisque sur le dernier Vendée Globe, Mike Golding, à qui Jean Le Cam a loué le plan Owen-Clarke Design, avait lui aussi victime d'une telle avarie alors qu'il venait de s'emparer de la tête dans les mers du Sud, signifie inévitablement l'abandon de Président. "C'est un coup. Nous n'avons plus de mât ni de voiles. Il nous est très difficile de repartir, confirme Jean Le Cam qui avait dû abandonner lui aussi sur le dernier Vendée Globe lorsque son VM Matériaux avait chaviré juste avant le Cap Horn. J'ai découvert ce bateau récemment. Globalement, nous en étions assez satisfaits. Ce n'était pas la dernière génération de bateau (mis à l'eau en août 2007, ndlr). Nous avions un petit manque de vitesse par rapport aux nouveaux bateaux même si globalement nous allions pas mal." Escale au Brésil pour Foncia Coincé en Méditerranée comme la moitié de la flotte de cette deuxième Barcelona World Race, Président bataillait depuis pour combler son retard sur la tête de la flotte, la mer a donc eu raison du monocoque qui laisse la concurrence poursuivre sa route sur l'Atlantique. Parmi elle, Foncia qui, lui aussi, a subi une avarie, puisque Michel Desjoyeaux a annoncé mardi matin qu'il comptait faire une escale technique au Brésil, pour remplacer ou réparer la crash-box de son plan VPLP-Verdier, abîmée dimanche, sans doute dans un choc, la crash-box étant une sorte de pare-chocs en mousse destinée à préserver la structure de l'étrave. "L'avant de Foncia est endommagé au niveau de la crashbox qui est d'habitude stratifiée à la coque et recouverte de plusieurs couches de carbone, a commenté mardi à la vacation le skipper de Foncia. Il y a quelques jours, on s'est rendu compte qu'il n'y avait plus de carbone ni de peinture et que le carbone était nu. Apparemment, le pain de mousse continue de rester là, mais il n'est pas question qu'on attaque la deuxième partie du parcours comme ça en termes de performances et de sécurité." Après avoir un temps songé à s'arrêter au Cap Vert, Michel Desjoyeaux et François Gabart ont finalement opté pour le nord-est du Brésil où l'équipe technique de Foncia les rejoindra pour procéder à une réparation, le règlement de la course autorisant, contrairement au Vendée Globe, les escales techniques avec assistance extérieure. "Il y a encore de la mousse mais je ne sais pas quelle forme ça a. On est en train de regarder où on peut accéder, en fonction des infrastructures locales et des capacités de levage. Selon l'état de ce qui restera, on saura combien de temps on va mettre pour faire la réparation, il y a encore pas mal d'inconnues." Cette escale forcée va forcément pénaliser Foncia, ce dont devrait profiter Virbac-Paprec 3 pour conforter sa place de leader de la Barcelona World Race. A l'autre extrémité de la flotte, Hugo-Boss, qui ferme la marche, ne sera pas le théâtre du changement de skipper prévu au Cap Vert, puisque le Britannique Alex Thomson, opéré le 29 décembre de l'appendicite et qui avait reçu dimanche le feu vert médical pour reprendre sa place à bord, a indiqué qu'il reportait son retour, son bébé, né le 7 janvier, souffrant d'un problème cardiaque.