Pourquoi on aime Lisandro

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Pourquoi on aime Lisandro
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LIGUE 1 - L'attaquant argentin réintègre le groupe lyonnais à l'occasion d'OL-Rennes, vendredi.

Absent des terrains depuis le 27 août et une blessure à la cheville gauche, Lisandro Lopez va effectuer son retour dans le groupe de l'OL, vendredi soir, à l'occasion de la réception de Rennes, en match avancé de la 14e journée de Ligue 1. L'Argentin a manqué à Lyon, à la Ligue 1 mais aussi à Europe1.fr. Voici, en quatre points, pourquoi on l'aime.

Parce que ce taiseux parle sur le terrain. A la différence de beaucoup, Lisandro Lopez n'aime pas trop les micros. Ne comptez donc pas sur lui pour tenir des propos fracassants dans la presse ou allumer arbitre ou adversaires à l'issue d'un match. L'Argentin se fait extrêmement rare en interview et rechigne à venir en conférence de presse. La barrière de la langue n'explique pas tout. Le terrain d'expression de "Licha", c'est le terrain. Depuis ses débuts sous le maillot lyonnais en 2009, ce timide tourne à plus d'un but par match (43 en 82 matches). Avec lui, l'OL est invaincu cette saison en Ligue 1 (deux victoires, deux nuls) et a pris deux points par match en moyenne (contre 1,67 en son absence). C'est désormais acté : Lisandro Lopez préfère les mathématiques au français.

Parce que son talent est une rareté en Ligue 1. Acheté par l'OL à Porto lors de l'intersaison 2009 pour 24 millions d'euros, Lisandro Lopez avait suscité quelques interrogations lors de son arrivée. Serait-il capable de remplacer Karim Benzema, parti au Real ? Une saison plus tard, il était élu meilleur joueur de Ligue 1. Les joueurs et entraîneurs ne s'y sont pas trompés : Lisandro est une rareté. Buteur racé et efficace, il est aussi un joueur de remise talentueux, à l'aise dans les petits espaces, capable de sortir le geste qui va faire la différence, à l'instar d'un Eden Hazard ou d'un Javier Pastore. Chaque jour qui passe, Jean-Michel Aulas et les dirigeants de l'OL doivent se féliciter d'avoir misé sur ce joueur, qui forme avec Bafétimbi Gomis la paire d'attaquants axiaux la plus brillante de France. Lié avec l'OL jusqu'en juin 2014, l'Argentin est amené à marquer l'histoire du club, comme Sonny Anderson avant lui.

Parce que "Licha" est un leader. Au fil des saisons et des mois, Lisandro a dépassé le statut réducteur d'avant-centre titulaire pour se glisser dans celui de taulier du vestiaire. Le leader technique est en train de se muer en leader tout court. Pendant sa période d'indisponibilité, on l'a ainsi vu à plusieurs reprises dans les gradins du Stade Gerland à observer ses coéquipiers et L'Equipe explique même vendredi que l'Argentin est présent dans les vestiaires chaque jour de match. Le n°9 lyonnais, qui avait connu plusieurs prises de bec avec Claude Puel la saison dernière, semble jouir d'un nouveau statut avec l'arrivée sur le banc de Rémi Garde, sans doute plus conciliant avec sa star.  Capitaine désigné en début de saison, il devrait retrouver son brassard dès sa prochaine titularisation et donner un nouvel élan à l'OL, qui aborde une période charnière de sa saison, avec notamment un match décisif en Ligue des champions, mardi, face à l'Ajax Amsterdam.

Parce qu'il incarne la "grinta" argentine. Lisandro Lopez, ce n'est pas seulement un jeu, c'est aussi un style. Avec sa barbe et son chewing-gum, il possède une vraie "gueule", un charisme rare. Comme Gabriel Heinze ou Juan Pablo Sorin avant lui, il incarne la "grinta" argentine, comme le concède volontiers son coéquipier Rémy Vercoutre dans les colonnes de L'Equipe. Grinta est "un grand mot que tout le monde utilise mais quand tu vois son abnégation, voire sa méchanceté, ça te porte". Il suffit de suivre des yeux "Licha" pendant un match pour se rendre compte de son acharnement à défendre et de sa haine, non pas seulement de la défaite, mais de la simple perte de la balle. Et là, les mots fusent. Mais en espagnol.