Pognon doit se battre

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Pognon doit se battre
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Premier sprinteur français à descendre sous les 10 secondes, Ronald Pognon peine désormais à retrouver son niveau, la faute à de nombreuses blessures. Cette saison, s'il n'est pas blessé, le sprinteur a connu quelques problèmes extra-sportifs qui ont perturbé sa préparation.

Premier sprinteur français à descendre sous les 10 secondes, Ronald Pognon peine désormais à retrouver son niveau, la faute à de nombreuses blessures. Cette saison, s'il n'est pas blessé, le sprinteur a connu quelques problèmes extra-sportifs qui ont perturbé sa préparation.On parle souvent du mal français. Celui qui plombe les carrières de beaucoup de nos sportifs, qu'il s'agisse des blessures à répétition ou la faute à pas de chance voire le manque de réussite, cela dépend où l'on se place. L'athlétisme tricolore, hélas, n'échappe pas à ce syndrome, Ronald Pognon ne le sait que trop. Premier Tricolore à descendre sous les 10 secondes, le 5 juillet 2005 lors du Meeting De Lausanne, le sprinteur martiniquais a vu sa carrière freinée par de nombreux pépins physiques.Il n'a donc pas continué à exploiter son potentiel comme il le souhaitait et n'a jamais pu rééditer son exploit de Lausanne. "Chaque année a ses raisons, je ne parle pas d'excuses pour autant", explique Pierre-Jean Vazel, son entraîneur depuis la fin des Championnats d'Europe 2006. "Avant 2006, je n'ai pas d'éléments de réponse, mais par la suite, il était à 10"10 ce qui n'est pas scandaleux. Ce n'est qu'à 11 centièmes de son record, c'est bien. Si Christine Arron était restée à 11 centièmes de son record d'Europe (10"73 réalisé en août 1998)... Evidemment, ce n'est pas le but. Ronald est capable d'aller plus vite. Cette année, on visait mieux que 9'99, ça c'est sûr"Vazel: "Ça va passer"Après un hiver mitigé, marqué par le forfait aux Championnats d'Europe indoor de Turin, 2009 démarrait, plein de promesses, avec les minima pour les Mondiaux de Berlin réalisés dès son premier 100 m de l'année, 10"21 le 8 mai à Doha. "Pour moi, c'est la meilleure saison qu'il ait réalisée depuis que je l'ai pris en mains. En terme de résultats, ça ne s'est pas encore concrétisé mais à l'entraînement, c'est vraiment bien", confie Vazel avant de regretter: "Cette année encore, la saison ne s'est pas déroulée comme on l'entendait et pas uniquement à cause d'un petit souci physique (dos)". Touché par un deuil familial, Ronald Pognon a effectué plusieurs allers-retours entre la Martinique et la Métropole, ce qui a logiquement perturbé ses entraînements.Que peut-on espérer alors pour les Mondiaux de Berlin ? Quand Pognon sera-t-il de nouveau capable de descendre sous les 10 secondes ? "Il est difficile de répondre à ça, il y a des impondérables. Je ne peux pas dire à quel niveau il sera à Berlin", déclare Vazel qui espère que "quand tout ce sera calmé autour de lui son sprinteur pourra de nouveau entamer un cycle d'entraînements et enfin se rapprocher de sa meilleure marque. Pour l'instant, le recordman de France du 100 m sera présent vendredi à Oslo pour la troisième étape de la Golden League. Le plateau sera encore relevé même si la plupart des Jamaïcains et Américains, à l'exception d'Asafa Powel, manqueront à l'appel quelques jours à peine après la fin de leurs sélections nationales. Etant donné la situation qu'il traverse, Ronald Pognon aurait pu renoncer. "C'est bien qu'il soit là", se réjouit Vazel, qui s'occupe également de Christine Arron et Manuel Nivollet.