Platini réélu à la tête de l'UEFA

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Platini réélu à la tête de l'UEFA
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FOOT - Le Français a été réélu pour quatre ans à la tête de l'instance européenne, mardi, à Paris.

Il était "seul avec tous". Depuis qu'il a été élu à la tête de l'UEFA, en 2007, Michel Platini ne s'est pas fait beaucoup d'ennemis. Discours volontariste, défense de l'institution, ajustements sur les compétitions, le dirigeant français fait la quasi unanimité autour des fameuses "valeurs du football". A tel point que personne ne se présentait contre lui, mardi, lors du congrès de l'UEFA qui se tenait au Grand Palais, à Paris. Il a donc été réélu président tranquillement, sans même passer par la voie des urnes. Les représentants des 53 fédérations composant l'UEFA avaient en effet le choix entre un vote classique ou la simple acclamation. Ils ont choisi l'acclamation.

"L'avantage de cette année, c'est que je me doutais un peu que j'allais gagner, donc j'ai eu le temps de préparer un mot", a réagi Michel Platini. "Après ma première élection, j'avais surtout remercié les anciens, pris par l'émotion et un élan de nostalgie, j'avais remercié ceux qui m'avaient accompagné dans ma vie", a-t-il poursuivi. "Aujourd'hui je remercie ceux qui travaillent à mes côtés et qui m'ont toujours soutenu." Mais une victoire à domicile, même facile, n'en reste pas moins émouvante. "Je pensais ne plus être suffisamment jeune pour ne pas avoir d'émotions, mais ce n'est pas le cas", a réagi le dirigeant français, qui a conclu son discours par un hommage à sa femme.

"Spécial et émouvant"

Lors de son allocution matinale, Michel Platini était également revenu avec émotion sur son parcours : c'est "spécial et émouvant car jamais le petit-fils d'immigrés italiens que je suis et qui a grandi dans un petit village de Lorraine n'aurait pensé un jour se retrouver à s'adresser à vous, au Grand Palais, en tant que président de l'UEFA."

Réélu par acclamation, Michel Platini a également fait l'objet d'un plébiscite dans les voix, celles de la présidence de la République ou de la FFF. "Vous savez que vous pouvez compter sur mon soutien total pour porter le football dans ce qu'il a de plus noble, de plus grand et de plus rassembleur", a expliqué Nicolas Sarkozy dans un communiqué lu par la ministre des Sports, Chantal Jouanno. "Comme sur le terrain hier, Michel Platini a su, en vrai stratège, voir plus loin, anticiper tout en inscrivant des buts décisifs. Des buts qui compteront pour l'avenir de notre football", a, de son côté, souligné le président de la FFF, Fernand Duchaussoy, particulièrement volubile.

Un bilan flatteur

Pour définir sa fonction et justifier son travail, Michel Platini aime insister sur la notion d'héritage. "Nous avons notamment comme devoir de penser à la prochaine génération. De penser au football que nous voulons laisser à nos enfants et petits-enfants. Alors continuons d'avoir le courage de prendre les décisions qui s'imposent pour protéger le football tel que nous l'aimons", a-t-il répété mardi lors de son allocution.

Quelles décisions, justement, se sont imposées sous le premier mandat Platini ? Les plus évidentes concernent les compétitions. Il a "démocratisé" la Ligue des champions pour les pays possédant un faible indice UEFA, a déplacé la finale au samedi, créé la Ligue Europa, une "D2 européenne" sexy, et assuré le passage de 16 à 24 pays pour l'Euro. De manière moins visible, Michel Platini a agi pour une meilleure redistribution des revenus issus des compétitions, avec des "versements de solidarité" aux fédérations les moins fortunées. Il a créé le conseil stratégique du football professionnel, organe qui a permis d'assainir les relations entre les clubs et l'UEFA. Le dirigeant français s'est aussi signalé par sa position inflexible sur l'absence de recours à la vidéo.

Pour les années à venir, il a d’ores et déjà défini deux de ses axes de travail : la lutte contre la manipulation des rencontres et le "fair-play financier", ces règles visant à sanctionner les clubs vivant à crédit. Voilà son projet pour les quatre ans à venir. Au-delà, l'information était peut-être à aller chercher dans le discours de Sepp Blatter. Le président de la FIFA a annoncé mardi qu'il briguerait en juin prochain son dernier mandat de quatre ans à la tête de la fédération internationale. La voie sera alors grande ouverte pour Michel Platini.