Pires: "Indissociable des Gunners"

  • A
  • A
Pires: "Indissociable des Gunners"
Partagez sur :

Une semaine après son retour sur les pelouses anglaises, Robert Pires s'apprête à retrouver le club qui a marqué sa carrière: Arsenal. Samedi, lors de la 15e journée de Premier League, le milieu de terrain français sera titulaire dans les rangs d'Aston Villa, paré à démontrer que ses 37 ans n'ont en rien altéré sa compétitivité. "Indissociable des Gunners" selon ses propres mots, il promet néanmoins de ne faire "aucun cadeau" à son ancienne équipe.

Une semaine après son retour sur les pelouses anglaises, Robert Pires s'apprête à retrouver le club qui a marqué sa carrière: Arsenal. Samedi, lors de la 15e journée de Premier League, le milieu de terrain français sera titulaire dans les rangs d'Aston Villa, paré à démontrer que ses 37 ans n'ont en rien altéré sa compétitivité. "Indissociable des Gunners" selon ses propres mots, il promet néanmoins de ne faire "aucun cadeau" à son ancienne équipe. Robert, vous voilà relancé à Aston Villa après quatre mois de chômage, comment avez-vous vécu cette période ? Très franchement, cette période, je l'ai très bien vécue pour la simple et bonne raison que c'était mon choix. Quand j'ai quitté Villarreal, j'ai eu pas mal d'offres, notamment d'un club de Sydney, mais aussi de Thaïlande, de Chine, donc j'aurai pu rebondir plus tôt. Philadelphie m'a aussi proposé un contrat, que j'ai refusé, non pas pour la ville comme j'ai pu l'entendre, mais pour le projet. Leicester City et Sven-Göran Eriksson sont aussi venus me voir, Crawley Town, ... J'avais des propositions mais, dans ma tête, j'avais envie de signer dans un grand championnat. C'est désormais chose faite puisque vous voilà de retour en Premier League avec les Villans... Oui, et ça, je sais que je le dois à deux hommes: Arsène Wenger et Gérard Houllier. Arsène m'a ouvert ses portes pendant plus de deux mois pour que je puisse m'entraîner avec son équipe afin que je reste au contact du plus haut niveau et que je garde la condition. Je savais que l'Angleterre, au regard de mon âge, était peut-être le seul pays à pouvoir me proposer un challenge intéressant. Ailleurs en Europe, un milieu de terrain de 37 ans, on ne lui fait pas confiance... Et puis en Premier League, j'ai laissé de bons souvenirs avec mes six années passées à Arsenal. Et c'est là que Gérard Houllier intervient. Il m'a proposé un défi très attractif et je l'en remercie encore. Quelles sont les raisons qui ont poussé Gérard Houllier à vous recruter ? Il y a plusieurs facteurs. Mon expérience pour commencer, afin que j'encadre un peu les nombreux jeunes joueurs que nous avons, et j'aurai aussi un rôle important au niveau de la passe. Nous avons des flèches en attaque, notamment Young, Agbonlahor ou Downing, et ma qualité de passe devra faire la différence pour alimenter ces joueurs. Et ça, ça me plaît. Je vais me régaler à leur donner des ballons pour les voir partir à pleine vitesse. Maintenant, il ne faut pas perdre de vue que je ne vais pas jouer tous les matches, il faudra aussi que je gagne ma place. Et je ne viens pas ici pour envoyer quelqu'un sur le banc. J'aurai aussi un rôle à jouer au niveau de l'approche des matches, de la gestion d'une saison chez les professionnels. Je me rapproche un peu de l'encadrement en fait, mais je reste joueur avant tout. A Villarreal, l'entraîneur m'avait proposé d'intégrer le staff au terme de mon contrat précédent mais j'avais refusé... En Angleterre, on vous parle encore de vos années Arsenal ? Oui, beaucoup. Je me rends compte que j'ai laissé de bons souvenirs là-bas et j'ai la sensation que ma cote de popularité reste intacte en Angleterre. Quand je m'entraînais avec les Gunners, les supporters venaient me voir, ou les gens m'abordaient dans la rue pour me féliciter car ils croyaient que j'allais de nouveau signer, faire comme Sol Campbell il y a peu. Mais, avec Arsène Wenger, tout était clair dès le départ. De toute façon, je n'aurai pas eu ma place à Arsenal tant le club a un effectif fourni en qualité et en quantité au milieu de terrain. "A fond pour Villa" Et justement, vous retrouvez Arsenal dès samedi à Villa Park... Oui, ça va être un gros match. Mais je ne me fais pas une montagne de cette rencontre. Tout le monde me parle de mes retrouvailles avec les Gunners mais il faut être sûr d'une chose, je ne ferai aucun cadeau samedi après-midi. A priori, je devrais débuter la rencontre en tant que titulaire et, si je joue pendant 90 minutes, je me donnerai à fond pour Villa. Gérard Houllier le sait, sinon il ne m'aurait pas accordé sa confiance. Quelle sera, selon vous, la clef du match pour freiner les Gunners ? Arsenal ne va pas bien en ce moment. La défaite en Ligue des champions, mais surtout le revers contre Tottenham la semaine passée ont laissé des traces. Je pense qu'il manque à cette équipe des joueurs d'expérience, ceux-là même qui leur auraient permis de ne pas perdre contre le Hotspur. Ce match là, ils ne doivent jamais le laisser filer en menant de deux buts au repos. Contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre, ce n'était pas de l'arrogance, mais plus de la suffisance. Ils ont cru que le match était gagné, alors qu'en Premier League, et surtout dans un derby, même quand on mène de trois ou quatre buts, on sait que rien n'est jamais joué. Donc, de notre côté, il faudra qu'on les bloque au milieu de terrain. Denilson, Song et Wilshere devraient jouer dans l'axe, il faudra qu'on soit particulièrement agressif sur eux afin de bloquer tous leurs mouvements offensifs. Craignez-vous une réaction d'orgueil des Gunners ? Non, pas particulièrement. Non pas qu'Arsenal soit une mauvaise équipe, loin de là, mais tout simplement parce que ces clubs là sont, de toute façon, obligés de gagner tous leurs matches. Alors qu'ils aient perdu ou gagné le précédent ne change rien pour l'adversaire. On sait qu'on aura face à nous un collectif bien rodé et dangereux. N'avez-vous pas la sensation de rester, malgré votre signature à Aston Villa, un joueur d'Arsenal pour le grand public ? De toute façon, mon histoire est indissociable des Gunners. Et, quand je me penche sur ma carrière, je ne peux pas le nier. J'ai passé six ans là-bas avec quelques titres à la clef. Quand j'ai signé à Villarreal, j'ai connu l'un de mes meilleurs souvenirs de joueur de football quand je suis revenu jouer en Ligue des champions à l'Emirates Stadium en 2009-2010. Les supporters avaient chanté mon nom avant, pendant et après le match. Je me retrouve au chômage et je file m'entraîner à Arsenal. Pour mon premier match titulaire avec Aston Villa, je rencontre Arsenal... Et le 14 mai prochain, pour la 37e journée de Premier League, on se déplace sur le terrain d'Arsenal pour ce qui sera peut-être l'un de mes derniers matches ou mon dernier match. Si ce ne sont pas des signes...