Peyron y croit

  • A
  • A
Peyron y croit
Partagez sur :

Après 36 jours de mer, Banque Populaire V semble en position idéale pour déposséder Groupama 3 du Trophée Jules-Verne. Passé au Cap Horn vendredi dernier, le maxi-trimaran a réussi une remontée de l'Atlantique Sud express qui devrait lui permettre d'arriver à Ouessant en moins de 48 jours. Mercredi lors de la vacation, Loïck Peyron a affiché sa confiance... et sa prudence.

Après 36 jours de mer, Banque Populaire V semble en position idéale pour déposséder Groupama 3 du Trophée Jules-Verne. Passé au Cap Horn vendredi dernier, le maxi-trimaran a réussi une remontée de l'Atlantique Sud express qui devrait lui permettre d'arriver à Ouessant en moins de 48 jours. Mercredi lors de la vacation, Loïck Peyron a affiché sa confiance... et sa prudence. "On va rallier l'équateur dans un temps relativement bon, la suite s'annonce un petit peu mieux." Loïck Peyron ne le cache plus: auteur d'une remontée de l'Atlantique Sud particulièrement rapide, Banque Populaire V semble plus que jamais en mesure de boucler son tour du monde en moins de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes, le temps à battre. C'est souvent dans ce partiel entre le Cap Horn et l'équateur que se gagne ou se perd un record, en l'occurrence, il a souri à l'équipage mené par le Baulois qui, après avoir subi un océan Pacifique capricieux, n'a eu de cesse depuis le Horn de reprendre de la marge sur le tableau de marche de Groupama 3, celle-ci se montant à 1100 milles ce mercredi. Au point qu'après avoir établi des nouveaux temps de référence sur les partiels Ouessant-équateur, équateur-Cap de Bonne Espérance puis Cap de Bonne-Espérance-Cap Leeuwin, le maxi-trimaran devrait en ajouter un quatrième à son tableau de chasse, celui entre le Cap Horn et l'équateur. "Je pense qu'on fera une journée de mieux que le meilleur partiel détenu par mon grand frère, Bruno", a confirmé mercredi Loïck Peyron. Une journée de moins, cela signifierait un peu plus de 7 jours (le record sur ce partiel de Bruno Peyron sur Orange II en mars 2005 est de 8 jours 5 heures et 36 minutes), soit un passage dans l'hémisphère Nord vendredi après environ 38 jours de mer. Et surtout trois de moins que Groupama 3 qui, lors de son Jules-Verne victorieux en mars 2010, avait franchi l'équateur après 41 jours 21 heures et 9 minutes. "Des conditions météo de nature à nous emmener dans les temps" Le trimaran mené par Franck Cammas avait en revanche fini en trombe, bouclant le dernier partiel en 6 jours 10 heures 35 minutes et 52 secondes, un temps qui, de l'aveu même de Marcel Van Triest, routeur à terre de Banque Populaire, ne sera pas battu cette année: "L'avance va encore accroître (dans les jours qui viennent, ndlr), il faut bien car le temps de Groupama a été excellent entre l'équateur et Ouessant, on ne le battra pas a priori parce qu'on aura plus de milles à faire que Groupama 3." La route à suivre après l'équateur ? "Pour l'Atlantique Nord, se présentent deux routes différentes, ajoute Van Triest, une plus ou moins directe, un peu tirée par les cheveux, une qui nous fait faire un grand détour. Il y aura un gros choix à faire dès l'équateur." L'intéressé semblait ce mercredi opter pour la deuxième option, certes moins rapide, mais sans doute moins risquée. Et à ce stade du tour du monde, le risque est à proscrire, tant en termes de trajectoire que de gestion d'un bateau qui, à un peu plus de 4000 milles du but, commence à accuser le coup. "Il y a des petits signes de fatigue et d'usure, mais rien d'alarmant, indique Loïck Peyron, on fait bien attention tout le temps, en naviguant évidemment en-dessous du potentiel fabuleux de Banque Populaire." Et le Baulois de confier que le trimaran s'apprête à affronter "peut-être la partie la plus casse-bateau pendant les quatre-cinq jours qui viennent". Stressé ? Sur les images, apparemment pas, mais au fond, certainement, Loïck Peyron reconnaissant que plus il va approcher de la ligne d'arrivée à Ouessant, plus il va être inquiet pour l'intégrité de son bateau: "A chaque vague, on a toujours l'impression de perdre une dent. C'est un stress différent de celui du Sud. Dans le Sud, tout peut arriver, là, on a des conditions météo bonnes, de nature à nous emmener dans les temps. La seule chose qui peut nous en empêcher, c'est le facteur technique, pas la météo, donc c'est le moment le plus stressant." Encore une dizaine de jours à tenir...