Peyron: "On a énormément avancé"

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Peyron: "On a énormément avancé"
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Présent sur le Nautic de Paris, Bruno Peyron, patron d'Energy Team, fait le point sur l'état d'avancement du projet de défi français pour la 34e édition de la Coupe de l'America. Assuré de participer au circuit des AC45 en 2012, Energy Team cherche toujours un partenaire-titre pour lancer la construction d'un AC72 et disputer la Coupe.

Présent sur le Nautic de Paris, Bruno Peyron, patron d'Energy Team, fait le point sur l'état d'avancement du projet de défi français pour la 34e édition de la Coupe de l'America. Assuré de participer au circuit des AC45 en 2012, Energy Team cherche toujours un partenaire-titre pour lancer la construction d'un AC72 et disputer la Coupe. Energy Team a fini la première saison en AC45 sur la deuxième marche du podium à San Diego, on vous imagine satisfait de la progression sportive ? Oui, le bilan est pour l'instant super positif. On avait l'intention d'atteindre le haut niveau, mais on ne pensait pas y arriver si vite en trois événements. Maintenant, il ne faut pas se gargariser avec ça car tout se nivelle par le haut, tout le monde va réagir, mais c'est mieux d'être dans le positif que dans le négatif. L'équipe navigante a également évolué, c'était voulu ? Oui, c'était prévu, on voulait absolument faire tourner le groupe, chercher de nouveaux talents... Mais la difficulté de cette nouvelle formule, c'est qu'il faut non seulement trouver des talents, mais des talents de 90-95 kilos de 25 à 35 ans avec une forme éblouissante et une motivation sans faille ! Ce sont des gabarits qu'on n'a pas beaucoup en France, ils sont plus fréquents dans le monde anglo-saxon, mais on n'est manifestement pas trop handicapé, il y a un beau dynamisme dans le groupe. Parlons maintenant gros sous, par rapport à l'année dernière, avez-vous l'impression d'avoir avancé dans la recherche de partenaires ? On a énormément avancé. Sans pour autant n'avoir aucune garantie de succès, car le timing est celui de la vie. Quand j'entendais cette année certains de nos camarades prétendre qu'ils allaient signer dans les deux semaines qui venaient, ça me faisait doucement rire, parce que ça n'existe pas. Il faut savoir comment fonctionne un comité exécutif d'un grand groupe et connaître le timing de processus de décision pour se rendre compte qu'il faut du temps. Aujourd'hui, on continue à discuter avec quatre-cinq grands groupes de dimension mondiale pour savoir s'ils veulent devenir notre partenaire-titre. Est-ce que leurs besoins et leur timing vont correspondre aux nôtres ? Aujourd'hui, je n'ai pas la réponse. Quel est le budget nécessaire pour participer à la Coupe ? Grâce aux négociations qu'on a menées avec l'organisation sur la séparation entre les AC45 et les AC72, ce budget a considérablement pu diminuer. Aujourd'hui, il est exactement équivalent au budget sur la Volvo de Groupama, qui est public (17 millions d'euros annuels, ndlr). Ça nous permet de faire des raccourcis, de dire vraiment de quoi on parle: on parle de 10% du budget des quatre plus grands clubs de foot français. Dire que c'est rien, c'est faux parce que c'est quand même beaucoup d'argent, mais dire que c'est inaccessible, c'est faux aussi, parce que c'est réaliste. "La vraie dead-line, c'est juin-juillet" La 34e édition reste encore assez floue au niveau notamment des inscrits, est-ce du coup difficile à «vendre» auprès des décideurs ? On a quand même moins de flou qu'il y a six mois, on sait qui est là de manière sûre et qui est là de manière aléatoire. On sait qu'il y a sept AC72 qui vont être construits dans les quatre grandes équipes que sont Oracle, Team New Zealand, Artemis et Luna Rossa. Parmi les autres, qui risquent d'être un peu plus nombreuses dans les mois qui viennent dans la mesure où tout le monde se rend compte que les AC45 réussissent à devenir un produit équilibré et attractif pour les partenaires, combien vont arriver à être au départ de la Coupe Louis Vuitton en AC72 ? Honnêtement, je ne sais pas, peut-être un, peut-être deux. Je préfèrerais que ce soit nous, c'est pour ça que ça ne me déplaît pas qu'on soit en tête de ce groupe au niveau des performances. Les régates en AC45 sont très spectaculaires, peut-être trop, au point qu'on peut craindre que celles en AC72 virent à la débâcle avec beaucoup de casse, qu'en pensez-vous ? Ce n'est pas la taille du bateau qui est impressionnante. En France, on a manoeuvré sur des bateaux beaucoup plus grands que ça, Loïck (Peyron, son frère, ndlr) est actuellement sur le plus grand trimaran du monde (Banque Populaire V), j'ai moi-même été sur le plus grand catamaran du monde (Orange 2). En revanche, la puissance de l'aile est assez démesurée. Donc on en parle en ce moment, il faut trouver une polyvalence dans la puissance qui permette aux bateaux de voler à 5-6 noeuds, sans que ce soit au détriment de la sécurité par 25-30 noeuds, mais je suis confiant quant à l'issue de ces réflexions... Aujourd'hui, quelle est votre dead-line en termes de recherche de partenaire principal ? La dead-line est liée au rétro-planning qui démarre au début de la Louis Vuitton à Sans Francisco, en juillet 2013. Pour y être, il faut un bateau avec un équipage super entraîné, et six mois de construction pour ce bateau, donc la vraie dead-line, c'est juin-juillet. "Avec Aleph, il n'y aura pas de rapprochement" Si vous aboutissez, certains défis auront leur AC72 bien avant vous, votre retard serait-il alors rattrapable ? Le handicap ne sera à mon avis pas si énorme que ça, parce que le nombre de jours de navigation est limité, donc on peut faire le choix de naviguer très vite, mais ne plus pouvoir naviguer derrière. On peut éventuellement tirer les conséquences de ces premières navigations et les mettre en pratique sur le deuxième bateau si on en a un, mais après, c'est encore bloqué... Nous, on se demande même, si on a les moyens assez tôt, si c'est plus pertinent de naviguer très vite ou au contraire de passer plus de temps sur les recherches. Dans quel état d'esprit êtes-vous à l'approche de cette fameuse dead-line ? Je suis très serein, car quoi qu'il arrive, on a réussi à faire en sorte que le produit commercial AC45, éventuellement avec deux bateaux si on trouve un deuxième partenaire, soit équilibré avec un retour sur investissement canon pour les partenaires. Après, le "gap" financier entre les AC45 et l'AC72 est tellement important qu'on sait qu'on n'emmènera aucun partenaire dans un piège. Soit on a les moyens d'aller en AC72, soit on ne les a pas, dans ce cas, on se mettra en stand-by pour la prochaine Coupe, donc ce n'est pas un puits sans fond. Vous étiez deux équipes françaises en AC45 cette année, avec Aleph, un rapprochement est-il possible ? Avec Aleph, il n'y aura pas de rapprochement, c'est clair. Par contre, comme ils ont annoncé qu'ils arrêtaient après San Diego s'ils ne trouvaient pas de partenaire (ce qui semble le cas, ndlr), donc bien entendu, on accueillera les meilleurs navigants pour commencer à composer un groupe large.