Perpignan sacrifie Delmas

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Perpignan sacrifie Delmas
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Jacques Delmas n'est plus l'entraîneur en chef de l'Usap. Arrivé cet été pour prendre le relais de Jacques Brunel, désormais en charge de l'Italie, l'ancien entraîneur de Biarritz (2004-2008) ou du Stade Français (2009-2010) n'a pas résisté au début de saison poussif de l'équipe catalane, battue jeudi à Newport lors de la deuxième journée du Challenge européen (23-13). Bernard Goutta et Christophe Manas, déjà en poste, continuent leur mission, libérés de tuteur...

Jacques Delmas n'est plus l'entraîneur en chef de l'Usap. Arrivé cet été pour prendre le relais de Jacques Brunel, désormais en charge de l'Italie, l'ancien entraîneur de Biarritz (2004-2008) ou du Stade Français (2009-2010) n'a pas résisté au début de saison poussif de l'équipe catalane, battue jeudi à Newport lors de la deuxième journée du Challenge européen (23-13). Bernard Goutta et Christophe Manas, déjà en poste, continuent leur mission, libérés de tuteur... Selon une tradition propre au football mais plus rare en rugby, Paul Goze, le président de l'Usap, a décidé de secouer son équipe via un remède brutal mais pas toujours efficace, le sacro-saint choc psychologique, expression synonyme de licenciement de l'entraîneur en chef. Jacques Delmas, arrivé cet été pour prendre le relais de Jacques Brunel, lequel a répondu aux sirènes de la sélection italienne, en est la victime. Moins de sept mois après avoir posé ses valises en Catalogne au sortir d'une année sabbatique vécue dans le costume de consultant, l'ancien entraîneur de Biarritz (2004-2008) et du Stade Français (2009-2010) a été démis de ses fonctions ce week-end, une décision officialisée ce lundi matin par communiqué. "Après cette nouvelle défaite au Pays de Galles sans même le bonus défensif, je suis contraint de constater que l'intégration de Jacques Delmas ne s'est pas réalisée comme souhaitée avec notre groupe sportif puisqu'il s'agit de notre septième défaite en douze matches cette saison, note Paul Goze. Je suis déçu pour l'homme pour qui je garde la plus grande estime mais je me devais de réagir dans l'intérêt du club." Delmas n'aura pas résisté à la défaite concédée par les Catalans jeudi à Newport, lors de la deuxième journée du Challenge européen (23-13), un match à l'image du début de saison de son équipe. "On a corrigé nos lacunes défensives, on a retrouvé notre mêlée, mais on péché dans le premier temps de jeu, le timing, les courses, l'occupation du terrain, analysait Bernard Goutta dans les colonnes de L'Indépendant. Face à une équipe transcendée, tu as beau être en place, ça ne sert à rien si tu n'as pas de maîtrise." Goutta et Manas en première ligne Et ce manque de maîtrise, l'intéressé en faisait lui-même le constat au lendemain de la défaite enregistrée à domicile face à Agen (12-19), la première d'une série en cours de cinq revers... "Rugbystiquement, on est loin de ce que l'on voulait faire, nous avouait-il. On n'arrive pas à mettre totalement notre jeu en place, on est encore sur courant alternatif, capable d'alterner le bon et le moins bon. Jusqu'à présent, on n'a pas trouvé ce liant, on marque très peu d'essais, on n'est pas assez efficace, on ne gère pas suffisamment bien nos temps forts." Un constat que Delmas n'a malheureusement pas su endiguer en novembre, l'Usap plongeant à la neuvième du Top 14 après dix journées, à cinq points de la sixième place qualificative pour la H Cup, une compétition que le club s'est fait une priorité de retrouver la saison prochaine. Cette mission est désormais entre les mains de Bernard Goutta et Christophe Manas, hier les adjoints de Jacques Brunel, aujourd'hui propulsés en première ligne par le président de l'Usap pour qui "la difficulté pour un manager d'arriver seul au sein d'un staff et d'un effectif déjà constitué [l'a] conduit à ne pas remplacer Jacques Delmas". Le premier, homme d'un seul club et ancien troisième-ligne emblématique de l'Usap (1994-2007), est en charge des avants depuis quatre ans déjà. Le second, revenu au club pour y finir sa carrière d'ailier en 2010 après des passages au Stade Français (1997-1999) ou encore à Agen (2000-2002), a suivi ce chemin l'année dernière. Charge aux deux hommes, qui devraient rester discrets cette semaine à la demande de Paul Goze qui a imposé le silence à son groupe "afin de se concentrer uniquement sur la préparation du match de vendredi face au Stade Français, capital pour l'Usap dans la course à la qualification", de donner raison à leur président, forts du soutien des joueurs, unanimité que ne faisait visiblement pas Delmas.