Perpignan ne touche plus terre

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Perpignan ne touche plus terre
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Après son succès, samedi, aux dépens de Clermont en finale du Top 14 (22-13), Perpignan a ramené le fameux bout de bois en Catalogne Nord. Dimanche, tard dans la soirée, les joueurs roussillonnais sont allés dignement fêter leur réussite avec tout un peuple en sang et or qui attendait ce jour depuis 1955.

Après son succès, samedi, aux dépens de Clermont en finale du Top 14 (22-13), Perpignan a ramené le fameux bout de bois en Catalogne Nord. Dimanche, tard dans la soirée, les joueurs roussillonnais sont allés dignement fêter leur réussite avec tout un peuple en sang et or qui attendait ce jour depuis 1955."Je pense qu'aujourd'hui sportivement, on se rend compte de la victoire mais je pense que demain, on va se rendre compte du titre de champion de France." Ces mots, issus de la bouche de Bernard Goutta, sont tirés des entrailles du Stade de France peu de temps après la victoire de Perpignan sur Clermont, samedi, en finale du Top 14 (22-13). L'un des entraîneurs catalans n'imaginait sans doute pas avoir autant raison...Le refrain était le même chez Farid Sid après le combat: "C'est un rêve qui vient de se réaliser, c'est magique. Je ne sais pas ce qui m'arrive, je me laisse porter. Aujourd'hui (samedi), c'est le coeur de 47 gars qui a explosé pour donner le Bouclier à tout un peuple, le peuple catalan." L'ailier perpignanais ne savait pas à quoi s'attendre lui non plus. A peine avait-il lancé un "demain ? Je ne sais pas, je ne veux pas l'imaginer, je veux simplement le vivre", plein de promesses qui pouvaient se refléter dans ses yeux de gamin, lui qui est âgé de trente ans.Goutta : "C'est ça l'Usap !"Après un retard pris au départ de la capitale, les joueurs roussillonnais ne sont arrivés qu'en soirée en Catalogne Nord. Ils allaient alors prendre conscience de ce qui les attendait pour fêter ce titre de champion de France qui s'est fait attendre 54 ans sur les bords de la "Basse" (*). Car ils n'étaient pas moins de 20 000 à attendre depuis belle lurette sur la Place de la Victoire afin d'accueillir et de célébrer le Bouclier de Brennus au pied du Castillet. Du jamais vu.A 22 heures, le cortège des bus tant attendus s'engouffre enfin sur le quai Sadi Carnot. Les héros locaux sont déjà juchés sur le toit de l'un d'eux afin de communier avec une foule de fidèles supporters. La fête peut alors commencer sous les acclamations de tout un peuple. Bernard Goutta l'avait prédit à l'issue d'un match désormais historique : "C'est ça l'Usap, c'est une histoire d'hommes, une passion. Ce que les joueurs ont offert aux Catalans du monde entier, c'est de la joie pour les dix années qui viennent. Et ça, c'est une fierté."Cette fierté était bien présente, dimanche, quand le "planxot" a été une nouvelle fois brandi devant une masse sang et or en délire entonnant les hymnes et agitant les drapeaux catalans. "Sempre Endavant" (toujours en avant), telle est la devise d'un club décidément pas comme les autres et qui est désormais champion de France au moins pour un an.(*) : La rivière la "Basse", qui traverse le centre ville de Perpignan, est un affluent de la "Têt", l'un des fleuves des Pyrénées Orientales.