Pas vraiment à Huy clos

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Pas vraiment à Huy clos
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Coincée entre l'Amstel Gold Race, dimanche dernier, et Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain, la Flèche Wallonne, deuxième classique ardennaise du printemps, s'annonce néanmoins palpitante, avec un plateau des plus ouverts. Alberto Contador, Joaquin Rodriguez, Philippe Gilbert, les frères Schleck... Les prétendants sont nombreux pour succéder à Cadel Evans (forfait cette année) au sommet du Mur de Huy.

Coincée entre l'Amstel Gold Race, dimanche dernier, et Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain, la Flèche Wallonne, deuxième classique ardennaise du printemps, s'annonce néanmoins palpitante, avec un plateau des plus ouverts. Alberto Contador, Joaquin Rodriguez, Philippe Gilbert, les frères Schleck... Les prétendants sont nombreux pour succéder à Cadel Evans (forfait cette année) au sommet du Mur de Huy. En l'absence de Cadel Evans, vainqueur sortant, mais forfait en raison d'une blessure au genou, c'est son coéquipier Greg van Avermaet qui prendra mercredi le départ de la Flèche Wallonne avec le dossard n°1. Une preuve parmi d'autres que la deuxième étape du triptyque ardennais (avec l'Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain) s'annonce des plus ouvertes, sans grand favori désigné. Pas de Fabian Cancellara ou de Philippe Gilbert avec une pancarte grosse comme leur palmarès, mais une meute de prétendants prêts à saisir leur chance, comme Evans l'avait fait en 2010. Gilbert, pourtant, sera bien au départ à Charleroi mercredi. Mais le Belge, déconcertant de facilité dans l'Amstel Gold Race dimanche, n'abordera pas la Flèche en patron, pour deux raisons évidentes. D'une part, parce que le Mur de Huy (1,3 km de montée à 9,3 %), où sera jugée l'arrivée mercredi, n'est pas vraiment le Cauberg (des passages à 12% mais une pente moyenne plus proche de 5%), sur lequel Gilbert était véritablement intouchable. D'autre part, parce que Gilbert nourrit un tout autre rêve : triompher, dimanche prochain, sur Liège-Bastogne-Liège, la "Doyenne des classiques". Pour la Flèche, la porte est donc plus que jamais ouverte. Historiquement, la course s'offre plus volontiers aux puncheurs qu'aux grimpeurs, tels que Rebellin, Valverde ou Di Luca. Ce dernier sera bien présent mais, de retour d'une suspension pour dopage, sa forme est incertaine. L'Italien devrait se mettre au service d'Alexandr Kolobnev et de l'inévitable Joaquin Rodriguez, devancé de justesse par Evans l'an passé, et 2e de l'Amstel dimanche. Côté Espagnol, il faudra évidemment suivre les Euskaltel, Samuel Sanchez (2e en 2006), et Igor Anton (4e en 2010), sans oublier Alberto Contador. Depuis la levée de sa suspension provisoire, le triple vainqueur du Tour de France rafle tout sur son passage : Tour de Murcie, Tour de Catalogne, auxquels il aurait sans doute fallu ajouter le Tour de Castille-et-Leon, la semaine passée, si le Madrilène n'avait pas connu deux incidents mécaniques dans l'étape reine. Contador retrouve Andy Schleck L'année dernière, Contador avait placé son attaque trop tôt dans le Mur de Huy, et avait logiquement coincé. Nul doute qu'il ne refera pas la même erreur cette année. Double vainqueur de l'épreuve en 1995 et 1997, Laurent Jalabert voit d'ailleurs en l'Espagnol l'un des candidats les plus sérieux. "Comme il ne court pas Liège, Contador va tout donner mercredi", estime l'actuel sélectionneur de l'équipe de France, dans les colonnes de L'Equipe. A cette occasion, Contador retrouvera Andy Schleck pour la première fois depuis le Tour de France 2010. Un mano-à-mano pourrait de nouveau les opposer, d'autant que les frères Schleck sont en quête d'un succès dans une grande classique qui fuit les Leopard-Trek pour le moment. Andy a tenté sa chance, sans réussite, sur l'Amstel Gold Race, tandis que Fränk a été écarté des premières places sur chute. "Un coup de poing dans l'estomac", pour l'aîné de la fratrie luxembourgeoise, qui explique sur Cyclingnews être en "très bonne forme". Pour les Français, autant être clair. Hormis un Fédrigo dans une forme exceptionnelle, aucun ne semble en mesure de s'imposer à la pédale sur le Mur de Muy. Comme l'ont déjà annoncé des formations comme BMC (Van Avermaet, Kohler) ou HTC (Martin, Pinotti...), les équipes tricolores devraient passer à l'attaque de loin. Ce pourrait être le cas des AG2R (Péraud, Gadret, Riblon, Roche), des Cofidis (Moncoutié, Taaramae), ou des Saur-Sojasun. "Le Mur de Huy ne me correspond pas exactement, mais cela dépendra de mes jambes", estime Jérôme Coppel. Une chose est certaine, les costauds seront de sortie.