Pas de départ avant mercredi

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Pas de départ avant mercredi
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La prudence a prévalu. Face au risque que faisait planer une dépression très creuse attendue dans les prochaines 48 heures en sortie de Manche, la direction de course a décidé de reporter le départ de la Transat Jacques-Vabre, initialement programmé ce dimanche à 13h02. La flotte, qui a salué cette décision, ne devrait pas quitter le bassin Paul-Vatine du Havre en direction du Costa Rica avant mercredi.

La prudence a prévalu. Face au risque que faisait planer une dépression très creuse attendue dans les prochaines 48 heures en sortie de Manche, la direction de course a décidé de reporter le départ de la Transat Jacques-Vabre, initialement programmé ce dimanche à 13h02. La flotte, qui a salué cette décision, ne devrait pas quitter le bassin Paul-Vatine du Havre en direction du Costa Rica avant mercredi. Une "décision de marin" saluée par les applaudissements des marins. Pour avoir été de l'autre côté de la barrière, dans la joie (vainqueur de la Transat AG2R en 1989 avec Jean-Luc Nélias et de la Transat Jacques-Vabre en 1995 avec Fred Dahirel) et la tristesse (il a survécu au chavirage de Groupe André en 1999, pas Paul Vatine), Jean Maurel, devenu directeur de course de la Transat Jacques-Vabre, a refusé de jouer avec la sécurité des marins dont il a aujourd'hui la responsabilité. Quitte à frustrer le public, quitte à froisser les partenaires de l'épreuve, le directeur de cette transatlantique en double au départ du Havre et à destination de Puerto Limon au Costa Rica a décidé de repousser le départ, initialement programmé ce dimanche à 13h02. Une décision justifiée par la menace que faisait planer dans les prochaines 48 heures une dépression très creuse annoncée en sortie de Manche, avec des vents moyens de 45 noeuds, des rafales jusqu'à 60 noeuds et des creux de 8 à 10 mètres, sur la flotte. Résultat, les 35 concurrents répartis en trois classes (13 en Imoca, 6 en Multi 50 et 16 en Class 40) ne seront pas libérés avant mercredi, après le passage de la queue de la dépression. La prudence a donc prévalu. Plus envers les concurrents engagés en Multi 50 et en Class 40, deux classes plus « fragiles », que ceux à la barre des monocoques Imoca de 60 pieds, dont beaucoup étaient d'avis d'aller se frotter à cette "grosse baston" pour reprendre les termes d'Hugues Destremau, l'équipier de Vincent Riou sur PRB. "Ils sont conçus pour faire le tour du monde", rappelle Dominique Wavre, le skipper de Mirabaud. Mais le Suisse, comme ses camarades, n'ont pas fait de vague pour se ranger à l'avis de la direction de course, motivée par l'idée de "conserver l'homogénéité de la course" précise Jean Maurel. "Nous n'étions pas fondamentalement contre un départ. Mais il faut être solidaire, et les voiliers plus petits sont aussi plus fragiles. C'est la décision collective qui l'a emporté et nous l'acceptons volontiers", conclut Wavre. Une décision "réfléchie et raisonnable" selon Armel Le Cléac'h, le skipper du 60 pieds Banque Populaire, saluée par ces « petits » concurrents. "Nous n'avions pas les moyens d'échapper à ce phénomène météo et ce n'était pas responsable de partir, aussi bien pour nous que pour l'avenir de nos classes de bateaux, souligne Samuel Manuard, équipier d'Yves Le Blévec sur le Multi 50 Actual. La traine de la dépression génèrera des grains très violents, le phénomène est très étendu. Nous aurions pu nous retrouver dans des situations très délicates, de nuit, longtemps..." Le risque n'en valait finalement pas le coup. D'autant que "ça fait un an que nous attendons ce départ, nous ne sommes plus à trois jours près", comme le résume plein de bon sens Arnaud Boissières, pourtant l'un des tenants à la barre de son 60 pieds Akena Vérandas d'un départ maintenu ce dimanche. Surtout si ça permet à un maximum de concurrents d'arriver de l'autre côté de l'Atlantique sain et sauf...