Parra: "Tous touchés..."

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Parra: "Tous touchés..."
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Remplaçant à Nantes contre les Fidji (34-12), Morgan Parra sera de retour sous le n°9, samedi à Montpellier, contre l'Argentine dans un match où il sera associé à Damien Traille. Une rencontre qui sera l'occasion pour le demi de mêlée clermontois de prendre sa revanche, lui qui était passé complètement à côté, comme la plupart de ses coéquipiers, cet été contre les Pumas.

Remplaçant à Nantes contre les Fidji (34-12), Morgan Parra sera de retour sous le n°9, samedi à Montpellier, contre l'Argentine dans un match où il sera associé à Damien Traille. Une rencontre qui sera l'occasion pour le demi de mêlée clermontois de prendre sa revanche, lui qui était passé complètement à côté, comme la plupart de ses coéquipiers, cet été contre les Pumas. Morgan, êtes-vous revanchard à l'heure de retrouver les Argentins après la déroute de Buenos-Aires cet été ? On parle beaucoup de revanche collective, mais c'est avant tout une revanche personnelle. Moi, le premier, en étant champion de France, je me suis peut-être dit que la saison était finie. Je n'y suis peut-être pas allé avec les sources de motivation nécessaires, avec l'intention de m'impliquer, inconsciemment bien sûr. Je me suis complètement loupé là-bas, j'ai fait une tournée catastrophique. Dans la tête, je n'y étais pas. Quand on n'est pas présent contre les Argentins, on passe à côté. On l'a vu, ça n'a pas été une défaite de deux ou trois points, ça a été une lourde défaite. Un match que vous avez perdu plus que l'Argentine a gagné ? En revoyant les images, c'est impressionnant de se dire que ce n'est pas nous. C'est ça le plus malheureux dans l'histoire, d'être allés là-bas et de se dire qu'on n'a rien fait, que rien n'a marché, qu'on n'y était pas. Ce match a-t-il été un coup d'arrêt dans votre trajectoire en équipe de France ? Ça n'a pas été un coup d'arrêt, du moins je l'espère, mais j'ai appris. J'ai compris qu'une saison, ça ne s'arrêtait pas après un titre de champion de France, et que si j'avais la chance d'être pris derrière en équipe de France, je me devais encore de rebondir et d'essayer de voir encore plus loin. C'est une remise en question et il en faut dans la carrière d'un sportif de haut niveau. Et ça vient souvent après une bonne claque ou un match bien nul. On a tous été touchés par cette tournée. "Une équipe qui nous connaît plus que les autres" Avez-vous évoqué cette rencontre avec vos coéquipiers argentins de Clermont ? Non. C'est peut-être une forme de pudeur. Est-ce un respect entre nous de ne pas évoquer ces matches ? On évoque plutôt certaines actions, certains duels, mais on n'a jamais parlé du score ou de la raclée que l'on a pris là-bas. Comment qualifieriez-vous cette équipe d'Argentine ? C'est une équipe avec de grosses valeurs, une grosse agressivité, très maline, avec des joueurs très expérimentés comme ceux qui sont présents à Clermont (Mario Ledesma et Martin Scelzo). C'est une équipe qui connaît le haut niveau et qui est peut-être plus motivée quand elle affronte la France parce que la plupart de ses joueurs évoluent dans le Top 14. C'est peut-être une équipe qui nous connaît plus que les autres. Est-ce facile de mettre en place son jeu contre ce genre d'équipe ? C'est une équipe qui a cette capacité sur les ballons de récupération à marquer car elle a des joueurs talentueux et affiche une grosse défense. Au moindre ballon lâché, à la moindre faute, on peut être sanctionné. Ce n'est pas une équipe facile à jouer, mais elle n'est pas imbattable. L'équipe de France est sortie frustrée de son match à Nantes contre les Fidji en raison des conditions climatiques. La pluie est encore annoncée à Montpellier. Avez-vous peur de ne pas réussir à mettre en place ce que vous voulez ? Non, ça ne nous empêche pas avec ces conditions d'être présents dans l'agressivité, dans le combat, chose qu'on n'avait pas su faire en Argentine. Après, les formes du jeu dépendront des conditions. On essayera d'exploiter les bons ballons. Mais c'est vrai que si on a les mêmes conditions qu'à Nantes, ce sera difficile de se faire des passes et d'envoyer le ballon au large, surtout face à ces Argentins, qui ont une grosse capacité à contrer. "Je n'ai jamais eu la prétention de dire que j'étais le n°1" Dans ce genre de rencontre, le rôle du demi de mêlée est encore plus primordial ? Oui, mon rôle de n°9 doit me permettre de prendre du recul et de rester lucide. A moi de calmer le jeu ou à l'accélérer. C'est à moi de trouver le tempo. Comment appréhendez-vous votre association avec Damien Traille ? Ça s'est plutôt bien passé hier (à l'entraînement). On essaie de bien communiquer, d'être clair. C'est quelqu'un qui parle beaucoup. Ça va me permettre de trier les bons ballons pour lui. Il nous reste quelques entraînements pour être bien. De par son vécu international et par ses qualités humaines, il a tout pour s'affirmer à ce poste. Sentez-vous une concurrence plus forte à votre poste où Dimitri Yachvili réussit un gros début de saison ? Oui, mais la concurrence a toujours existé. Dans une saison, on a toujours des hauts et des bas. Je n'ai jamais eu la prétention de dire que j'étais le n°1 à ce poste et que j'aurai toujours ma place en équipe de France. Je sais que je dois me battre pour cette place et que ça passe par de gros matches. Mais je suis très content de cette concurrence, très saine.