Parker: "On ne jouera plus le titre"

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Parker: "On ne jouera plus le titre"
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Sa saison avec San Antonio, le lock-out qui se profile en NBA, l'équipe de France, Joakim Noah, l'Asvel... Tony Parker a fait le tour de son actualité, lors d'une conférence de presse organisée mercredi matin à Paris. Déçu et frustré par l'élimination prématurée des Spurs, le meneur de jeu français se concentre désormais sur le championnat d'Europe en Lituanie (31 août-18 septembre), qu'il espère remporter au côté du pivot des Chicago Bulls.

Sa saison avec San Antonio, le lock-out qui se profile en NBA, l'équipe de France, Joakim Noah, l'Asvel... Tony Parker a fait le tour de son actualité, lors d'une conférence de presse organisée mercredi matin à Paris. Déçu et frustré par l'élimination prématurée des Spurs, le meneur de jeu français se concentre désormais sur le championnat d'Europe en Lituanie (31 août-18 septembre), qu'il espère remporter au côté du pivot des Chicago Bulls. Tony, avec un peu de recul, comment analysez-vous l'élimination prématurée des San Antonio Spurs ? J'ai eu le temps de réfléchir... C'est une grosse déception. J'en parlais encore la semaine dernière avec Pop (Gregg Popovich, NDLR), on est tous tristes et frustrés. Parce qu'on fait une grosse saison, on domine, mais on perd au premier tour... Il n'y a rien à dire, Memphis a très bien joué. J'avais dit en début de saison que c'était peut-être notre dernière chance, que la fenêtre se refermait, que Tim Duncan et Manu Ginobili commençaient à être un peu vieux... Ce sera dur de renouveler l'effectif. On aura toujours une équipe performante, mais on ne pourra pas dire qu'on joue le titre. Il faut être réaliste. Pour vous qui avez prolongé avec San Antonio en octobre dernier, n'est-ce pas un peu décevant de dire ça ? Quand j'ai signé mon contrat, la décision était assez facile à prendre. Il y avait beaucoup d'argent sur la table (50 millions de dollars sur 4 ans, NDLR), il me restait un an, je sortais d'une saison où j'avais eu pas mal de blessures... Donc c'était une décision logique, pour ne pas prendre de risque et assurer mon avenir. Avez-vous conscience d'être le joueur de l'équipe qui a la plus belle valeur marchande ? Oui, depuis les deux dernières années. S'ils ont un joueur à échanger, c'est moi. Après, Pop m'a dit que je n'irai nulle part. Mais je sais que la NBA est un business, qu'il faut être prêt à tout. On ne sait jamais. Qu'avez-vous fait depuis l'élimination ? J'ai coupé, je n'ai pas trop touché la balle. Par contre, je fais d'autres sports, je joue un peu au tennis, au volley, j'essaye de rester en forme. Ces derniers temps, j'ai pas mal fait la fête aussi, c'était mon anniversaire (le 17 mai, NDLR), donc j'en ai profité un petit peu. "S'il y a lock-out, je jouerai à l'Asvel" Qu'en est-il du lock-out pour vous ? Qu'il y ait lock-out ou pas lock-out, je jouerai en équipe de France. Je l'ai déjà dit aux Spurs, à Pop. J'ai envie qu'on se qualifie pour les JO. D'après les dernières discussions avec mon agent, il y aura lock-out début juillet, c'est sûr. Lui est positif, il espère qu'on ne loupera pas de match de saison régulière. Mais quand tu discutes avec notre représentant chez les Spurs, Matt Bonner, lui pense que ça va être long. La dernière fois qu'il y a eu un lock-out, en 1999, ils ont repris en janvier. Je me prépare à tout. Envisagez-vous vraiment de venir jouer en France ? J'en ai déjà parlé avec mon agent en France, je lui ai demandé de commencer à me chercher un appartement. Je suis sérieux, c'est vrai. Je n'irai pas jouer à Bordeaux avec Boris Diaw (rires, NDLR) ni en Espagne ou en Russie. Si je joue, ce sera en France, à l'Asvel. Autant en profiter, mes amis pourront me voir jouer, ça pourrait être sympa. Mais si vous avez le lock-out, vous ne serez pas assurés... C'est un gros problème. C'est un problème aussi avec l'équipe de France, parce qu'on a beaucoup de joueurs qui jouent en NBA. D'ailleurs, on fera bientôt des réunions avec les gens de la Fédé et le président (Jean-Pierre Siutat, NDLR), car la NBA a annoncé qu'elle ne paiera pas sa part. Il faut peut-être voir avec Boris et Joakim (Noah, NDLR), on peut se mettre ensemble pour essayer de trouver un accord. On verra bien. C'est une grosse somme, que je ne paierai pas (rires, NDLR) ! Non, ça dépend combien... "L'émergence de Noah est bonne pour le basket français" Vous parliez de dernière chance avec les Spurs, on a l'impression que c'est aussi le cas en sélection... Je ne parlerai pas de dernière chance avec l'équipe de France, j'espère juste que la roue tournera. Ça fait plusieurs années qu'on a une grosse équipe, mais qu'on n'arrive pas à avoir de gros résultats. J'espère que ça changera avec la venue de Joakim Noah. Avec lui, on aura cette présence à l'intérieur qui peut faire la différence. En Europe, toutes les équipes qui ont gagné sont très fortes à l'intérieur. L'Espagne par exemple, ils ont les deux frères Gasol, ils auront même peut-être Serge Ibaka (Oklahoma Thunder, NDLR)... A titre personnel, comment voyez-vous l'émergence de Joakim Noah ? C'est une très bonne chose, c'est très bien pour le basket français. J'espère qu'il viendra vraiment nous aider en équipe de France. A Chicago, il progresse chaque année, il est vraiment devenu une pièce indispensable. C'est vrai que Derrick Rose est LA star de l'équipe, mais Joakim est l'autre star, parce que c'est lui qui amène l'énergie, qui peut changer un match avec sa défense et ses rebonds. Ça fait plaisir de le voir jouer comme ça et j'espère qu'il pourra faire la même chose avec nous. De toute façon, je ne serai pas étonné qu'il soit All-Star l'année prochaine ou dans les années à venir. Vous ne pourrez plus dire que c'est uniquement de ma faute si on perd (rires, NDLR). Revenez-vous avec une grosse motivation en équipe de France ? Je suis très motivé. Surtout que j'ai perdu fin avril, donc je n'aurai pas joué depuis trois mois, je serai à 100%, frais mentalement et physiquement, avec beaucoup d'énergie, etc. J'ai hâte de commencer, et j'espère qu'on ne décevra personne. Quel sera l'objectif ? La victoire ? Oui bien sûr, il n'y a pas d'autre objectif. De toute façon, seules les deux premières places sont qualificatives. C'est quand même important de terminer au moins dans les six premiers pour être au tournoi pré-olympique. D'ailleurs, je ne sais pas si on l'aura avec la France, mais je sais qu'on voulait poser notre candidature. Ça augmenterait nos chances d'aller aux JO. "J'aurai plus d'emprise l'an prochain" Concernant Villeurbanne, vous monterez d'un cran sur le plan décisionnaire la saison prochaine... Les deux premières années, j'étais là pour apprendre, regarder, et Pierre Grall et Vincent Collet prenaient toutes les décisions. Bien sûr je donnais mon accord, mais je ne mettais mon veto sur rien du tout. A partir de l'année prochaine, j'aurai beaucoup plus d'emprise, je prendrai beaucoup plus de responsabilités. Et si les joueurs ne sont pas contents, ils pourront venir me voir (rires, NDLR). Qu'est-ce que vous inspire la saison de l'Asvel ? On s'en sort pas trop mal, on avait pris le pari de miser sur pas mal de jeunes, faire moitié jeunesse, moitié expérience. Malheureusement au début de la saison, Vincent Collet est parti assez vite... Aujourd'hui, Nordine (Ghrib, NDLR) fait un très bon boulot, nos jeunes progressent. Les play-offs commencent, on ne sait jamais ce qui peut se passer, tout peut arriver. Mais c'est clair qu'on joue contre une très grosse équipe (Chalon-sur-Saône, NDLR). On annonce Pierre Vincent coach de l'Asvel la saison prochaine, avez-vous été le déclencheur de son arrivée ? Pour l'instant, je ne veux pas trop parler de la saison prochaine, parce qu'on a les play-offs qui commencent, c'est le plus important. On verra une fois la saison terminée ce qu'on fera pour améliorer l'équipe.