Parker: "Faire progresser l'équipe"

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Parker: "Faire progresser l'équipe"
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Présent devant la presse ce jeudi à Paris, Tony Parker est revenu sur sa signature à Villeurbanne le temps du lock-out NBA. A 29 ans, la star tricolore voit cette parenthèse comme une "évidence" dans un club, où il s'est engagé sur le long terme. Sur le parquet, le directeur général des opérations basket de l'Asvel souhaite faire progresser les jeunes avant de reprendre la main en tant que président, d'ici une dizaine d'années.

Présent devant la presse ce jeudi à Paris, Tony Parker est revenu sur sa signature à Villeurbanne le temps du lock-out NBA. A 29 ans, la star tricolore voit cette parenthèse comme une "évidence" dans un club, où il s'est engagé sur le long terme. Sur le parquet, le directeur général des opérations basket de l'Asvel souhaite faire progresser les jeunes avant de reprendre la main en tant que président, d'ici une dizaine d'années. Tony, pourquoi avoir signé à l'Asvel, avec ce contrat minimum ? J'avais envie de jouer en France et pour moi ce n'est pas du tout une question d'argent. Ma plus grande motivation, c'est de jouer pour mes fans et pour ma famille. J'ai envie de rendre à la France tout ce qu'elle m'a donné par rapport à l'Insep et l'éducation que j'ai eu. C'était une évidence de jouer en France. Je ne vais pas rentrer dans les chiffres. Mais oui, je paye mon assurance et je joue pour le smic du basket français (1 500 euros par mois, ndlr). Sinon, je serais parti en Chine ou à Barcelone. Quel sera votre rôle dans l'équipe ? Je vais être un joueur comme tout le monde. Je vais lancer les systèmes, appliquer ce que Pierre Vincent (l'entraîneur de l'Asvel) veut sur le terrain. Après, comme avec Vincent Collet en équipe de France, je vais essayer d'être le meilleur relais possible. N'avez-vous pas peur de perturber l'équipe en prenant la place du meneur titulaire (Phil Goss) ? Quand on a recruté Phil Goss, on savait qu'il pouvait jouer meneur et arrière. Il y avait 2% de chances que je vienne mais on s'est dit qu'il était préférable de choisir quelqu'un qui puisse jouer au poste 2, au cas où. C'est plus un "scoreur". Il peut jouer avec moi et aussi Leo Westermann, sur qui nous comptons beaucoup. Le jeu de l'Asvel ne risque-t-il pas de devenir dépendant de votre rendement ? C'est important que je reste dans l'objectif de faire progresser l'équipe. Il va falloir trouver un équilibre, trouver un juste milieu comme avec les Bleus. En équipe de France ça a pris du temps mais ça a porté ses fruits. Avec l'Asvel aussi, il y aura un temps d'adaptation. "Le basket peut avoir sa propre identité" Attendez-vous plus particulièrement certains adversaires de Pro A ? J'ai déjà pris rendez-vous avec Nico (Batum), le 5 novembre. On s'est envoyé des textos. Il est un peu fou le jeune... (Rires) Il a oublié qu'il venait chez nous, à l'Asvel ! Mais il y a juste cette rencontre, car on en parlait beaucoup en équipe de France. A part ce match, je suis davantage concentré sur mon équipe, sur la progression de nos jeunes joueurs, plutôt que sur les équipes adverses. Comment vous sentez-vous physiquement ? Je me sens bien. Je suis parti en vacances pendant 10 jours. Physiquement et mentalement, il fallait que je coupe, c'est pour ça que je n'ai pas joué le tour préliminaire de l'Euroligue. Je me suis entraîné à San Antonio avec les Spurs et je me suis reposé. A partir de maintenant, je jouerai tous les matches. Si je suis en bonne santé, je joue. Regrettez-vous la non-qualification de l'Asvel en Euroligue ? Oui et non. Notre équipe est jeune et ça aurait été dur d'enchaîner championnat et Euroligue. C'est peut-être un peu trop tôt. Après si on était passé, tant mieux, ça n'aurait été que du bonus, de l'expérience. Par rapport à la valeur de notre équipe, l'Eurocoupe, c'est déjà bien. "Je veux devenir président de l'Asvel, dans 10 ans" Des projets pour aider le basket français sont-ils à l'étude avec la Ligue ? Pour l'instant non, je me concentre avec l'Asvel, c'est déjà beaucoup. Ce que font Nico à Nancy et Boris (Diaw) à Bordeaux, je trouve ça génial. Après si on peut aider la ligue et faire grandir la Pro A pendant que nous sommes là, pourquoi pas ! Etes-vous conscient que l'image du basket français est en train de changer grâce à vous ? Je trouve ça génial, il faut surfer sur cette vague. Il y a eu beaucoup d'engouement après notre médaille d'argent à l'Euro. Mais je pense que ce n'est pas que l'ASVEL, il faut que tout le monde s'y mette: tous les présidents de clubs, le président de la ligue, le président de la fédération... Il faut tous qu'ils travaillent de leurs côtés pour profiter que je sois à l'Asvel, que Boris soit à Bordeaux et Nico à Nancy. J'espère que tout le monde va travailler dur pour, justement, remettre le basket un peu comme dans les années 90, lorsque ça passait sur France Télévisions. Après, c'est clair que ça ne va pas changer du jour au lendemain, il faut beaucoup de boulot. Le foot restera toujours le sport numéro un, le rugby aura toujours sa place mais le basket peut avoir sa propre identité. Votre engagement avec l'ASVEL, est-ce du business ? Bien-sûr. Mon investissement, depuis 2009, c'est pour aider l'ASVEL et en faire l'un des plus grands clubs en Europe. Oui je vais jouer, mais en dehors du terrain, je serai dans toutes les réunions avec Gilles (Moretton, président du club), pour faire avancer la nouvelle salle, un projet très important à mes yeux, le club et mon académie. Vous-préparez votre fin de carrière en fait... J'ai toujours dit qu'après ma carrière j'aimerai bien diriger un club, devenir président. Avec Gilles, j'ai le parfait président pour apprendre et le devenir à mon tour, dans 10 ans, quand je prendrai ma retraite. Petit à petit, Gilles me donne plus de pouvoir. Aujourd'hui, je suis directeur général des opérations basket, donc je m'occupe de la partie sportive. Et en même temps, avec lui, j'apprends tout ce qui est marketing, comment parler à des sponsors, comment faire avancer des projets...