Paris veut passer à l'action

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Paris veut passer à l'action
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Deux semaines après le sauvetage in extremis du club parmi l'élite, le Stade Français, désormais tourné vers le terrain, entend ne reparler que de rugby. Accompagné d'un nouveau staff, Michael Cheika, le manager du club de la capitale, entreprend la deuxième étape de son opération reconstruction avec un effectif largement chamboulé. Sans objectif précis si ce n'est gagner le plus de matches possibles.

Deux semaines après le sauvetage in extremis du club parmi l'élite, le Stade Français, désormais tourné vers le terrain, entend ne reparler que de rugby. Accompagné d'un nouveau staff, Michael Cheika, le manager du club de la capitale, entreprend la deuxième étape de son opération reconstruction avec un effectif largement chamboulé. Sans objectif précis si ce n'est gagner le plus de matches possibles. "Je n'oublie pas Max, il a beaucoup fait pour cette équipe, ce club. Mais il y a une nouvelle équipe dirigeante qui s'installe. Et c'est à nous, joueurs, membres du staff, de créer quelque chose de nouveau, d'écrire notre propre histoire. On va essayer de se donner les moyens de redevenir une grande équipe." Pour David Attoub et le Stade Français, le moment est venu de tourner la page. Avec un pincement au coeur quand il s'agit d'évoquer Max Guazzini, le désormais ancien président emblématique du Stade Français. Avec soulagement au moment de revenir sur le sauvetage du club, une page douloureuse de son histoire. S'il avoue "avoir tremblé avec ses dirigeants" lors de ces heures difficiles, Laurent Sempéré se dit avant tout "fier du comportement des joueurs" qui "sont restés soudés" lors de cette épreuve. Deux semaines après la prise de pouvoir de Thomas Savare, épaulé par Richard Pool-Jones, le Stade Français veut rebondir. Et concentrer ses efforts sur le terrain. Symbole à son insu de cette période trouble, Mathieu Bastareaud n'est plus là, enfin autorisé en fin de semaine dernière à rejoindre Toulon. Lundi, à l'heure de sa conférence de presse de rentrée, le Stade Français semblait enfin en ordre de marche même en l'absence de Mario Ledesma concentré sur son dernier challenge de rugbyman avec la sélection argentine. "On a beaucoup parlé de nous ces derniers temps, maintenant il est temps de passer à l'action", résume Michael Cheika. Et à un mois et demi de la reprise du Top 14 (le 27 août à domicile contre le promu Bordeaux-Bègles), les défis ne manquent pas au sein de cette équipe renouvelée presque pour moitié avec l'arrivée de 21 nouveaux joueurs, dont le dernier est aujourd'hui le deuxième-ligne sud-africain des Sharks, Gerhard Mostert (26 ans ; 1,99m, 120kg), avant la possible arrivée d'un centre pour pallier le départ de Bastareaud. Un groupe à fédérer "L'important est de réussir à créer un groupe", explique Cheika qui désirait élargir son groupe trop limité en nombre la saison dernière pour rivaliser à la fois en Top 14 et en Challenge européen. "Il y a beaucoup de nationalités, beaucoup de langues... Mais les étrangers font l'effort de parler français. Et les joueurs ont pris l'initiative de se voir en dehors des entraînements. Ce n'était pas le cas la saison dernière... Des choses comme ça, on ne peut pas les forcer. Ça doit être une ambiance naturelle." Et à écouter son talonneur, la mayonnaise a pris plutôt facilement : "Ce sont des joueurs qui ont tous un énorme talent mais ce sont aussi tous de bons mecs. On a déjà pu vivre quelques bons moments ensemble et c'est de bon augure pour le reste de la saison." Une saison qui se veut celle du décollage après un premier exercice conclu à une triste onzième place en championnat tout juste relevée par une finale de Challenge européen perdue de peu contre les Harlequins. "Je savais, quand je suis arrivé, que l'équipe n'était pas en pleine forme. Max m'avait appelé pour changer ça. Mais on savait que ce ne serait pas facile, que ces changements devraient être acceptés par tous, notamment les anciens", rappelle Cheika. "On ne va pas changer ce que l'on a fait l'an dernier. C'était une première étape. On n'a pas terminé là où on voulait en Top 14 mais on a pris beaucoup de décisions difficiles, on a entrepris beaucoup de changements que l'on avait besoin de faire. C'est le deuxième pas de notre histoire ensemble." Une histoire sans Guazzini. Mais avec le souvenir d'être passé tout près de la catastrophe comme ne veut pas oublier Sempéré : "J'espère qu'on va garder ces moments-là le plus longtemps possible en tête. Comme dans la vie privée quand un proche est en difficulté, on a tous ressenti une force supplémentaire. On ne sentait plus tout seul, on était tous dans le même bateau. Si on garde cet état d'esprit, on pourra réussir de grandes choses."