Paris, des mots sur les maux

  • A
  • A
Paris, des mots sur les maux
Partagez sur :

Au coeur d'une nouvelle saison sur un fil, le Stade Français (10e) joue sa survie ce samedi, à Charléty, face à une Usap (9e) guère plus fringante. A l'heure de ce nouveau tournant, Rabadan, l'un des derniers "historiques", Bastareaud, annoncé sur le départ pour Toulon, Phillips, meilleur marqueur du club, et Cheika, l'entraîneur, livrent leur regard sur la situation du club parisien. Quatre instantanés de Paris et de ses turpitudes. Pas franchement rassurant.

Au coeur d'une nouvelle saison sur un fil, le Stade Français (10e) joue sa survie ce samedi, à Charléty, face à une Usap (9e) guère plus fringante. A l'heure de ce nouveau tournant, Rabadan, l'un des derniers "historiques", Bastareaud, annoncé sur le départ pour Toulon, Phillips, meilleur marqueur du club, et Cheika, l'entraîneur, livrent leur regard sur la situation du club parisien. Quatre instantanés de Paris et de ses turpitudes. Pas franchement rassurant. Pierre RABADAN (3e ligne, au club depuis 1998) : "Depuis deux saisons, c'est difficile... " A Paris, Rabadan fait figure aujourd'hui de Dernier des Mohicans. Avec le départ de Marconnet en juin dernier, le troisième ligne reste aujourd'hui le dernier « historique » au sein du vestiaire parisien et dernier garant, sans doute trop isolé, d'un certain état d'esprit, d'une certaine culture... "Notre situation fait que l'on n'a plus du tout droit à l'erreur. On a grillé de nombreux jokers, et maintenant, il faut rattraper les points. Il ne reste quasiment plus aucun match où l'on puisse passer à côté. Après notre piètre performance à Brive, il va falloir se remettre d'aplomb et faire un très bon match face à Perpignan qui, on le sait, se déplace très bien de manière générale depuis le début de saison" Au-delà de la problématique de ce match, Rabadan n'élude pas la dégradation de la situation: "Depuis deux saisons, c'est difficile. Mais on fait front et l'on va se battre jusqu'au bout pour aller chercher cette qualification." Même si le sort s'en mêle, à l'image de la blessure cette semaine, à l'entraînement, d'un deuxième talonneur, Laurent Sempéré: "Sans parler de "poisse", c'est vrai que l'on a des blessés assez importants (Szarzewski, Arias, ndlr). En plus, la période du Tournoi est toujours difficile, il manque pas mal de joueurs. C'est le lot de tous les clubs, mais nous, on a l'impression que le sort s'acharne un peu du côté des blessures. Malgré tout, on ne peut pas faire d'aussi mauvaises prestations que ce que l'on a fait à Brive! On se doit de faire beaucoup mieux pour que le club soit en passe de se qualifier [...] Les Catalans ont, eux aussi, besoin de points pour se qualifier. Ce match va donc « compter double ». Une troisième défaite à domicile serait synonyme de non qualification. De toute façon, si l'on perd trois fois à domicile dans la saison, vue l'homogénéité du championnat, il est extrêmement dur d'aller chercher une qualification." Mathieu BASTAREAUD (centre, au club depuis 2007) : "On n'a pas forcément confiance en nous..." Si Paris a touché le fond lors de sa dernière sortie à Brive, les paroles très violentes de Bastareaud (voir Bastareaud: "C'est honteux") à l'issue de ce revers ont marqué les esprits, pour ne pas dire qu'elles ont choqué, à l'image d'un autre ancien du Stade, Rémy Martin qui, cette semaine, nous déclarait: "Quand j'entends ce que peut dire Bastareaud à la fin du match contre Brive, c'est vrai que j'ai vraiment peur pour eux..." Après une telle sortie, Bastareaud, attendu au tournant, est prêt à assumer: "C'est vrai que c'est un peu un "match couperet" chaque week-end. Il ne va pas falloir se louper à la maison. On sait qu'en face, Perpignan est en mauvaise position, donc il va falloir être très sérieux. [...] Nous avons eu la chance de ne pas avoir eu beaucoup de pertes pendant le Tournoi, on a donc pu bien bosser ces dernières semaines. Il faut s'appliquer à montrer un autre visage que celui que l'on a pu montrer à Brive [...] Cette saison, c'est un peu dommage car on joue un match sur deux. On fait un bon match, après : on s'écroule! Tout simplement parce que l'on doute. On n'a pas forcément confiance en nous. Pourtant, nous avons de très bons joueurs dans l'équipe." Ollie PHILLIPS (ailier, au club depuis 2009) : "Quand on est dos au mur qu'il faut être une vraie équipe..." Des grands joueurs, peut-être, encore faut-il qu'ils le prouvent. Meilleur marqueur du club avec 8 essais à son actif, Ollie Phillips est l'un des rares Parisiens à assumer son statut. "C'est juste un match, mais un match qui a beaucoup d'importance pour nous", clame-t-il, tout en cherchant à dédramatiser l'évènement. "Contre Brive, nous leur avons donné 15 pénalités. Dans le jeu, on est bien, mais c'est juste un problème de discipline !" Et d'adresser un message à son jeune compère de la ligne de trois-quarts, Bastareaud: "Après ce match à Brive, on s'est dit des choses. On était déçus, certains étaient énervés, mais justement, c'est quand on est dos au mur qu'il faut être une vraie équipe, être solidaires. [...] On sait que ce match face à Perpignan sera vraiment serré, mais nous avons confiance en nous", cherche-t-il à positiver. Michael CHEIKA (entraîneur-manager, première saison au club) : "Jouer à la maison n'apporte aucune garantie" Suspendu trente jours, Michael Cheika a assisté des tribunes au désastre de son équipe à Brive. C'était le pire match de notre saison, n'hésite pas à décréter le technicien. "Il fallait réagir, apporter de la qualité à notre jeu. [...] Désormais, c'est assez clair : pour penser aux six premières places, il faut minimum gagner tous nos matches à la maison, plus une- voire deux- rencontre(s) à l'extérieur. Il faut prendre chaque match à la fois. Etre patient. Ne pas regarder la ligne d'arrivée, mais regarder le début, c'est-à-dire le match de ce week-end face à l'USAP. Ce sera un match très difficile, car nous sommes proches au classement. Le match aller avait été très serré à Perpignan (victoire de l'USAP sur le fil, 22-21, ndlr), et ce le sera aussi ici à mon avis." Cheika, trop expérimenté pour ne pas prendre conscience de la précarité de la situation de son équipe, lâche encore : "La défaite est toujours une possibilité. Il faut que l'on soit dans la meilleure forme possible." Et d'ajouter, franchement inquiétant : "Jouer à la maison n'apporte aucune garantie. On a déjà vu que, sans le juste état d'esprit, ça ne passait pas. Je crois que les joueurs ont bien compris ça. Ils se préparent à être forts mentalement pour la réception d'une équipe qui, jusqu'à maintenant, a bien joué à l'extérieur, a proposé beaucoup de jeu. Il faut que l'on soit très agressifs et très concentrés pour passer le test qui se présente à nous." Deux qualités qui ont trop souvent fait défaut aux Parisiens cette saison...