Palisson: "Tous responsables"

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Palisson: "Tous responsables"
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Encore défait jeudi à domicile avec son cher CA Brive Corrèze, plus que jamais à la lutte pour le maintien dans le Top 14, Alexis Palisson, qui retrouve ce vendredi matin Marcoussis et le groupe France pour le Tournoi, demeure une valeur sûre dans l'esprit de Marc Lièvremont. A 23 ans, le trois-quarts se sait investi de grandes responsabilités et entend les assumer pleinement en sélection, à l'approche du Tournoi et de la Coupe du monde, comme en club. Et ce quel que soit son avenir...

Encore défait jeudi à domicile avec son cher CA Brive Corrèze, plus que jamais à la lutte pour le maintien dans le Top 14, Alexis Palisson, qui retrouve ce vendredi matin Marcoussis et le groupe France pour le Tournoi, demeure une valeur sûre dans l'esprit de Marc Lièvremont. A 23 ans, le trois-quarts se sait investi de grandes responsabilités et entend les assumer pleinement en sélection, à l'approche du Tournoi et de la Coupe du monde, comme en club. Et ce quel que soit son avenir... Alexis, du Grand Chelem 2010 à l'approche de ce Tournoi 2011, prélude à la prochaine Coupe du monde, vous êtes confirmé parmi les Bleus. Une grande satisfaction ? Je suis très heureux. C'est encore une belle marque de confiance de la part du staff que j'espère ne pas décevoir. Même si je ne peux m'empêcher d'être déçu pour Fabrice Estebanez (son coéquipier à Brive, retenu pour la première fois lors des tests de novembre, ndlr), qui est mon ami, et j'aurais aimé partager cette sélection dans le groupe des trente avec lui. Après l'énorme claque reçue face à l'Australie, comment aborder ce Tournoi ? Comme l'occasion de se reprendre immédiatement ou plutôt comme une étape avant la Coupe du monde ? Je ne suis pas sûr qu'on puisse parler du Tournoi, un challenge à ce point mythique sur le plan européen, comme d'une préparation, c'est une échéance qui se joue à fond. On a quand même un titre à remettre en jeu, il ne faudrait pas non plus l'oublier, ce n'est pas rien. Maintenant, il est certain que tous les matches qui restent à jouer avant la Coupe du monde seront autant de "match-tests", mais il y a quand même devant nous une grosse compétition qu'on ne peut se permettre de galvauder. "Derrière, c'est un peu difficile, il ne faut pas se le cacher..." Durant ce dernier automne, on a beaucoup pointé du doigt le jeu des trois-quarts français. Comment avez-vous vécu ces critiques en tant qu'acteur concerné au premier chef ? C'est un peu difficile, il ne faut pas se le cacher. Le championnat français a ceci de particulier qu'il compte beaucoup de dates et pas énormément de temps pour se retrouver en sélection. Mais derrière, on fonctionne beaucoup sur des automatismes, du feeling, des sensations et en travaillant régulièrement ensemble. Cela fait qu'on a sans doute du mal à se trouver sur le terrain. Maintenant, on reste des joueurs professionnels et on est tous responsables autant qu'on est. Même si un peu plus de temps de travail ne serait pas de trop pour pouvoir bosser et améliorer ces résultats. Est-ce que vous avez pu craindre que la saison délicate vécue avec Brive ne vous soit préjudiciable et rejaillisse sur votre carrière internationale ? Franchement, je ne pense pas du tout à ça quand le club est dans une mauvaise passe. J'ai surtout mal pour le club, les joueurs, les supporters, les dirigeants, pour tout le monde ; ça fait sept ans que j'évolue à Brive, où je suis arrivé en cadets. Alors, forcément, quand le club va mal, quand ce sont tes couleurs, c'est difficile à vivre. Pour ce qui est de mes performances personnelles, elles doivent de toute façon être meilleures pour porter l'équipe vers le haut et obtenir de meilleurs résultats. En tout cas, je ne pense pas que ce soit un poids. Même si vous n'aimez pas qu'on parle de votre statut d'international, est-ce que cette expérience impose à Brive, sinon une pression, au moins une attente particulière à votre égard ? Une attente, oui, certainement, notamment vis-à-vis de mes partenaires. Je reste le "petit jeune", mais on attend, sinon beaucoup, au moins que je ne commette pas d'erreurs sur le terrain. Le regard des autres joueurs, de ce point de vue, a changé. Maintenant, mon jeu a quand même évolué, même si je reste sur cette dimension de plaisir, toujours indispensable à mes yeux. A la différence d'autres ailiers-finisseurs, notamment parmi vos concurrents en équipe de France, vous ne marquez pas beaucoup en championnat. C'est une préoccupation ? C'est certain que comparé à d'autres ailiers ou arrières finisseurs, je ne marque pas autant. Je ne le vis pas comme un reproche et encore moins de manière blasée, mais peut-être y a-t-il des saisons aussi plus fastes que les autres. Depuis que je suis professionnel, je ne figure pas parmi les meilleurs marqueurs du championnat, c'est une réalité, voilà tout. "Il me sera difficile de rester à Brive..." Même si cette Coupe du monde est dans tous les esprits, le maintien de Brive dans l'élite vous préoccupe sans doute tout autant, on se trompe ? Avec l'espoir de se sortir de ce challenge à trois pour le maintien (le CABC est à la lutte avec Agen et La Rochelle, ndlr) la tête haute, et le plus tôt possible, pour finir dans le ventre mou. Ce sont des moments tellement compliqués, lorsqu'on est relégables ou sous la menace, à vivre en tant que joueur. Ça peut paraître anachronique de le répéter aujourd'hui dans notre situation, mais c'est d'autant plus dur quand on a un groupe comme le nôtre qui vit aussi bien sur le terrain comme en dehors. Ça aurait pu être une belle aventure, et on se retrouve à jouer le maintien avec beaucoup plus de pression et les sourires tous les matins sont nettement plus crispés. Ça fait plusieurs années qu'on le vit, et sans s'y habituer, il y a une petite aigreur à aller au stade, à aller s'entraîner, qui naît malgré nous. Quand on a la chance de vivre de sa passion et qu'on vit des moments comme ça, on a parfois du mal à se regarder et à accepter la critique, ce n'est pas facile. Ce désir d'être irréprochable est sans doute encore plus fort quand se pose à votre âge, et lorsqu'on est en fin de contrat, la question de son avenir ? Oui, bien sûr, même si je n'ai pas encore pris de décision, il me sera difficile de rester à Brive de par mes ambitions et mes envies sportives, celle de découvrir un nouvel ailleurs. Cela restera malgré tout mon club de coeur et j'aimerais pouvoir revenir un jour dans ce stade, sur cette pelouse, prendre du plaisir comme c'est le cas aujourd'hui. Là aussi, c'est compliqué, sachant que j'ai ma famille pas loin, mes amis ici, ma vie est ici, j'ai acheté une maison à Brive. Ce sera quoi qu'il arrive une décision difficile à prendre.