Paillaugue: "J'aime ce rôle"

  • A
  • A
Paillaugue: "J'aime ce rôle"
Partagez sur :

Benoît Paillaugue a les yeux rivés sur la réception de Toulouse, vendredi, lors de la 13e journée de Top 14. Le demi de mêlée de Montpellier tient à oublier sa tentative de pénalité ratée à la dernière minute en H Cup contre Glasgow (13-13). Néanmoins, il affirme être très attaché au rôle solitaire et spécifique du buteur qu'il dépeint avec un brin d'humour.

Benoît Paillaugue a les yeux rivés sur la réception de Toulouse, vendredi, lors de la 13e journée de Top 14. Le demi de mêlée de Montpellier tient à oublier sa tentative de pénalité ratée à la dernière minute en H Cup contre Glasgow (13-13). Néanmoins, il affirme être très attaché au rôle solitaire et spécifique du buteur qu'il dépeint avec un brin d'humour. Benoît, avez-vous digéré la pénalité manquée en toute fin de rencontre contre Glasgow (13-13) ? Il faut vite passer à autre chose. J'étais vraiment déçu pour l'équipe car elle avait bataillé et je pouvais la récompenser en lui donnant la victoire à la dernière seconde. Ça arrive à tout le monde et malheureusement, c'est tombé sur moi et à la sirène en plus. Maintenant, il faut grandir et en tirer les enseignements. L'importance de ce coup de pied et son influence sur le résultat final vous a-t-il perturbé ? Non, ça peut arriver à n'importe qui et sur n'importe quelle pénalité. Voilà, je l'ai mal tapée car j'ai mal traversé le ballon et je m'en veux beaucoup. J'essayerai de faire gagner l'équipe sur des situations similaires plus tard. Des pénalités, j'en raterai encore. Mes coéquipiers m'ont vraiment aidé en me parlant à la fin du match, en me disant que ce n'était pas grave. Ça fait toujours plaisir de se sentir soutenu même si j'ai un tempérament assez fort. J'espère avoir un mental qui me permette de surmonter ça et de passer à autre chose dès vendredi. Justement, que représente à vos yeux la réception du Stade Toulousain ce vendredi ? Toulouse est vraiment une très grosse écurie. En Coupe d'Europe, ils sont encore premiers de leur poule même s'ils ont perdu ce week-end contre les Harlequins. On a regardé le match et je pense que le fait de perdre chez eux les a sans doute un peu énervés donc ils vont vouloir faire un bon résultat chez nous. On s'attend à un match compliqué et dur, où on devra répondre présent pour bien figurer en Top 14. La finale de Top 14 perdue la saison dernière contre Toulouse (15-10) est-elle encore dans votre esprit ? On en garde un bon et un mauvais souvenir. Un bon car ça nous rappelle le parcours fantastique qu'on a eu jusqu'au Stade de France mais un mauvais car on échoue de très peu et en plus contre Toulouse. Avec davantage d'expérience que nous, ils ont mieux su gérer leurs temps faibles. On avait fait trop de fautes et perdu trop de ballons pour pouvoir gagner. Êtes-vous en confiance malgré l'absence de victoire en Coupe d'Europe ? On s'est toujours battu en H Cup pour un résultat donc le bilan n'est pas trop négatif. On n'a jamais été à la rue au score alors que certains clubs "ramassent" à l'extérieur. On a découvert l'exigence de cette compétition, on y a pris goût et on espère y retourner. Maintenant que les chances de qualification sont quasiment nulles, on a envie de se battre pour enfin saisir ce premier succès en H Cup pour l'histoire du club, pour les supporters et pour nous-mêmes aussi. "Quand Toulouse est dans un bon jour, il n'y a pas beaucoup de munitions pour les autres" En revanche, comment expliquez-vous votre bonne série de trois victoires en Top 14 ? On est sur une note positive mais il faut confirmer vendredi. Ce match est un tournant pour ne pas retomber dans le ventre mou. Pour l'instant, notre animation offensive est beaucoup mieux huilée et on trouve plus de solutions. On a eu un début de saison un peu plus compliqué qu'eux. Les Toulousains sont encore premiers car ils ont bien su gérer l'épisode Coupe du monde. Nous, on bataille pour revenir vers le haut du classement donc c'est vraiment un match très important dans notre saison. On a besoin de points. Pensez-vous avoir les armes pour terrasser le Stade Toulousain vendredi ? Quand Toulouse est dans un bon jour, il n'y a pas beaucoup de munitions pour les autres. Sur le plan collectif et individuel, ils sont meilleurs que nous. On espère qu'ils seront dans un jour sans pour pouvoir rivaliser. Il faut qu'on réagisse en équipe, que tout le monde soit concentré sur le même objectif, celui de la victoire. L'année dernière, vous aviez battu Toulouse (22-21) grâce à un coup de pied raté par Bézy à la sirène... (Il coupe) Oui, au même endroit que moi (rires) ! Comme quoi, il n'y a pas de pénalité facile au rugby. On avait été repris sur la fin par un essai de Bézy qui, heureusement pour nous, avait manqué la transformation de la gagne. Cela avait été compliqué mais un bon souvenir au final car on avait arraché la victoire. Est-ce qu'entre buteurs adverses, vous vous taquinez sur vos échecs ? Je ne le fais pas parce que je pense que ça m'énerverait un petit peu que quelqu'un vienne me chambrer à la fin du match (rires). On va dire qu'être buteur, c'est pratiquer un sport individuel dans un sport collectif. On n'échange pas trop entre buteurs sauf si l'autre a vraiment été bon. Quand il a tout enquillé, tu peux lui laisser un petit "tu aurais pu les mettre à côté", mais pas de plaisanteries quand c'est négatif ! "Je pense que la mêlée me va mieux" Avez-vous l'ambition d'être le buteur numéro un de Montpellier ? J'aime avoir cette responsabilité sur les épaules. Je m'entraîne à buter depuis que je suis petit, c'est quelque chose que j'apprécie. Je travaille pour ça tout comme Martin (Bustos Moyano). C'est lui qui était buteur numéro un l'année dernière donc il a un avantage sur moi. Quand on sera associés, on prendra le temps de discuter. Actuellement, c'est rarement le cas car Fabien (Galthié) préfère ne pas prendre de risque et ne pas faire jouer deux buteurs en même temps. Êtes-vous exclusivement concentré sur le poste de demi de mêlée ? Oui, l'ouverture, c'est fini pour moi. On demande aux n°10 d'aller défier donc ils sont beaucoup plus visés qu'avant. Vu mon gabarit, on venait souvent me "chercher" et c'est vrai que ça m'usait beaucoup. J'ai été repositionné à la mêlée depuis l'arrivée de Fabien. Il m'a fallu un petit temps d'adaptation mais je pense avoir progressé à son contact. Je suis spécialisé à la mêlée et je pense que j'y resterai toute ma carrière. Si on fait appel à moi à l'ouverture, j'irai dépanner avec plaisir mais ce sont deux postes différents et je pense que la mêlée me va mieux. Quel genre de concurrence entretenez-vous avec l'autre demi de mêlée Julien Tomas ? La concurrence avec Julien est très saine. Il a été blessé donc j'ai eu un peu plus de temps de jeu mais c'est vrai que l'effectif tourne pas mal cette année. On s'aide toujours au quotidien, il n'y a pas de rivalité négative entre nous. Quand l'un joue le week-end, l'autre l'aide au maximum à l'entraînement pendant la semaine et même pendant le match. Êtes-vous totalement remis de votre double fracture à la mâchoire subie en début de saison ? Tout va bien, je n'ai plus de douleur ni d'appréhension. Ce n'est qu'un mauvais souvenir. C'est vrai que cela n'a pas été facile à vivre, je ne pouvais pas parler car j'avais la mâchoire complètement fermée donc c'était un mauvais moment à passer. Les conditions climatiques vous gênent-elles actuellement ? On va dire que le climat est assez doux à Montpellier. Mais comme on s'entraîne à 7h30 du matin, on a quand même besoin de mettre le bonnet et les gants ! On a un peu de mal à s'entraîner car il ne fait pas très chaud à cette heure-là. Fabien Galthié est-il satisfait de votre huitième rang actuel en Top 14 ? En connaissant bien Fabien, je dirais qu'il veut toujours viser les premières places mais en même temps, je pense qu'il est satisfait des prestations qu'on réalise depuis quelques mois. Cela passe par des séries de victoires sur nos terres car on paie encore un peu nos trois revers à domicile du début de saison. Je crois qu'on est dans un bon tempo actuellement mais il faut que cela continue. Tout le monde est conscient de la tâche qui nous attend contre Toulouse.