Ouedraogo: "Si je me loupe..."

  • A
  • A
Ouedraogo: "Si je me loupe..."
Partagez sur :

Au coeur de la polémique pour avoir étalé publiquement ses états d'âme de ne pas avoir été retenu contre l'Argentine chez lui à Montpellier, Fugence Ouedraogo, le "joueur de rupture par excellence", selon Lièvremont, fera son retour samedi contre l'Australie. Avec l'envie de bien faire pour justifier sa sélection et gagner en repères à moins d'un an de la Coupe du monde.

Au coeur de la polémique pour avoir étalé publiquement ses états d'âme de ne pas avoir été retenu contre l'Argentine chez lui à Montpellier, Fugence Ouedraogo, le "joueur de rupture par excellence", selon Lièvremont, fera son retour samedi contre l'Australie. Avec l'envie de bien faire pour justifier sa sélection et gagner en repères à moins d'un an de la Coupe du monde. Fulgence, cette titularisation efface-t-elle la frustration de ne pas avoir été appelé pour le match contre l'Argentine samedi dernier à Montpellier ? Oui, c'est passé (sourires). C'est mis de côté. Maintenant, je me concentre sur le match à venir. Je suis très heureux de revenir pour ce dernier match, en plus contre l'Australie. A moi de sortir un gros match. Vous sentez-vous particulièrement attendu pour cette rencontre ? Oui, je pense qu'il y aura pas mal de regards braqués sur moi. Et donc pas mal de pression vis-à-vis de ce qui s'est passé. Je me mets un peu la pression. Si je me loupe sur ce match-là, certains ne vont pas me louper (rires). Avez-vous eu peur que le sélectionneur revienne sur ce qu'il avait dit et ne vous rappelle pas ? Oui, j'y ai pensé. Ça a tellement pris d'importance... Je ne m'attendais pas du tout à cela et je ne souhaitais pas ça. Donc, ça m'a effleuré. Surtout après avoir vu le match contre l'Argentine... Donc au final, ce rappel, c'était du bonheur et une surprise pour moi. Je vais essayer de prendre ma chance. Allez-vous en tirer une leçon ? Bien sûr. Je vais essayer de faire plus attention à ce que je dis et surtout de mieux le sortir. J'ai peut-être été maladroit. Si mes mots ont blessé des gens ou choqué certains, je m'en excuse, ce n'était pas ma volonté. La seule chose que je voulais faire passer comme message, c'était ma déception de ne pas jouer chez moi. J'étais sous l'émotion. Mes mots ont peut-être dépassé ma pensée. "Etre le lien entre les avants et les trois-quarts" Pour Marc Lièvremont, vous avez les qualités pour défier l'Australie. Qu'est-ce que ça signifie ? Les Australiens ont un jeu qui crée beaucoup de mouvements, qui balaie le terrain. Ils n'hésitent pas à faire du large-large (à balayer le terrain de gauche à droite et de droite à gauche, ndlr), à se faire des passes et bouger le ballon. Donc il faudra beaucoup courir, avoir une ligne de défense bien présente sur la largeur. Le sélectionneur a déclaré que vous étiez "le joueur de rupture par excellence". Quelle en est la définition ? C'est peut-être de couvrir pas mal de terrain, d'être en soutien assez rapidement et faire que les actions s'enchaînent. Essayer d'être le lien entre les avants et les trois-quarts et être l'élément qui fait que l'action rebondira, soit par un déblayage, soit par une passe. L'idée, c'est de mettre de la continuité dans le jeu de l'équipe de France. Un joueur référence ? Richie McCaw. Il est dans ce registre-là. Il colle à toutes les actions. Il est très efficace sur ses courses et ses placements. C'est le meilleur à l'heure actuelle. Votre cible, c'est Quade Cooper ? C'est lui et les autres. Ce sont les Australiens. Un chasseur de 10 ? Peut-être (rires). Je ne suis pas focalisé sur Cooper ou sur un autre. On sait qu'ils ont une belle troisième ligne avec Grewcock et Elsom, et Cooper derrière qui peut faire des choses extraordinaires. Mais ils ont aussi une belle ligne de trois-quarts avec des joueurs qui possèdent de gros appuis, l'arrière aussi qui est très fort. C'est une équipe capable de faire la différence à tout moment. Dans vos souvenirs, avez-vous déjà joué contre des ouvreurs comme Cooper ? A l'époque, c'était Matt Giteau, il était tout aussi déconcertant, avec des appuis courts et très rapides. J'ai déjà joué contre Carter aussi qui n'a peut-être pas les mêmes qualités que Cooper, mais il joue bien aussi (rires). En France, un joueur comme McIntyre (Castres) a un peu le même style. Face à ces joueurs, on sait qu'il faut être vigilant, ne pas le dépasser et rester sur son appui intérieur pour ne pas se faire avoir par un crochet intérieur. On se méfie peut-être un peu plus de ces joueurs... "Un réel test" Quelle impression vous donne cette équipe d'Australie sur ses derniers matches ? C'est une bonne équipe. Peut-être qu'elle se cherche encore, qu'elle n'a pas encore un jeu très léché, mais elle produit du jeu et elle est capable de belles choses, on l'a vu lors du match contre les Blacks. On ne les a jamais gagnés (le XV de France reste sur quatre défaites contre les Wallabies depuis l'arrivée de Lièvremont, ndlr), on sait à quel point on doit se méfier de cette équipe. Ils ont des problèmes en mêlée mais, malgré ça, ils marquent des points. Face aux Anglais, qui ont appuyé sur ces problèmes, le score est peut-être étonnant, mais on sait que ça ne sera pas le même match. On s'attend à un match difficile. Ce dernier match de l'année, contre la dernière équipe du Sud que vous rencontrerez d'ici le Mondial, revêt-il une importance particulière ? On n'a jamais réussi à terminer une tournée avec trois victoires (le XV de France n'a plus signé de sans-faute en novembre depuis 2005 et notamment des victoires contre l'Australie et l'Afrique du Sud, ndlr). Et puis, c'est un dernier match contre une nation de l'hémisphère sud avant la Coupe du monde, donc c'est un réel test. C'est un match qui a beaucoup d'importance pour savoir où nous en sommes dans la préparation (pour le Mondial, ndlr) et ce qui nous reste à travailler.