Ouedraogo: "Réaliser un exploit"

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Ouedraogo: "Réaliser un exploit"
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Finaliste malheureux du Top 14 la saison dernière, Montpellier découvre cette année la H-Cup. Les partenaires de Fulgence Ouedraogo n'auront pas le temps de s'acclimater en douceur puisqu'ils reçoivent d'entrée le Leinster, champion en titre, samedi à 14h30 à la Mosson. Un choc que le capitaine montpelliérain veut prendre "comme une chance" pour "rebondir en championnat" où les Héraultais, actuellement 12e, font pâle figure.

Finaliste malheureux du Top 14 la saison dernière, Montpellier découvre cette année la H-Cup. Les partenaires de Fulgence Ouedraogo n'auront pas le temps de s'acclimater en douceur puisqu'ils reçoivent d'entrée le Leinster, champion en titre, samedi à 14h30 à la Mosson. Un choc que le capitaine montpelliérain veut prendre "comme une chance" pour "rebondir en championnat" où les Héraultais, actuellement 12e, font pâle figure. Fulgence, Montpellier est en difficulté en championnat (12e avec seulement deux victoires), la Coupe d'Europe représente une bouffée d'oxygène ? Oui, c'est notre premier match avec tout notre effectif, notre premier match dans cette compétition. On le prend comme une chance, on ne veut pas galvauder cette épreuve. On va se donner à fond. C'est un moyen pour rebondir en championnat. Nous allons nous confronter à ce qui se fait de mieux en Europe donc ça nous aidera forcément pour le Top 14. Voyez-vous des équipes qui se dégagent avant le début de cette H-Cup ? Oui, tout le monde connait la force de Toulouse dans cette compétition (ndlr : quatre succès en 1996, 2003, 2005 et 2010). Il y a également le Leinster (champion en titre), Leicester n'est pas loin non plus et pourquoi pas une équipe galloise avec la Coupe du monde qu'ils ont fait ? Je pense aux Ospreys qui pourraient créer la surprise. Ce sont des grands d'Europe. Au vu de la saison de Clermont, on peut se dire qu'ils auront aussi un coup à jouer. Comment abordez-vous ce match face au Leinster, champion en titre, mais qui sera privé de son maitre à jouer, Brian O'Driscoll ? C'est un poids en moins car c'est leur capitaine et surtout c'est un très grand joueur. On connait ses qualités de leader mais quand on regarde le reste de l'équipe, il leur reste beaucoup d'atouts. "Créer un engouement autour de ce club" Comment se jauge-t-on face à une 3e ligne aussi impressionnante avec Heaslip et O'Brien ? Le match de samedi va se jouer dans le combat. Dans tous les contacts, tous les duels ils seront là. C'est un challenge excitant que nous allons relever tous ensemble. Chacun aura un grand joueur en vis-à-vis donc il faudra que nous soyons tous au maximum pour se mettre dans la condition de réaliser un exploit. Il ne faudra rien laisser au hasard, être très déterminés et mettre beaucoup de courage et d'envie pendant 80 minutes. Vous êtes nouveaux sur la scène européenne, pensez-vous que le Leinster puisse vous prendre de haut ? Tant mieux ! Nous avons surpris comme cela l'an dernier, personne ne nous attendait. Si cette année le Leinster pouvait nous prendre de haut, venir sans trop de conviction à Montpellier, ce serait une bonne chose pour nous. Vous allez jouer à la Mosson, qu'est-ce que cela change pour vous ? Eh bien on change de stade déjà (rires). C'est quelque chose de bien pour le rugby montpelliérain de changer de stade, pour faire venir plus de monde et créer un engouement autour de ce club. Cela permet de se développer et de s'ouvrir au grand public. Si on compare avec la Ligue des champions, c'est un peu comme si Montpellier recevait le Barça ? Oui entre le Barça et l'agressivité du Real (rires). Ils jouent aussi bien que le Barça et sont aussi costauds que le Real en défense. C'est un énorme coup de projecteur pour la ville et le club. On voulait jouer cette compétition car elle est médiatiquement plus exposée. A nous maintenant de nous donner à fond pour en sortir grandis. Appréhendez-vous quelque chose dans cette compétition ? Que nous ne soyons pas dignes de cette Coupe d'Europe, mais je ne pense pas que ce sera le cas. Je sens tout le groupe très motivé, donc nous jouerons à fond tous les matches. Perdre à domicile est souvent éliminatoire donc il va falloir être solide chez nous, se préparer pendant une semaine dans le but de créer l'exploit. L'équipe est jeune et un peu insouciante mais à chaque gros challenge elle arrive à se sortir de cette mauvaise pression pour se sublimer. J'espère que l'on y arrivera encore une fois. Ça va être une saison plus compliquée que la précédente pour Montpellier avec deux compétitions à gérer ? Je pense qu'au contraire ça peut nous faire passer un cap au niveau du jeu et de nos performances. En se confrontant aux meilleures équipes européennes, nous allons devoir hausser notre niveau de jeu donc ça ne peut être que bénéfique pour les matches de Top 14. On a vu que la saison passée, Castres et le Racing ont participé à la Coupe d'Europe et ont quand même atteint les phases finales du championnat. Je pense que jouer cette H-Cup a servi à cette équipe castraise et leur a fait passer un cap supplémentaire. "Finir 2e, ce n'est pas ce dont on rêve..." L'effectif est-il taillé pour ? Oui, par rapport à la saison dernière, notre effectif est plus homogène. Nous avons des joueurs de talent, d'expérience et l'effectif est plus riche que la saison passée. Vous revenez du Mondial, dans quel état d'esprit vous trouvez-vous avant de reprendre cette nouvelle saison avec le MHRC ? Lors de cette saison 2010-2011 j'ai grandi. J'ai beaucoup appris l'an dernier en jouant les premières places dans le Top 14, en disputant la finale du championnat et en faisant partie des 30 joueurs retenus pour la Coupe du monde même si j'ai très peu joué. C'est une aventure humaine qui te fait grandir et te donne de l'expérience. Cette année a été très enrichissante pour moi et me permet d'aborder cette saison d'un autre oeil. Avez-vous des regrets par rapport à cette Coupe du monde ? Bien entendu. Faire des finales (ndlr : 1987 et 1999) et être à chaque fois vice-champion, c'est frustrant, même si l'on se dit que cela reste un beau parcours. Finir 2e, ce n'est pas ce dont on rêve... Sur un plan personnel, comment jugez-vous votre Coupe du monde (2 matches, dont 1 titularisation contre le Canada) ? Je ne pense pas que je puisse avoir de regrets au vu des performances qu'ont réalisé les troisième-ligne de l'équipe de France. Ils ont survolé cette compétition, que ce soit Thierry (Dusautoir) ou Julien (Bonnaire), ils ont vraiment été à un niveau exceptionnel pendant la compétition et ils méritaient largement leur place. Moi, j'ai juste à apprendre d'eux, à travailler dans mon coin et essayer de revenir plus fort les années suivantes.